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Sans contrat de travail, les fonctionnaires se préparent pour l'automne

Le Front commun qui regroupe la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ) ont manifesté à Québec.

Le Front commun qui regroupe la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ) ont manifesté à Québec.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Front commun, qui regroupe des syndicats du secteur public, mobilise ses troupes en prévision du renouvellement des conventions collectives.

Carolle Dubé, du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Francine Lévesque, de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), et Daniel Boyer, de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), ont rencontré la presse mardi pour parler des négociations à venir avec Québec, qui s'annoncent difficiles.

Les conventions collectives des 400 000 employés de l'État arrivent à échéance aujourd'hui.

La grève, « le geste ultime »

M. Boyer explique que « ce n'est pas simple d'aller chercher des mandats de grève pour 400 000 travailleurs ». Mais, bien avant de recourir à la grève, les syndiqués affirment vouloir négocier le temps qu'il faudra. « Jusqu'à l'automne ou jusqu'à l'année prochaine, si on continue à négocier de bonne foi, moi, j'ai aucun problème », dit Daniel Boyer.

La grève, elle va s'exercer au moment où ça ira suffisamment mal aux tables de négociations qu'il va falloir la faire. Je vous dirais qu'avant l'automne, [...] légalement, c'est à peu près impossible. Il faut convenir des services essentiels dans le domaine de la santé et de la fonction publique. Mais on sera prêts le moment venu.

Une citation de :Daniel Boyer, de la FTQ

Une rencontre pour réfléchir et débattre

Mardi, les trois représentants syndicaux ont réuni à Québec 2500 travailleurs. Ils justifient la tenue de cette rencontre - qui est une première, souligne Daniel Boyer - par la nécessité de réfléchir et de débattre de la meilleure manière d'établir « un rapport de force » avec le gouvernement.

« Un processus de mobilisation dans le secteur public, ça se construit de longue haleine », explique Francine Lévesque, de la CSN. « Jusqu'où les membres seront-ils prêts à aller? Et seront-ils prêts à envisager l'exercice de la grève pour soutenir leurs demandes? Au moment où on se parle, on n'est pas capables de répondre à la question. »

L'idée est de convaincre le président du Conseil du Trésor du Québec, Martin Coiteux, de l'urgence de la situation, disent les syndiqués, qui considèrent que les propositions faites jusqu'ici par le gouvernement sont « insultantes » et inacceptables. D'autant plus, comme le décrit Carolle Dubé, que les syndiqués « paient en double », en ce sens qu'ils doivent faire face aux différentes mesures d'austérité en tant que citoyens et que le gouvernement n'est pas prêt à leur concéder d'augmentation de salaire pour faire face aux mesures en question.

Le gouvernement Couillard propose un gel salarial sur deux ans pour les fonctionnaires provinciaux, suivi d'une hausse annuelle de 1 % pour les trois années suivantes. L'âge de la retraite passerait de 60 à 62 ans, et la rente de retraite serait calculée selon la moyenne du salaire des huit meilleures années, au lieu des cinq meilleures, comme c'est le cas actuellement.

Manifester contre la réforme en santé

Des syndiqués de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) manifestent devant l'Assemblée nationale à Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des syndiqués de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) manifestent devant l'Assemblée nationale à Québec.

De leur côté, les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ont tenu une série de manifestations, en mi-journée mardi, afin d'exprimer leur inquiétude et leur mécontentement vis-à-vis de la vaste réforme des structures dans le domaine de la santé. Ladite réforme entre en vigueur le 1er avril. De l'avis de la FIQ, la croissance des dépenses de 1,4 % en santé va entraîner « les pires coupes que le réseau de la santé ait connues depuis longtemps ».

Par leur manifestation, les membres de la FIQ souhaitaient aussi rappeler au gouvernement que leur convention collective est maintenant échue. Les membres de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) les ont imités en manifestant devant leur établissement respectif pendant 13,5 minutes, histoire de faire part au gouvernement de leur demande de rattrapage salarial de 13,5 % sur trois ans. Rappelons que le gouvernement offre 3 % sur cinq ans, dont un gel salarial pour les deux premières années.

L'équilibre budgétaire avant tout

Le président du Conseil du Trésor évalue à 10,8 milliards de dollars ce qu'il en coûterait pour répondre aux demandes des syndiqués du secteur public, pour les trois années à venir.

« On n'a pas les moyens de faire ça et donc, on ne va pas signer ça », affirme Martin Coiteux, tout en rappelant que le gouvernement ne dérogera pas de son objectif d'équilibre budgétaire. « Aujourd'hui, on met plus d'argent en intérêts sur la dette que dans les écoles primaires et secondaires », dit-il.

On fait la révision des programmes, on fait la révision des structures et des organismes et, bien entendu, dans nos négociations avec les syndicats du secteur public, on fait des propositions compatibles avec l'équilibre budgétaire et avec le fait qu'on ne va pas piger dans la poche des contribuables. Ce sont des changements difficiles qui demandent des efforts à tout le monde.

Une citation de :Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor du Québec

M. Coiteux se dit persuadé d'en arriver à une entente avec les syndiqués. Il rappelle que le gouvernement est parvenu à signer des ententes avec les pharmaciens et les médecins, de même qu'avec les responsables de service de garde en milieu familial, le 15 janvier dernier.

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