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L’État au service de l’équilibre budgétaire

Entrevue avec Carlos Leitao
Radio-Canada

Chose promise, chose due. C'est sans nouvelle hausse de taxes, d'impôts ou de tarifs que le gouvernement du Québec renoue avec l'équilibre budgétaire, après six ans de déficits. La recette : le contrôle serré des dépenses de l'État. Les citoyens devront toutefois attendre avant de profiter d'une baisse de leur fardeau fiscal.

Un texte de Gaétan PouliotTwitterCourriel

C'est avec une « grande fierté » que le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, a annoncé le retour au déficit zéro. Une promesse à laquelle tenait mordicus le gouvernement libéral. « Le retour à l'équilibre budgétaire ne constitue pas un point final. Bien au contraire, il représente un départ et imprime un nouvel élan pour le Québec », a-t-il affirmé lors de son discours à l'Assemblée nationale, jeudi.

Le Québec recouvre enfin l'équilibre budgétaire.

Le ministre des Finances, Carlos Leitao

Le gouvernement se réjouit d'ailleurs que le poids de la dette par rapport au PIB ait diminué pour la première depuis 2009.

Le bâton : le contrôle des dépenses

Pour atteindre son objectif, le ministre Leitao privilégie une « gestion rigoureuse » des dépenses.

Cette année, la croissance des dépenses de l'État est limitée à 1,5 %, en deçà de l'inflation. L'une des plus basses de l'histoire récente, a reconnu le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux. Conséquence : une dizaine de ministères voient leur budget amputé.

Les deux poids lourds, les ministères de la Santé et de l'Éducation, sont aussi mis à contribution.

Le gouvernement libéral limitera la croissance des dépenses à seulement 1,4 % en santé et à 0,2 % en éducation. En clair, ces ministères devront faire des économies, car la hausse des fonds qui leur sont alloués n'est pas suffisante.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, suivez ce lien (Nouvelle fenêtre).

Les compressions budgétaires dans les ministères ne manqueront probablement pas de provoquer des remous, tant chez les étudiants que dans les milieux de l'éducation et de la santé.

À peine dévoilé, le budget fait déjà hurler les syndicats.

Le budget comprend aussi un message clair aux fonctionnaires. Le gouvernement n'a pas l'intention de bonifier les offres salariales déposées en décembre dernier. Cette année et l'an prochain, on propose un gel des salaires.

Des hausses des tarifs de garderie et d'électricité, déjà annoncées, entreront aussi en vigueur cette année, tout comme l'indexation des coûts d'autres services.

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La carotte : un budget de bonnes intentions

L'allègement du fardeau fiscal des contribuables promis par les libéraux devra attendre. Le budget détaille cependant les ambitions du gouvernement pour les prochaines années.

La taxe santé sera graduellement abolie, entre 2017 et 2019. Le Parti libéral avait promis en campagne électorale d'éliminer cette contribution dans son premier mandat. Cela ne sera pas le cas, puisque des élections générales sont prévues en 2018.

Le gouvernement mettra par ailleurs en place ce qu'il appelle un bouclier fiscal pour protéger les travailleurs contre les pertes de certains avantages fiscaux s'ils obtiennent une hausse de salaire.

On promet aussi un crédit d'impôt aux travailleurs plus âgés, afin de les inciter à conserver leur emploi. Les entreprises profiteront également de baisses d'impôts, mais pas cette année.

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L'opposition et les syndicats inquiets

Les partis d'opposition ont rejeté en bloc le budget du ministre des Finances du Québec. Les compressions dans les ministères affecteront les services à la population et généreront de nouvelles taxes, s'indignent-ils. Les syndicats partagent ces craintes. VOIR LA SUITE »

« Le gouvernement a livré la marchandise », s'est réjoui le président du Conseil du Trésor lors d'un point de presse jeudi. « On s'occupe des vraies affaires », a-t-il ajouté. Cependant, pour réaliser l'équilibre budgétaire, le gouvernement a inclus dans son budget de nouvelles mesures de rigueur (ou d'austérité, selon le point de vue).

La « rénovation de l'État québécois » est une excellente nouvelle pour l'avenir de la province et surtout pour les jeunes, selon le gouvernement, qui a malgré tout cru bon annoncer dès maintenant un allègement du fardeau fiscal des travailleurs et de certaines entreprises. Cette mesure entrera en vigueur au cours des prochaines années. Une manière, peut-être, de faire passer la pilule de la rigueur.

Budget Québec 2015

Économie