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Jupiter, la trouble-fête

La planète Jupiter
Jupiter Photo: NASA
Radio-Canada

Le mouvement destructeur de Jupiter au début de la formation du système solaire expliquerait pourquoi aucune super-Terre n'orbite autour de notre étoile, une particularité dans notre galaxie, selon une nouvelle théorie d'un groupe d'astrophysiciens.

Ainsi, la plus grosse planète de notre système aurait détruit sur son passage une première génération de ces grandes planètes rocheuses similaires à la nôtre, avant de voir son orbite se stabiliser.

Le système solaire en formationReprésentation du système solaire en formation Photo : NASA/T. Pyle

Cette théorie, publiée dans les annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS), expliquerait pourquoi notre système solaire est très différent des centaines d'autres systèmes planétaires découverts ces dernières années.

Nous pouvons désormais regarder notre système solaire dans le contexte de tous ces autres systèmes stellaires et constater que l'une de ses caractéristiques les plus intéressantes est l'absence de planète à l'intérieur de l'orbite de Mercure, la plus proche du Soleil.

Pr Gregory Laughlin, astrophysicien à l'Université de Californie à Santa Cruz

Les astrophysiciens expliquent que le système planétaire standard de la Voie lactée est formé d'un groupe de super-Terres dont l'orbite est très proche de leur étoile. Notre système serait donc une bizarrerie à l'échelle de la galaxie.

Selon eux, au moment de la formation de Jupiter et de Saturne, il est possible que des planètes rocheuses dotées d'une atmosphère très épaisse se soient formées près du Soleil à partir d'un disque de gaz et de poussière pour devenir des super-Terres typiques. C'est le cas d'un très grand nombre d'exoplanètes découvertes en orbite autour d'étoiles ces 10 dernières années.

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Alors que Jupiter avançait à l'intérieur du système solaire, les perturbations gravitationnelles de la planète géante auraient provoqué une série de collisions entre les autres planètes et des astéroïdes, les réduisant en morceaux.

Les débris se seraient alors fondus dans le disque dense autour du Soleil, détruisant dans ce processus toutes les super-Terres qui venaient de se former.

Ces débris auraient ensuite servi à former une seconde génération de planètes : Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

D'ailleurs, les chercheurs soulignent que ces nouvelles planètes sont plus jeunes que celles se trouvant sur des orbites plus éloignées, comme Uranus et Neptune.

Une des prédictions de notre théorie, c'est que des planètes rocheuses semblables à la Terre, avec une pression atmosphérique relativement faible, sont rares.

Pr Gregory Laughlin

L'astrophysicien ajoute que la formation de Mercure, de Vénus, de Mars et de la Terre a été rendue possible par la présence de Saturne, qui a permis de maintenir Jupiter sur une orbite plus éloignée du Soleil que ce n'est en général le cas pour ces géantes gazeuses.

Avec les informations de Agence France-Presse

Science