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Autobus bilingues: un élu compare le N.-B. à un état d'apartheid

Autobus scolaires

Photo : Étienne Dumont/Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.


Le conseiller municipal de la Ville de Fredericton, Dan Keenan, a comparé le Nouveau-Brunswick à un état d'apartheid en commentant la dualité en éducation et dans le transport scolaire.

M. Keenan, qui est aussi le directeur des services financiers du réseau de santé Horizon –la régie de santé anglophone-, a écrit sur le réseau Twitter que « la Constitution n'a jamais été destinée à créer un état d'apartheid au Nouveau-Brunswick. Il est temps de changer la charte et de reprendre (le Nouveau-Brunswick) ».

M. Keenan affirme qu'une multitude d'emplois sont disponibles uniquement à une minorité de la population en raison de leur compétence linguistique.

Ces propos ont été émis vendredi en matinée après que le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, Serge Rousselle, eut dit qu'il serait anticonstitutionnel que des élèves francophones et anglophones soient transportés ensemble.

C'est une situation qui existe depuis plusieurs années et M. Rousselle a déclaré qu'il voulait que ça cesse.

« Un excès de langage complètement inacceptable »

La déclaration de l'élu de Fredericton a été reçue en deux temps au Nouveau-Brunswick. D'abord, sur les médias sociaux, plusieurs ont donné leur appui à M. Keenan en déclarant que d'avoir des services obligatoires dans les deux langues officielles « n'avait pas de bon sens ».

Puis, d'autres ont critiqué l'emploi du terme « apartheid », qui signifie la séparation systématique d'un peuple selon des critères raciaux et ethniques.

De 1948 jusqu'au début des années 1990, l'Afrique du Sud est dirigée par un gouvernement blanc, dont les politiques racistes et ségrégationnistes empêchent la société noire, pourtant majoritaire, de vivre dans la dignité.

Le professeur de droit spécialisé en minorité linguistique, Michel Doucet, a dit ne pas « savoir quoi répondre à ce type d'attaques qui sont complètement déproportionnées ». 

« Je crois qu'il y a une éducation à faire auprès de la communauté anglophone. Mais, je ne sais pas par où commencer quand on utilise des mots comme ''apartheid'', ''ségrégation'', c'est d'aller au-delà du bon sens. C'est d'aller au-delà de ce qui est vraiment acceptable au niveau d'une discussion censée parce que la Charte des droits et libertés ne fait que reconnaître des droits à la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick. Donc, sur ce plan, je crois qu'on est mal parti sur les discussions qu'on devrait avoir », a déclaré Me Doucet. 

M. Keenan est le deuxième élu de Fredericton à émettre des propos controversés en matière de dualité linguistique. En février, le maire de Fredericton et président de la Fédération canadienne des municipalités, Brad Woodside, avait déclaré sur Twitter qu'il comprenait l'importance du bilinguisme au Nouveau-Brunswick, mais qualifiait du même souffle la dualité « d'insensée ». La dualité dans les domaines de la santé et de l'éducation permet aux deux communautés de langues officielles du Nouveau-Brunswick de gérer leurs institutions.

M. Woodside a par la suite rétracté ses propos. 

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