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Écrasement de Germanwings : le commandant aurait supplié le copilote de lui ouvrir la porte

Andreas Lubitz lors d'un événement sportif

Photo : Stringer . / Reuters

Radio-Canada

« Ouvre cette foutue porte », aurait hurlé le commandant du vol 9525 de Germanwings à son copilote quelques instants avant que l'avion s'écrase dans les Alpes françaises mardi avec 150 personnes à bord.

C'est du moins ce qu'on peut lire ce matin dans le quotidien allemand Bild, qui aurait mis la main sur les enregistrements de conversation du poste de pilotage.

En conférence de presse, jeudi matin, le procureur de Marseille, Brice Robin, a indiqué que le copilote, Andreas Lubitz, était seul dans la cabine de pilotage au moment de l'écrasement.

Selon le procureur, l'interprétation « la plus plausible, la plus vraisemblable » est que « le copilote, par une abstention volontaire, a refusé d'ouvrir la porte de la cabine de pilotage au commandant de bord et a actionné le bouton commandant la perte d'altitude ».

Le récit du journal allemand Bild présente une version similaire des évènements ce matin, mais donne cependant plus de détails. 

Selon le journal allemand, les échanges entre les pilotes durant les premières minutes du vol étaient plutôt banals. À un moment, le commandant aurait expliqué à M. Lubitz qu'il n'avait pas eu le temps d'aller à la salle de bain avant le départ de Barcelone.

Le commandant serait ensuite sorti de la cabine de pilotage. Toujours selon le journal Bild, on entend quelques instants plus tard le commandant qui tente d'ouvrir la porte et qui dit : « Pour l'amour de Dieu, ouvre la porte. »

Des cris de passagers seraient également audibles. Selon Bild, le commandant essaie ensuite de défoncer la porte et crie : « Ouvre cette foutue porte. »

L'avion s'est ensuite écrasé.

Il voulait « passer à l'histoire », selon une ex-copine

Hier, le même journal présentait une entrevue avec une ex-copine du copilote Andreas Lubitz. Selon elle, M. Lubitz voulait que son nom passe à l'histoire.

Il disait qu'un jour il « changerait le système », a affirmé Maria W, qui n'a pas voulu dévoiler son identité. L'hôtesse de l'air de 26 ans ajoute qu'elle s'est souvenue de cette phrase après avoir appris « l'accident ».

« Un jour, je ferai quelque chose qui changera le système et alors tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra », aurait-il dit.

Selon Maria W., Lubitz avait compris qu' « en raison de ses problèmes de santé, son grand rêve de travailler pour la Lufthansa comme pilote sur des vols long-courriers était pratiquement impossible ».  

« Nous avons toujours beaucoup parlé du travail, et il devenait alors quelqu'un d'autre, il s'énervait à propos des conditions de travail : trop peu payé, peur de perdre son
emploi, trop de pression. »

« Il ne parlait pas beaucoup de sa maladie, disait seulement qu'il était en traitement psychiatrique », poursuit-elle. « Quand nous discutions, il perdait tout à coup son calme et me criait dessus [...] La nuit, il se réveillait et criait "nous tombons" parce qu'il faisait des cauchemars ».

Possibles problèmes visuels

Le New York Times a par ailleurs révélé samedi qu'Andreas Lubitz cherchait à faire traiter des problèmes visuels. Les autorités qui ont donné l'information au quotidien américain ont indiqué que ces problèmes, qui auraient pu être psychosomatiques, pouvaient menacer sa carrière de pilote.

Toutes ces informations viennent s'ajouter aux révélations du procureur de Düsseldorf qui rapportait vendredi que le copilote avait caché qu'il faisait l'objet d'un arrêt maladie le jour même de l'écrasement. Des attestations dans ce sens avaient été retrouvées, déchirées, chez le jeune homme.

Toutefois, aucune lettre d'adieu qui dévoilerait un acte prémédité à l'origine de la catastrophe n'a été trouvée jusqu'à maintenant.

Pour le procureur, les documents saisis viennent « appuyer la thèse » voulant que le copilote ait « caché sa maladie à son employeur et à son environnement professionnel ». Ces documents attestent d'une « maladie existante et de traitements médicaux correspondants », a indiqué le magistrat sans fournir plus de détails.

S'appuyant sur des documents officiels auxquels il a eu accès, le quotidien Bild avait révélé plus tôt qu'Andreas Lubitz avait souffert d'une grave dépression il y a six ans alors qu'il suivait sa formation de pilote.

Le chef des enquêteurs français a appelé à la prudence avant de tirer toute conclusion sur la cause de l'écrasement.

« Nous n'avons pas aujourd'hui le droit d'écarter toutes les autres hypothèses, y compris l'hypothèse mécanique, tant qu'on n'a pas démontré que l'appareil ne présentait aucune difficulté. »

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et New York Times

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