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Les auteurs de l'attentat en Tunisie se seraient entraînés en Libye

Un cercueil monté dans une camionnette quitte la morgue de l'hôpital Carhles Nicolle de Tunis.

Un cercueil monté dans une camionnette quitte la morgue de l'hôpital Carhles Nicolle de Tunis.

Photo : Michel Euler

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les deux auteurs de l'attentat du musée du Bardo qui a fait 21 victimes mercredi à Tunis sont des « extrémistes salafistes » formés en Libye, affirme le secrétaire d'État tunisien chargé des affaires sécuritaires, Rafik Chelly.

Selon lui, Yassine Abidi et Hatem Khachnaoui « ont quitté clandestinement le pays en décembre dernier pour la Libye et ont pu se former aux armes en Libye » avant de regagner leur pays d'origine.

« Nous n'avons pas les détails, mais il y a des camps d'entraînement pour les Tunisiens à Sabratha, à Benghazi et à Derna, donc [ils ont pu se former] dans l'un de ces camps », a-t-il dit jeudi à la chaîne privée AlHiwar Ettounsi.

M. Chelly a ajouté que Yassine Abidi avait été arrêté avant son départ en Libye, sans donner plus de détails.

Selon lui, les deux hommes étaient « des éléments suspects » associés à des « cellules dormantes, formées d'éléments présents dans les villes, connus [...] et dont nous savons qu'ils peuvent mener des opérations. »

« Mais il faut rassembler les indices pour pouvoir mener une arrestation », a ajouté M. Chelly.

Dans un enregistrement audio diffusé jeudi, le groupe armé État islamique (EI) a revendiqué l'attentat. Il soutient que « l'attaque bénie contre l'un des foyers des infidèles en Tunisie musulmane » n'est qu'un « début ».

L'EI affirme que l'opération sanglante a été menée par « deux chevaliers du califat, Abou Zakaria Al-Tounsi et Abou Anas Al-Tounsi », qui sont « parvenus à assiéger un groupe de ressortissants des pays croisés [...] semant la terreur dans le coeur des infidèles ».

Selon le plus récent bilan du ministère de la Santé, 18 touristes et 3 Tunisiens ont été tués et 44 personnes ont été blessées par les deux hommes, qui ont eux-mêmes été abattus par les forces de sécurité.

Dans la foulée de l'attentat, la présidence tunisienne a annoncé un déploiement de l'armée dans les principales villes de Tunisie pour y renforcer la sécurité. Elle a aussi annoncé l'interpellation de neuf personnes suspectées d'avoir été en relation avec les deux hommes.

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Une jeune Tunisienne célèbre l'anniversaire de l'indépendance de son pays, sous l'oeil attentif d'un membre des forces de sécurité.

Photo : Getty Images / FADEL SENNA

L'espoir d'un gouvernement d'unité nationale en Libye

L'attentat au musée du Bardo démontre « l'urgence » de parvenir à un gouvernement d'unité nationale en Libye, estime l'émissaire spécial des Nations unies pour la Libye. Bernardino Leon a fait cette déclaration depuis la station balnéaire de Skhirat, au Maroc, où des délégations des deux parlements libyens rivaux sont réunies pour de nouveaux pourparlers visant à s'entendre sur un tel gouvernement.

Selon M. Leon, ces négociations, entreprises au début du mois de mars, entrent aujourd'hui dans une « phase décisive ». Il dit espérer la conclusion d'une entente d'ici dimanche.

Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale est aujourd'hui basé à Tobrouk, dans l'est du pays. La capitale, Tripoli, est dirigée par un autre gouvernement depuis qu'une coalition de milices, Fajr Libya, en a pris le contrôle en août.

« La montée de la menace posée par Daech [autre appellation de l'EI, NDLR] doit être pour toutes les parties en Libye l'occasion de s'unir [...] contre le terrorisme, pour ne plus se battre entre elles, mais contre une menace commune », a commenté la chef de la diplomatie de l'Union européenne lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui se tient à Bruxelles.

Selon Federica Mogherini, l'UE est disposée à faire « tout ce qui est possible, même sur le plan de la sécurité, pour soutenir un futur gouvernement d'unité nationale », pourvu que cela puisse se faire « en étroite coordination avec ce gouvernement [...] et les Nations unies ».

Elle a dit vouloir collaborer avec « les acteurs de la région », et en avoir discuté notamment avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

« C'est l'une des crises les plus aiguës et les plus dramatiques, juste de l'autre côté de nos frontières. [...] C'est une des menaces les plus graves et il faut l'affronter. »

— Une citation de  Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l'Union européenne

« L'attentat du musée du Bardo est une attaque contre l'Europe, et l'Europe doit y répondre », a souligné Mme Mogherini, qui avait été chargée lundi de faire des propositions pour l'envoi d'une mission en Libye par les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

« Cette attaque atroce va avoir une implication sur notre discussion sur la Libye aujourd'hui », a aussi dit le premier ministre finlandais, Alexander Stubb.

En attendant un développement en Libye, les dirigeants de l'UE ont décidé vendredi d'accroître leur coopération avec la Tunisie à la suite de l'attaque contre le musée du Bardo. « L'Union européenne et ses États membres vont intensifier leur coopération avec la Tunisie pour contrer cette menace terroriste commune, renforcer la prometteuse démocratie tunisienne et seconder le pays dans son développement économique et social », peut-on lire dans un communiqué des chefs d'État et de gouvernement de l'UE. Federica Mogherini et le président du Conseil européen Donald Tusk se rendront en Tunisie le 31 mars.

En Libye, le chef militaire du gouvernement reconnu par la communauté internationale, Khalifa Hifter, a mis en garde l'Europe contre une « infiltration » de militants de l'État islamique venus de Libye.

Il soutient que ces derniers « vont se rendre avec les migrants illégaux en Europe, où la corruption et la destruction va se répandre, comme cela s'est produit en Libye. »

Le général Hifter soutient que ses forces ont besoin d'une aide occidentale pour combattre ces militants. « Nous voulons des armes et des munitions seulement. Nous avons des hommes. L'armée grossit chaque jour », a-t-il déclaré dans une entrevue accordée à Associated Press.

Avec les informations de Agence France-Presse

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