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Se souvenir du génocide arménien

Sylvia, arrivée de Grèce au Québec à la fin des années 50

Sylvia, arrivée de Grèce au Québec à la fin des années 50

Photo : Akli Ait-Abdallah

Radio-Canada

Il y a 100 ans, sur ordre du gouvernement de l'Empire ottoman et de son ministre de l'Intérieur, Talaat Pacha, va être enclenché le massacre systématique de plus de 1,5 million d'Arméniens d'Asie mineure. Ceux qui échappent à la mort sont déportés et contraints à l'exil. C'est le premier génocide du XXe siècle. À Montréal, des descendants des survivants se souviennent.

Un texte d'Akli Ait-AbdallahTwitterCourriel à Désautels le dimanche

Malgré ses lunettes noires, Angel a du mal à dissimuler ses larmes. « Oublier? Comment oublier ça? ». Angel est née au Liban, où son père, encore enfant, avait trouvé refuge après avoir été chassé de son village. Et c'est son père qui lui a raconté, quand elle n'était encore qu'une enfant, comment lui a survécu au massacre de sa famille.

Pour écouter l'extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Autour de la table pour une partie de cartes, il y a Sylvia, Annie, Rosie, Angel, et Anahit, arrivées au Québec au long des cinquante dernières années du Liban, d'Égypte, de Grèce ou de Syrie.

« Il y a eu des victimes dans chacune des familles arméniennes. Chacun de nous a une histoire douloureuse à raconter », explique Sylvia, qui a grandi à Athènes après avoir été séparée de sa famille pendant de longues années.

Écoutez le reportage d'Akli Ait-Abdallah à Désautels le dimanche.

À quelques pas du centre communautaire arménien, Sourp Hagop, une école de Montréal de 700 élèves de maternelle, primaire, et secondaire. À l'entrée, derrière une vitrine, on a exposé de vieilles clés, censées symboliser les maisons et les biens que les Arméniens ont dû abandonner dans leur fuite. Ici, la place accordée à l'enseignement de l'histoire et de la langue arméniennes est centrale.

L'école Sourp HagopAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Centre communautaire arménien Sourp Hagop

Photo : Akli Ait-Abdallah

Et si le titulaire de la discipline Meher Karakachian préside aussi le comité du centenaire du génocide, ce n'est pas un hasard. « La préservation de notre culture et de notre identité est l'antidote à ce que le génocide avait comme but, l'extermination de notre peuple », dit-il.

Pour écouter l'extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Le génocide en quelques dates :

  • Le génocide arménien a été perpétré entre avril 1915 et juillet 1916.
  • L'Uruguay est le premier pays à reconnaître officiellement le génocide arménien en 1965.
  • Le Canada a reconnu le génocide en 2004.
  • En 2015, plusieurs pays - Royaume-Uni, Israël - reconnaissent un massacre d'ampleur, mais refusent de parler de génocide.

Entretenir la mémoire, d'une génération à l'autre. Pour en assurer la transmission, l'école Sourp Hagop a organisé plusieurs rencontres entre les élèves et des aînés de la communauté, pour recueillir leurs histoires et les publier.

« Ces histoires font partie de nos vies », nous dit Talin, 12 ans, en nous en lisant une avant de promettre qu'elle les racontera à son tour à ses enfants.

« Oublier, jamais. Pardonner? Pas avant que la Turquie, héritière de l'Empire ottoman, ne reconnaisse le crime de génocide commis contre notre peuple », dit le père Karnig Kouyounian, de l'église arménienne de Montréal. « Après un siècle, il est grand temps de rendre la justice ».

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