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Ottawa élargit à la Syrie sa guerre contre l'EI 

Thomas Mulcair écoute le discours de Stephen Harper aux Communes au sujet de la prolongation de la mission canadienne contre l'État islamique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper veut que la mission des Forces canadiennes contre le groupe armé État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou EI) soit élargie à la Syrie et qu'elle soit prolongée d'un an, soit jusqu'au 30 mars 2016, « au plus tard ».

À la Chambre des communes, le débat sur cette motion débutera vraisemblablement jeudi. 

Le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral ont déjà fait savoir qu'ils voteront contre la motion déposée à ce sujet, en arguant que cela placera les Canadiens dans le même camp que le dictateur syrien Bachar Al-Assad. Mais l'adoption de la motion ne fait aucun doute, les conservateurs étant majoritaires au Parlement.

L'annonce du dépôt de la motion a été faite mardi matin par le premier ministre Harper lui-même, pendant la période des déclarations ministérielles.

Le premier ministre a plaidé que les frappes de la coalition internationale, entreprises il y a quelques mois, ont réussi à repousser l'EI, mais que le groupe, qui prône un « djihad terroriste », continue de détenir un territoire « substantiel ». Son leadership demeure intact et il continue d'inspirer des djihadistes du monde entier, déplore en outre M. Harper.

Nos objectifs demeurent les mêmes : nous voulons continuer à affaiblir les capacités du soi-disant État islamique, c’est-à-dire affaiblir sa capacité à prendre part à des déplacements militaires à grande échelle, à utiliser ses bases librement, à étendre sa présence dans la région et à multiplier les attaques à l’extérieur de la région.

Stephen Harper, premier ministre du Canada

Le chef du gouvernement a souligné que l'État islamique exhortait ses membres à cibler le Canada et les Canadiens et qu'il le fait pour les mêmes raisons qu'il s'attaque au reste de l'humanité : parce que « quiconque n'accepte pas sa version pervertie de la religion doit être tué ». Le groupe s'attaque d'ailleurs aussi aux journalistes, aux travailleurs humanitaires et à des civils innocents, a rappelé Stephen Harper.

Le premier ministre Harper a justifié sa demande pour mener des frappes aériennes en Syrie en faisant valoir que l'État islamique y a établi la capitale de son « soi-disant califat ». Il toutefois assuré que son gouvernement « ne demandera pas le consentement clair du gouvernement syrien » de Bachar Al-Assad avant de mener des frappes en Syrie.

Les combattants de l’État islamique et une grande partie de son équipement lourd passent librement la frontière irakienne jusqu’en Syrie en partie pour s’assurer une meilleure protection contre nos frappes aériennes. Nous croyons que le soi-disant État islamique ne devrait plus pouvoir trouver refuge en Syrie.

Stephen Harper, premier ministre du Canada

Stephen Harper, qui a souligné le travail accompli par les soldats canadiens, a aussi souligné qu'une « forte majorité de Canadiens » appuie la mission en Irak. Selon lui, « les Canadiens comprennent que cela n'est pas uniquement dans l'intérêt plus large de la communauté internationale, mais spécifiquement dans l'intérêt des Canadiens »

Le premier ministre a aussi précisé que le rôle humanitaire du Canada dans la région, notamment auprès des réfugiés syriens, se poursuivra. « Nous n'avons pas à choisir entre lutter contre le soi-disant État islamique et aider ses victimes. Nous ferons les deux », a-t-il dit.

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Date d'échéance : le 7 avril

En octobre, le NPD et le PLC avaient aussi voté contre une participation canadienne à une coalition internationale contre le groupe armé Etat islamique. La motion présentée par le gouvernement à ce moment prévoyait que la mission canadienne serait circonscrite à l'Irak et qu'elle durerait jusqu'à six mois. Cette échéance sera atteinte le 7 avril, d'où la nouvelle motion du gouvernement.

Dans leur réplique au premier ministre, les chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Parti libéral (PLC) ont tous deux fait savoir qu'ils voteront contre la prolongation de la mission canadienne contre l'EI. Ils arguent tous deux que le gouvernement se retrouvera du coup dans le même camp que le dictateur syrien Bachar Al-Assad.

Une coalition de 21 pays

Quelque 625 militaires canadiens sont actuellement déployés en Irak pour mener des frappes aériennes contre le groupe armé État islamique (EI), mais aussi pour apporter un soutien logistique aux forces irakiennes et les former. Le Canada a également déployé en Irak six CF-18, deux avions ravitailleurs et deux avions-patrouille.

Cette coalition est formée, outre le Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Danemark, de l'Arabie saoudite, de Bahreïn, de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, du Qatar, de la Turquie, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Le premier ministre du Canada n'a pas besoin de l'autorisation du Parlement pour lancer des missions de combat, mais Stephen Harper a pris l'habitude de demander un appui aux Communes sur ces questions.

État islamique, le règne de la terreur

Ottawa-Gatineau

Politique