Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les bus électriques du Massachusetts, un modèle pour le Québec?

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Six autobus entièrement électriques roulent sur les rues de la ville de Worcester, au Massachusetss.

Six autobus entièrement électriques roulent sur les rues de la ville de Worcester, au Massachusetss.

Photo : Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Six autobus entièrement électriques roulent dans les rues de la petite ville de Worcester, au Massachusetts. Les navettes sont confortables, silencieuses et moins énergivores que les autobus diesel. Les villes québécoises pourraient-elles s'en inspirer?

Un texte de Jean-Sébastien CloutierTwitterCourriel

Il pleut vendredi matin au-dessus du terminus Union Station, à Worcester. À peine quelques dizaines d'usagers attendent au milieu du va-et-vient des autobus. Dans cette ville de 200 000 personnes, une cinquantaine d'autobus desservent le territoire.

Parmi eux, six sont particulièrement reconnaissables, avec leur allure neuve et leur toit arrondi. Ce sont des autobus entièrement électriques achetés par l'agence de transport locale au fabricant Proterra, au cours des deux dernières années.

Ces autobus totalisent déjà 240 000 km de route à Worcester et ont connu deux hivers froids et neigeux. Bref, ils sont un bon sujet d'étude pour les villes québécoises qui rêvent d'un transport en commun électrique.

Voilà pourquoi le 27 mars dernier, huit Québécois spécialisés en transport sont en visite. À l'initiative de l'organisme Transport 2000 Québec, ils ont fait le voyage pour apprendre de l'expérience de Worcester.

D'entrée de jeu, la direction de la Worcester Regional Transit Authority (WRTA) exprime sa satisfaction. Par son projet, elle protège l'environnement, mais bien plus encore.

Maintenant, on a six autobus électriques et à l'avenir, on aimerait en acheter beaucoup plus. Ils sont très économiques, très confortables et très silencieux.

Sarah Faustin, porte-parole de la WRTA

Les usagers de Worcester rencontrés à Union Station semblent d'accord quant au confort et au silence du bus électrique. Il fait moitié moins de bruit qu'un autobus diesel, selon le fabricant.

Pour voir le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Un coût élevé, mais amorti

Quant à la question économique, on comprend que c'est à force d'utilisation que l'autobus électrique coûtera moins cher. La WRTA a acheté chaque autobus 900 000 $US, alors qu'un autobus diesel standard coûte environ 415 000 $US. Sauf que cette différence de prix sera peu à peu amortie par les économies d'énergie.

Selon les chiffres de l'Agence, de septembre 2013 à janvier 2015, les autobus au diesel ont coûté en moyenne 68 ¢ par mile (1,6 km) parcouru, comparativement à 58 ¢ par mile (1,6 km) parcouru par l'autobus électrique. Comme l'électricité coûte au moins deux fois plus cher au Massachusetts, les économies seraient probablement plus grandes au Québec.

  • Électrique : 900 000 $US, pour 58 ¢ par 1,6 km
  • Diesel : 415 000 $US, pour 68 ¢ par 1,6 km
Un autobus recharge ses batteries à la station Union Station, à Worcester. Photo : Government of Massachusetts

À Union Station, les Québécois en visite sortent leur appareil photo : c'est ici que se trouve pour l'instant le seul chargeur rapide de la ville. Ce chargeur, placé en hauteur, s'abaisse pour alimenter en électricité, depuis le toit, chaque autobus électrique qui se stationne dessous.

Par exemple,  on a le bus de la ligne 4 [qui part d'ici] qui fait huit trajets par jour. Alors entre chaque trajet, le bus se charge 5 à 10 minutes.

Sarah Faustin, porte-parole de la WRTA

L'autonomie varie selon les conditions de la route, mais en moyenne, une batterie rechargée à 100 % permet à l'autobus de rouler jusqu'à une cinquantaine de kilomètres.

Les parcours choisis sont donc assez courts pour que l'aller-retour soit fait aisément. Ils sont aussi assez plats, car les montées consommeraient trop d'énergie. Quant au chargeur d'Union Station, il se trouve au départ des parcours et près d'une source électrique importante.

« La technologie des batteries s'améliore tous les deux mois. Aujourd'hui, c'est tout à fait logique d'avoir des autobus électriques pour le transport en commun », dit Michael Hennessy, de Proterra.

Première incursion au Canada

Michael Hennessy s'est déplacé pour faire son discours de vente auprès des Québécois. Sa compagnie possède actuellement 53 autobus en service aux États-Unis et le double en commandes. La première incursion des autobus Proterra au Canada est prévue l'hiver prochain lors d'un projet pilote à Windsor, en Ontario.

La visite guidée à Worcester comprend aussi un tour au garage, le temps d'examiner la mécanique de l'autobus électrique. Rencontré sur place, le mécanicien Russ Temple est clair : les autobus électriques vont très bien, peut-être même mieux que les autres en hiver.

Il y a eu quelques problèmes au début. La neige et la glace s'accumulaient sur le toit et empêchaient parfois la recharge. Mais tout a été réglé grâce à une pièce chauffante. En fait, ces autobus sont vraiment une bonne affaire.

Russ Temple, mécanicien

Petit tour d'autobus aussi, bien sûr... Et L'occasion de rencontrer Michael Jones, l'un des premiers chauffeurs à avoir conduit les autobus électriques à Worcester. « L'accélération est meilleure dans un autobus standard, mais le système de freinage du bus électrique est très bon. Il se manoeuvre bien et tout est informatisé », explique-t-il.

Un autobus à la Union Station à Worcester, au Massachusetts. Photo : Radio-Canada/Jean-Sébastien Cloutier

Et au Québec?

À Worcester, l'expérience de l'autobus électrique semble donc réussie. Reste à voir de quelle façon une ville comme Montréal pourrait tenter l'expérience, elle qui compte presque 1400 autobus en circulation à l'heure de pointe.

Un des deux représentants de la STM à avoir fait le voyage a été impressionné par ce qu'il a vu. L'ingénieur électrique Denis Pomerleau pense que ce genre de produit serait transposable dans la métropole, car c'est justement vers la recharge rapide que la STM pense aller. Transposable peut-être, mais à petite échelle.

Ce n'est peut-être pas transposable sur toutes nos lignes parce qu'il y a des lignes assez longues [...]. Et ce qui est compliqué dans un système comme ça sur l'île de Montréal, c'est d'essayer d'implanter des systèmes de recharge aussi puissants partout parce que ce n'est pas dit que l'électricité est disponible aux points où on en a besoin.

Denis Pomerleau, ingénieur électrique

François Pépin, président du C. A. de Transport 2000, a aussi bien aimé ce qu'il a vu et entendu à Worcester. « Oui, ça coûte plus cher à l'achat, un autobus électrique, mais il y a des économies potentielles au niveau de l'exploitation et de l'entretien. Nous, notre crainte, c'était qu'un coût d'achat trop élevé entraînerait des réductions de services, transferts de budget, etc. », affirme-t-il.

Il pense que Montréal devrait d'abord tester les autobus électriques par un service de navettes gratuites autour des endroits touristiques du centre-ville. Puis, si c'est un succès, aller de l'avant avec certaines lignes de la STM.

Un autobus de Nova Bus à l'usine de Sainte-Eustache. Photo : PC/Graham Hughes

À lire aussi :

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !