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Budget du Québec : les PME enthousiastes, l'opposition inquiète

Le ministre des Finances, Carlos Leitao

Le ministre des Finances, Carlos Leitao

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les petites et moyennes entreprises (PME) demandent au gouvernement libéral de ne pas se laisser distraire par les « discours alarmistes sur l'austérité » et de garder le cap sur l'équilibre budgétaire.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) accentue la pression sur le gouvernement à quelques jours du dépôt du budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, en principe le premier budget équilibré depuis 2008.

L'organisme a remis mardi au premier ministre Philippe Couillard près de 7500 lettres signées par des propriétaires de PME qui exhortent le gouvernement à ne pas dévier de sa route vers l'équilibre budgétaire.

En point de presse, la vice-présidente principale de la FCEI, Martine Hébert, a soutenu que le Québec ne pouvait plus se permettre de vivre au-dessus de ses moyens.

On ne peut plus continuer à vivre dans un système où on dépense plus que ce qu'on est capable de générer comme richesse. Ce qu'on souhaite, c'est que le gouvernement maintienne le cap sur le déficit zéro le plus rapidement possible pour qu'on puisse demeurer maîtres de nos choix au Québec. 

Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

En outre, les PME invitent Québec à ne pas céder aux exigences des syndicats du secteur public qui réclament des hausses salariales de 13,5 % sur trois ans, soit 4,5 % par année.

La FCEI demande cependant au ministre Leitao d'alléger le fardeau fiscal des PME en échange d'un « grand ménage » dans la liste des crédits d'impôt et des programmes de subvention aux entreprises.

« Plutôt que ce soit le gouvernement qui nous dicte, à travers des mesures ciblées comme des crédits d'impôt et des subventions, là où on devrait investir, [on dit] : ''donnez-nous la marge de manoeuvre fiscale nécessaire pour que nous soyons en mesure de faire nos propres choix comme chefs d'entreprises'' », a dit Mme Hébert.

Le PQ craint des coupes « sévères »

Sur le plan politique, l'opposition péquiste demande au ministre Leitao d'assortir son budget d'un plan solide de relance pour doper la croissance économique.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, Nicolas Marceau, estime que l'année budgétaire à venir, celle du retour à l'équilibre budgétaire, sera marquée par des coupes « sévères » dans les services publics.

Avec un taux de croissance des dépenses à 0,7 %, le gouvernement n'aura d'autre choix que de sabrer encore davantage en santé et en éducation, selon lui.

Les dépenses en santé vont être sévèrement contraintes cette année et les dépenses en éducation vont être sévèrement contraintes. Ce qu'on a vécu jusqu'à maintenant, ce n'est rien à comparer de ce qu'on va vivre dans l'année qui vient. 

Nicolas Marceau, porte-parole du PQ en matière de finances

Le député de Rousseau redoute aussi que le gouvernement libéral utilise le récent rapport Godbout sur la fiscalité comme prétexte pour augmenter la TVQ, une option à laquelle s'oppose catégoriquement le PQ.

De plus, M. Marceau s'inquiète de l'utilisation que fera le gouvernement des « réserves » qu'il a engrangées. Celles-ci s'élèvent à 881 millions de dollars pour l'année 2015-2016 et à 1,4 milliard pour l'année suivante.

« Le vérificateur général constatait que l'usage de ces réserves n'avait pas été expliqué ni dans le budget de l'année dernière ni dans la mise à jour. Le vérificateur général appelle de ses voeux une clarification et une transparence sur cette question-là, et évidemment nous appelons aussi à cette transparence. Nous voulons savoir à quoi ça va servir », a dit M. Marceau.

La CAQ veut relancer le secteur manufacturier

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a reproché au gouvernement libéral d'avoir poursuivi son objectif de retour à l'équilibre budgétaire « sur le dos de la classe moyenne en reniant des promesses concernant les augmentations de taxe municipale, taxe scolaire, tarif de garderie [et] tarif d'électricité ».

M. Legault souhaite que le ministre Leitao fasse maintenant preuve « d'ambition » et qu'il profite de la baisse du dollar canadien pour adopter des mesures de relance du secteur manufacturier.

« C'est le temps de mettre le paquet dans le secteur manufacturier. On le sait, 88 % des exportations, c'est dans le secteur manufacturier. C'est le temps d'investir, d'appuyer le secteur manufacturier. C'est comme ça qu'on peut créer de la richesse au Québec et réduire notre écart avec l'Ontario », a déclaré le leader de la CAQ.

L'écart de richesse du Québec est de 15 % avec l'Ontario, 27 % avec le reste du Canada et 46 % avec les États-Unis, a relaté M. Legault.

On a des emplois qui sont de moins bonne qualité que les emplois chez nos voisins canadiens et américains. Donc, il faut changer la situation, il faut donner un coup de barre. Or, depuis l'arrivée de M. Couillard au pouvoir, au lieu de réduire ces écarts, ces écarts ont augmenté.

François Legault, chef de la CAQ

La recette gagnante de Québec solidaire 

Chez Québec solidaire, les priorités sont entendues : le gouvernement libéral doit enfin se préoccuper des populations les plus vulnérables.

L'achat groupé de médicaments par l'État et un retour de la taxe sur le capital des institutions financières et des banques dégageraient une marge de manœuvre de plus de 2 milliards de dollars par année, selon Françoise David.

En allant chercher 1,5 milliard de dollars au niveau du gaspillage qui est fait pour les médicaments, en allant chercher 800 millions de dollars dans la taxation des banques et institutions financières, on en ramasse de l'argent, et avec ça, on peut améliorer les services.

Françoise David

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