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Fin de la Conférence régionale des élus : retour sur 50 ans de concertation régionale

En 1974, le CRDAT soulignait 10 ans de concertation régionale

En 1974, le CRDAT soulignait 10 ans de concertation régionale

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La plupart des employés de la Conférence régionale des élus de l'Abitibi-Témiscamingue (CRÉAT) vivent aujourd'hui leur dernière journée au travail. Certains employés demeureront en poste au-delà du 31 mars et le conseil d'administration continuera de se rassembler jusqu'à la formation officielle d'une nouvelle structure de concertation à qui passer le flambeau. Mais toute l'équipe de la CRÉAT traverse présentement une grande tempête. La fin de cette ère est aussi l'occasion de revenir sur 50 ans de concertation régionale.

Historique

La Conférence régionale des élus de l'Abitibi-Témiscamingue portait le flambeau d'une longue tradition de concertation régionale. Dès 1964, le Conseil économique régional du nord-ouest du Québec (CERNOQ) est créé suite au besoin de représentants de plusieurs sphères économiques et industrielles de la région de se regrouper. En 1971, le CERNOQ devient le Conseil régional de développement de l'Abitibi-Témiscamingue (CRDAT). À partir de ce moment, les dossiers défendus par l'organisme dépassent les ambitions économiques. La culture, les communications et le développement social font aussi partie de ses priorités.

Ainsi, au cours des années, le CRDAT intervient dans plusieurs sphères de la société. L'organisme participe à la gestion des transports collectifs entre les municipalités de la région. Le domaine de l'agroalimentaire est aussi touché, notamment lorsque vient le temps de relancer les serres de Guyenne. Le CRDAT lance aussi la toute première campagne de promotion de la région, vers 1983, avec le slogan « Une volonté de faire ». Dans le domaine des communications, le conseil s'impose pour participer à l'implantation de médias publics comme Radio-Québec et Radio-Canada en Abitibi-Témiscamingue.Des personnages marquants comme Denise Plamondon, Rémy Trudel ou Gérald Lemoyne se sont illustrés au CRDAT ou à la CRÉAT au cours des années.

À partir de 1993, le CRDAT prend une nouvelle importance auprès du gouvernement. Cela concorde avec l'arrivée à la direction générale de Guy Lemire. Sous la direction de M. Lemire, ou grâce à son initiative, une foule d'instances régionales voient le jour. L'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue, Valorisation Abitibi-Témiscamingue, le Comité de maximisation des retombées économiques d'Abitibi-Témiscamingue (COMAXAT), le Forum Jeunesse ainsi que le GIRAT (Gestion de l'inforoute régionale de l'Abitibi-Témiscamingue), qui amène le signal Internet dans toutes collectivités autochtones et non autochtones de la région tout comme dans les infrastructures publiques et parapubliques qui le nécessitent.

En 2004, le CRDAT est remplacé par la Conférence régionale des élus d'Abitibi-Témiscamingue, suite à la demande du gouvernement d'imposer une imputabilité des décisions prises aux élus qui y siègent. Lors du dépôt de son budget 2014-2015, le gouvernement libéral annonce l'abolition des Conférences régionales des élus.

Voici le fil des événements qui ont marqué le développement de la concertation régionale en Abitibi-Témiscamingue.

Toutes les archives incluses dans cette ligne du temps sont une gracieuseté de BAnQ Rouyn-Noranda / Fonds CRDAT

En 2015, la tempête

L'agente de recherche Julie Thibeault, de l'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue, croit qu'en tournant la page sur la CRÉAT, « on se prive de clarté, on se prive de vision, c'est notre plus grande perte, c'est une triste journée pour le bien collectif de la région ». Aux premières loges de la CRÉAT depuis la création de l'Observatoire, au printemps 2000, son licenciement est effectif aujourd'hui, comme ceux de la plupart des employés de la CRÉAT. « L'ambiance est difficile, c'est des journées à géométrie variable, mais c'est un peu de l'incompréhension et des témoignages qui nous parviennent spontanément, également », ajoute Mme Thibeault.

L'agente de développement de Valorisation Abitibi-Témiscamingue, Valérie Lemay, doit aussi plier bagage. « Je pense que la région perd en quelque sorte les gardiens de son développement », dit-elle.

Le directeur général de la CRÉAT, Luc Bélisle, confirme. « On vit un grand bouleversement », souligne-t-il, en assistant à « la disparition de la CRÉ, du palier régional et l'intention du ministère des Affaires municipales que l'ensemble des relations du gouvernement se fasse avec les MRC. »

Mais le président de la CRÉAT, Jean-Maurice Matte, espère renverser la vapeur, par la mise en place d'une nouvelle instance de concertation pour « qu'on soit rapidement en mesure de se donner un rapport de force auprès du gouvernement et de travailler à défendre les intérêts de la région. Et ça il faut le faire rapidement pour être en mesure de la passer à travers la tempête. »

Le ministère des Affaires municipales maintient qu'il s'agit d'une opération de décentralisation.

En fin de journée, vendredi, la Conférence régionale des élus a publié sur les réseaux sociaux une vidéo d'adieu.

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