•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Prostitution en Abitibi-Témiscamingue : un premier portrait de la situation est publié

Prostitution
Radio-Canada

Le portrait de la prostitution se dessine en Abitibi-Témiscamingue. Le Gîte l'autre porte qui vient en aide aux femmes qui veulent se sortir de la prostitution, vient de dévoiler le premier portrait de la prostitution en Abitibi-Témiscamingue. L'étude démontre que c'est à Val-d'Or que le problème est le plus criant.

Avec les informations de Sandra AtamanTwitterCourriel

Le Gite l'autre porte a rencontré 20 femmes vivant de la prostitution pour les fins de sa recherche. 60 % d'entre elles sont autochtones. Pour la plupart, elles ne détiennent pas de diplôme d'études secondaires. 72 % des participantes à la recherche ont vécu une forme d'agression sexuelle lorsqu'elles étaient âgées de moins de 18 ans.

« Elles sont majoritairement en état de pauvreté, c'est des femmes qui sont très vulnérables, 100 % ont vécu des problèmes de dépendance », précise Annick Boissonneault, chargée de recherche pour le Gîte l'autre porte.

Portrait de la prostitution en Abitibi-TémiscamingueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Portrait de la prostitution en Abitibi-Témiscamingue

« Nous, c'est sûr qu'on voit les femmes en prostitution sur le terrain », confirme Josée, travailleuse de rue à Val-d'Or. Elle n'est pas surprise des résultats. « Les chiffres démontrent vraiment qu'il y a un besoin dans la région », ajoute-t-elle.

Le constat est le même du côté du coordonnateur et psychoéducateur à l'Unité Domrémy de Val-d'Or, Donald Poulin. « L'agence se doit de prendre connaissance et prendre conscience sérieusement de cette problématique, dit-il. Moi, j'en reçois des personnes qui vivent de la prostitution, dans mon champ, en dépendance, santé mentale. Et je trouve justement qu'il y a un trou pour les personnes qui désirent s'en sortir. »

89 % des femmes rencontrées affirment qu'elles veulent cesser de se prostituer.

Le Gîte l'autre porte a aussi questionné les organismes de l'Abitibi-Témiscamingue qui travaillent auprès des prostituées. Ces organismes affirment avoir rencontré près de 400 femmes aux cours des cinq dernières années.

Profil des femmes qui ont participé à l'étude :

  • 60 % des participantes sont d'origine autochtone
  • 50 % des femmes sont âgées entre 31 et 40 ans
  • 75 % des femmes participantes habitent Val-d'Or
  • 65 % sont nées en Abitibi-Témiscamingue
  • 53 % des femmes sont célibataires
  • 60 % des participantes ne détiennent pas de diplôme d'études secondaires
  • 88 % des participantes ont des enfants, dont la majorité ont entre 0 et 14 ans
  • 71 % ne vivent plus avec leurs enfants, dont 39 % les voient une fois par mois et 23 % ne les voient jamais
  • 100 % des femmes qui sont actuellement en situation de prostitution reçoivent de l'Aide sociale
  • 67 % des femmes prostituées ont un revenu se situant entre 400 $ et 600 $ par semaine si elles incluent les sommes provenant de la prostitution
  • 100 % des femmes vivent ou ont vécu des problèmes de dépendance à la consommation à l'âge adulte
  • 63 % ont vécu de la violence conjugale à l'âge adulte
  • 56 % ont vécu, étant mineures, de la violence familiale

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Société