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Dernier recours de Jacques Delisle : des experts se prononcent

Arme à feu
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les aveux de l'ex-juge Jacques Delisle (Nouvelle fenêtre), qui affirme dans une entrevue exclusive accordée à l'émission Enquête de Radio-Canada avoir aidé sa femme à se suicider avec une arme, soulève le scepticisme d'avocats interrogés au palais de justice de Québec, où il a siégé à la Cour d'appel.

Un texte de Yannick BergeronTwitterCourriel

À la lumière de ses nouvelles révélations, l'ex-magistrat condamné à la prison à vie réclame l'intervention du ministre canadien de la Justice pour réparer une erreur judiciaire.

Je vois le désespoir d'un homme qui tente en désespoir de cause de faire réexaminer sa condamnation.

Une citation de :Me Julien Grégoire, avocat-criminaliste

Me Rénald Beaudry, aussi avocat de la défense, croit pour sa part que c'est « trop peu trop tard ».

Tous deux évaluent que les chances de voir la condamnation de Jacques Delisle révisée sont bien minces, même s'ils ont en haute estime les compétences juridiques de Me Jacques Larochelle et du nouvel avocat torontois, Me James Lockyer, qui défend les intérêts de l'ex-juge.

Des faits nouveaux?

Les deux juristes rappellent qu'une demande de révision doit être accompagnée de faits nouveaux, ce qui n'est pas le cas dans le présent dossier, selon eux.

Ce n'est pas une preuve nouvelle aujourd'hui. Il avait cette version, il a tout simplement préféré la garder pour lui.

Une citation de :Me Rénald Beaudry

Me Grégoire abonde dans le même sens. « Ce n'est pas un fait qui est nouveau pour lui. Cette information-là, il la détenait et il avait le loisir de l'expliquer au jury, de témoigner et de présenter sa thèse des événements. »

« Je n'y vois pas d'erreur judiciaire », poursuit Me Grégoire, qui rappelle que le jury a tranché avec la preuve qui lui a été présentée.

Et de nouvelles expertises en balistique n'apporteraient rien à la cause, croient les criminalistes.

Me Rénald Beaudry fait une distinction avec les condamnés qui se voient innocentés en raison d'avancées technologiques dans les tests d'ADN, par exemple.

« Le jury n'a pas cru cette étude balistique en défense. On a cru celle de la poursuite et on arrive avec une autre. En droit criminel, quand on fait notre lit, comme on dit, il faut coucher dedans. On ne peut pas dire : ça n'a pas fonctionné en première instance, je vais me réessayer avec une autre ailleurs », soutient Me Beaudry.

Aide au suicide

La nouvelle thèse mise de l'avant par Jacques Delisle aurait pu lui valoir une accusation d'aide au suicide. Pour les deux avocats, il est inutile de rappeler que Jacques Delisle connaissait bien l'état du droit et la loi lorsque sa conjointe est morte.

Me Beaudry croit que le jury était en droit de remettre en question l'absence de lettre de suicide de la part de Nicole Rainville et la méthode utilisée pour s'enlever la vie.

« C'est un monsieur qui est assez riche, millionnaire. Il aurait pu dire : on va aller en Suisse. Je pense que ce n'est un secret pour personne qu'en Suisse, c'est permis, le suicide assisté. Ça se serait fait en douceur et non par une balle dans la tête. Ça me laisse pantois, tout ça », laisse tomber Me Beaudry.

L'entrevue « Jacques Delisle, l'ultime recours » sera diffusée jeudi soir à 21 h à l'émission Enquête.

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