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Projet de loi C-51 : une Femen proteste dans les gradins de la Chambre des communes

La Chambre des communes à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Une militante du groupe Femen a été expulsée de la Chambre des communes, lundi matin, pour avoir manifesté contre le projet de loi antiterroriste en exhibant ses seins dans les gradins.

Neda Topaloski aura eu le temps de crier haut et fort son opposition au projet de loi en exhibant son torse nu, sur lequel on pouvait lire « C-51: State terrorism » (C-51 : terrorisme d'État).

Les gardiens de sécurité du parlement ont dû pourchasser la Montréalaise pendant un petit moment avant de lui mettre le grappin dessus.

« J'ai essayé de rester le plus longtemps possible en m'agrippant à des trucs, mais ils ont fini par me sortir », a relaté Mme Topaloski en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, peu après son coup d'éclat.

Elle a dit regretter que les caméras des Communes n'aient pas capté d'images de son geste de protestation.

Le groupe Femen Québec estime que la mesure législative criminalise la liberté d'expression en considérant son exercice comme un acte terroriste.

C'est un projet de loi terroriste. L'État devient terroriste avec cette mesure totalitaire de répression. 

Neda Topaloski

« C'est vraiment malheureux qu'il n'y en ait pas eu, parce que voir une femme qui s'insurge contre le système, qui est nue alors que le reste est en habit très protocolaire, c'est comme une dynamique symbolique », a-t-elle déploré.

Les députés qui débattaient en Chambre, eux, ne l'ont pas manquée. Plusieurs ont exprimé leur stupéfaction face à ce qui s'est déroulé au-dessus d'eux.

« En Chambre, les députés, on a figé. Même le président de la Chambre a mis un certain temps avant d'indiquer qu'il interrompait le discours pour en fait laisser la personne sortir », a relaté la néo-démocrate Annick Papillon en entrevue téléphonique.

Des câlins et des fleurs

Un autre groupe opposé à C-51 a mené une action hors de l'ordinaire - mais qui se voulait plus tendre - sur la colline du Parlement, lundi.

Ils ont été quelques-uns à braver le froid qui sévissait dans la capitale fédérale après avoir fait le trajet entre Toronto et Ottawa pour offrir des câlins et des fleurs aux élus.

Des gestes destinés à aider les députés à passer par-dessus le traumatisme qu'ils ont vécu lors de l'attentat survenu au parlement, et qui mine la capacité de certains à légiférer avec suffisamment de recul, a expliqué une organisatrice.

« Ils ont vécu des événements vraiment terribles le 22 octobre dernier, et nous avons l'impression qu'ils se laissent guider par la peur en légiférant », a suggéré Veronica Campbell.

« C'est un projet de loi omnibus qui témoigne vraiment de la peur qui a été semée il y a six mois plutôt que d'un sentiment d'espoir pour l'avenir », a-t-elle poursuivi.

Ces deux actions donnent le coup d'envoi à une semaine qui se déroulera en grande partie sous le signe du projet de loi C-51.

La mesure législative est présentement à l'étude en comité parlementaire. Cette semaine, les députés mettent les bouchées doubles, tenant des réunions jusqu'en soirée.
Le gouvernement Harper n'a donné aucun signe d'ouverture à des amendements, ce que le ministre de la Justice, Peter MacKay, a réitéré lundi matin en marge d'une conférence de presse au parlement.

Ceux qui s'opposent au projet de loi lui reprochent de donner trop de pouvoir au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et craignent qu'il ne conduise à la répression des manifestations et de la désobéissance civile.

Politique