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Atterrissage raté à Halifax : les enquêteurs tentent de comprendre les circonstances

Radio-Canada

Il est toujours trop tôt pour déterminer la cause de l'atterrissage en catastrophe de l'Airbus A320 d'Air Canada durant la nuit de samedi à dimanche à l'aéroport international Stanfield d'Halifax, selon les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST), qui ont fait le point dimanche soir. Un fait demeure : une véritable tragédie a été évitée de peu.

Il est toujours trop tôt pour déterminer la cause de l'atterrissage en catastrophe de l'Airbus A320 d'Air Canada durant la nuit de samedi à dimanche à l'aéroport international Stanfield d'Halifax, selon les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST), qui ont fait le point dimanche soir. Un fait demeure : une véritable tragédie a été évitée de peu.

L'avion a touché terre environ 330 mètres avant la piste d'atterrissage. Il a par la suite frappé une série d'antennes, puis a continué sa course en glissant sur des centaines de mètres. Un moteur s'est décroché et l'avion a subi des « dommages importants », selon le BST. Le train d'atterrissage, le dessous des ailes et le cône du nez de l'appareil ont été arrachés. Les enquêteurs ont noté beaucoup de débris entre le site de l'impact initial et le lieu où l'appareil s'est immobilisé.

Les boîtes noires de l'appareil ont été récupérées.

Rappelons que l'avion, qui avait décollé de Toronto vers 21 h, transportait 133 passagers et 5 membres d'équipage. À 0 h 45, il s'est posé abruptement sur la piste. En glissant, il a heurté des câbles électriques, privant l'aéroport d'électricité.

Mike Cunningham, du Bureau de la sécurité des transports du Canada  (BST)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mike Cunningham du Bureau de la sécurité des Transports du Canada (BST)

Photo : Radio-Canada

Les passagers ont été « très chanceux » de s'en sortir à si bon compte, a dit Daphné Booth, enquêteuse au BST, en conférence de presse. Dimanche soir, un seul des 25 blessés restait hospitalisé.

Ce n'est que demain que les 12 à 15 enquêteurs du BST affectés à ce dossier seront tous sur place, a précisé son collègue Mike Cunningham.

Nous sommes conscients que les "survivants" de cet accident veulent des réponses rapidement.

Daphné Booth, enquêteuse au BST

Le BST se penchera notamment sur les raisons qui ont retardé l'atterrissage de l'avion. L'appareil a survolé l'aéroport pendant plusieurs minutes avant d'amorcer sa manoeuvre d'atterrissage. Une tempête de neige sévissait dans la région.

Les enquêteurs examineront aussi les raisons du délai de prise en charge des passagers évacués, qui sont restés de longues minutes au froid sur le tarmac avant d'être emmenés au chaud. « Je ne sais pas exactement comment s'est faite la procédure d'évacuation. Nous allons interroger les passagers, étudier tout ce qui s'est passé », a dit la porte-parole du BST.

Des enquêteurs de France et des spécialistes de la société Airbus doivent aussi se joindre à l'enquête.

« Une expérience troublante pour les passagers », dit Air Canada 

Plus tôt dimanche, Air Canada a précisé que 25 personnes avaient été transportées à l'hôpital pour des blessures mineures. Les autres passagers et leurs familles ont été transportés dans un hôtel à proximité.

Le pilote a subi des blessures mineures. Air Canada a indiqué qu'il compte 15 ans d'expérience et connaît bien l'Airbus A320.

Le vice-président général et chef de l'exploitation du transporteur aérien Klaus Goersch a précisé en conférence de presse que les pilotes avaient longtemps survolé l'aéroport avant de décider d'atterrir. Il était sécuritaire de poser l'avion dans ces conditions météorologiques, a insisté M. Goersch, qui n'a pas voulu se prononcer sur les causes possibles de l'incident.

« Nous sommes grandement soulagés que personne n'ait été gravement blessé. Néanmoins, nous sommes pleinement conscients que cette expérience a été très troublante pour nos passagers et leurs familles, ainsi que pour nos employés », a réitéré le vice-président général.

Des passagers laissés dans la neige

Le passager Denis Lavoie témoigne de ce qu'il a vécu :

On a frappé le sol violemment. J'étais à côté du moteur. Le moteur a explosé. Il était en feu. Le moteur du côté gauche a été arraché de l'avion. Tout le monde s'est frappé sur le siège qui se trouvait devant soi. Il y a eu des nez cassés. L'avion a frappé le sol, il a remonté légèrement et frappé le sol une deuxième fois. Ensuite, on a glissé sur la piste. Il y avait des flammèches. On a glissé jusqu'au bout de la piste et l'avion s'est arrêté.

Denis Lavoie, passager

Selon lui, un autobus est arrivé sur les lieux à 1 h 21 pour récupérer les passagers.  

Sortie de piste à l'aéroport d'Halifax : témoignage d'un passager

Lianne Clark, une autre passagère, affirme que quelques personnes étaient ensanglantées. Le pire, selon elle, c'est que les passagers ont attendu dans la neige durant environ une heure. Les gens gelaient et se demandaient pourquoi personne ne venait les aider, ajoute-t-elle.

Les passagers ont eu froid. Certains revenaient d'une destination soleil et portaient des vêtements d'été, alors que d'autres étaient déchaussés. Ils remercient d'ailleurs les policiers et les pompiers qui leur ont donné leurs propres manteaux.

Laurie Bolland, une passagère, dit que la journée a été longue et qu'elle est heureuse d'être vivante.

Randy Hall, qui se trouvait aussi dans l'avion, affirme que l'appareil a tourné autour de l'aéroport pendant une demi-heure avant d'atterrir. Lors de la descente, dit-il, il a vu un éclat de lumière.

Les autorités enquêtent

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) a entamé son enquête. Air Canada affirme qu'elle « collaborera pleinement avec les autorités ».

La ministre des Transports du Canada, Lisa Raitt, dit avoir hâte de connaître les conclusions des enquêteurs.

« Nous remercions les premiers répondants pour leur action rapide et déterminante. Transports Canada continue de surveiller la situation, et le BST est sur les lieux. L'aéroport va réviser sa réponse à l'incident. J'ai hâte d'en voir les résultats. Nous allons laisser les autorités appropriées déterminer les causes de cet incident », affirme la ministre Raitt.

Inhabituelles, les sorties de piste? Pas autant qu'on pourrait le croire, comme l'explique Mathieu Dion.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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