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Atcon : Brian Gallant écarte l'idée d'une enquête approfondie

Le premier ministre Brian Gallant.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Photo : Michel Corriveau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposition au Nouveau-Brunswick fait feu de toutes parts sur le gouvernement libéral au sujet du dossier Atcon, mais le premier ministre Brian Gallant soutient qu'il n'est pas nécessaire d'enquêter plus en détail.

L'ancien gouvernement libéral de Shawn Graham avait accordé à l'entreprise Atcon une garantie de prêt de 13 millions de dollars en 2007, et une autre de 50 millions en 2009. Atcon a fait faillite quelques mois plus tard et la province n'a récupéré qu'une infime partie de cet argent.

Dans un rapport présenté mardi, la vérificatrice générale Kim MacPherson souligne, entre autres, que le gouvernement a investi dans cette entreprise malgré l'avis contraire de ses hauts fonctionnaires.

Nous devons changer notre façon de faire pour développer l’économie. Notre approche doit être plus proactive et diversifiée.

Brian Gallant, premier ministre du Nouveau-Brunswick. 

Tous les députés progressistes-conservateurs qui ont pris la parole à l'Assemblée législative mercredi matin ont abordé la question d'Atcon. L'un d'eux, Brian MacDonald, a réclamé le congédiement des six ministres libéraux qui faisaient partie du Cabinet de Shawn Graham à l'époque.

Les six ministres libéraux qui faisaient partie du Cabinet Graham :

  • Victor Boudreau, ministre de la Santé et ministre responsable de la Révision stratégique des programmes
  • Donald Arseneault, ministre de l'Énergie et des Mines
  • Denis Landry, ministre des Ressources naturelles
  • Brian Kenny, ministre de l'Environnement et des Gouvernements locaux
  • Ed Doherty, ministre des Services gouvernementaux
  • Rick Doucet, ministre du Développement économique et ministre de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches

L'opposition a aussi réclamé une enquête approfondie de la vérificatrice générale pour savoir où sont passés les millions de dollars du gouvernement, qui en a bénéficié et qui en profite aujourd'hui. Dans son rapport, Mme MacPherson dit elle-même qu'il y a matière à enquêter davantage.

Le premier ministre Brian Gallant a expliqué qu'il n'en est pas question. Selon lui, toute la lumière a déjà été faite sur le dossier. Il a répété plusieurs fois qu'il faut apprendre des erreurs du passé. Il a ajouté qu'il faut changer certaines façons de faire. M. Gallant n'a pas pris part au débat sur la crédibilité de ses six ministres.

« Je peux vous dire que notre gouvernement prend (les recommandations) très au sérieux. Nous avons demandé au PDG d'Opportunités Nouveau-Brunswick, Stephen Lund, de s'assurer qu'il soit en contact avec la vérificatrice générale afin que nous mettions en œuvre le plus grand nombre de recommandations possible », a déclaré le premier ministre en chambre.

M. Gallant soutient que M. Lund a déjà rencontré Kim MacPherson à ce sujet et que des mesures seront prises éventuellement. 

Un ancien chef de cabinet du N.-B. défend la décision d'investir dans Atcon

L'ancien chef de cabinet de l'ex-premier ministre néo-brunswickois Shawn Graham défend la décision du gouvernement d'avoir investi dans l'entreprise Atcon.
Bernard Thériault affirme qu'Atcon était à l'époque un espoir de développement économique pour la région de Miramichi.

« Le contexte économique de la Miramichi quand tout ça s'est produit. On venait de perdre 1200 emplois. Le seul employeur qui se tenait encore debout ou à peu près, c'était Atcon, qui chaque semaine embauchait de 600 à 800 personnes dans la Miramichi », souligne M. Thériault. 

En 2009, 1200 emplois perdus dans la région de Miramichi, ça représente près de 1,5 % de la main-d'oeuvre locale, selon les données de Statistique Canada.

Durant cette période, le taux de chômage n'a pratiquement pas changé dans cette région.

Phénomène similaire dans les années précédentes. Par exemple, de mai 2007 à août 2007 par exemple, des mois où les travaux de construction sont particulièrement en chantier, on voit que le nombre d'emplois dans l'agglomération de recensement de Miramichi passe de 15 000 à 13 600, une baisse de près de 1400 emplois.

Le taux de chômage pour cette période est passé de 12,7 % à 11,7 %, principalement en raison de l'exode de la population. De mai à août, le nombre d'habitants a baissé de 3100.

Puis, en mai 2008, 13 900 emplois étaient occupés. Trois mois plus tard, l'emploi a monté légèrement à 14 300. Le taux de chômage durant cette période est passé de 12,6 % à 9,4 %.

Bernard Thériault estime toutefois que ni Atcon ni le gouvernement n'ont volé 70 millions de dollars en fonds publics.

Sur le principe, je suis totalement d'accord avec la vérificatrice. Sur les choses qui ont été faites et qui ont mené à cette tragédie.

Bernard Thériault, ancien chef de cabinet de Shawn Graham.

Mme MacPherson estime que le Cabinet avait fait preuve de mépris pour l'argent des contribuables. Bernard Thériault renvoie la balle aux institutions bancaires.

« Ce n'était pas aussi méprisant que ça peut paraître. Il y avait des conditions, des garanties, et une fois le système mis en place avec un groupe [...], les banques nous disaient: "si vous faites ça, il y a un espoir qu'on peut sauver Atcon". Et les banques ont viré leur capot de bord le lendemain en venant chercher d'autres garanties et en grugeant l'entente. En fait, les banques se sont payées elles-mêmes. C'est aux banques que cet argent est allé », lance Bernard Thériault.

Quant au fait d'avoir agi en dépit de l'avis des hauts fonctionnaires, M. Thériault ajoute que tout gouvernement doit parfois courir des risques.

« Si on avait écouté les fonctionnaires, on n'aurait pas en 1995 renouveler la flotte de crevettiers qui fait notre fierté dans la Péninsule acadienne. Si on avait écouté les fonctionnaires, le moulin à Edmundston serait probablement fermé », dit-il.

Malgré tout, Bernard Thériault reconnaît que le gouvernement avait fait erreur en investissant dans Atcon. « Si on avait su, on ne l'aurait pas fait », assure-t-il.

Avec les informations de Michel Corriveau et David Maltais.

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