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Barrette doit cesser de réformer le système de santé à la pièce, dit la CSN

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Aux yeux de la CSN, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, procède « à la pièce » pour réformer de fond en comble le système de santé de la province.

Un texte d'Anne Marie LecomteTwitterCourriel

En ne donnant pas de vue d'ensemble, le ministre ne dit pas où il veut en venir. Telle est la conclusion du mémoire que la Centrale des syndicats nationaux (CSN) déposera mercredi à la Commission de la santé et des services sociaux, dans le cadre des consultations tenues sur le projet de loi 20.

Un mémoire clair quant au sort que la CSN voudrait voir réservé au dit projet de loi : son retrait, purement et simplement.

La CSN ne critique pas que le projet de loi 20 qui, rappelons-le, vise à favoriser l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et, accessoirement,  à modifier des dispositions législatives en matière de procréation assistée.

En fait, le syndicat reproche au ministre d'avoir, en moins d'un an, conçu sans consultation trois projets de loi - 10, 28 et 20 - qui ont généré quantité d'opposition et de frustration, et d'avoir encore d'autres réformes dans sa manche, soit : 

  • le financement à l'activité;
  • la révision de la Loi sur les services de santé et des services sociaux;
  • la mise en place de supercliniques;
  • l'augmentation du rôle des infirmières et d'autres professionnels de la santé.

Nous craignons en outre qu'à trop mener de réformes en même temps, on ne fragilise l'ensemble du réseau.

La CSN

Dans son mémoire, la CSN cite le Collège des médecins qui met en garde contre les risques « de dérapages et des dangers pour la qualité et la sécurité des services de santé en général et des services médicaux en particulier » engendrés par les nombreux changements implantés dans le réseau, les négociations avec les employés de l'État, la restructuration globale du réseau et le déménagement de deux grands centres hospitaliers universitaires.

Un point de vue que partage la CSN qui suggère la tenue d'un vaste débat public pour l'établissement d'une vision claire et d'une discussion globale.

Vivement qu'on s'attaque aux problèmes, dit la CSN

La CSN reconnaît qu'il y a des problèmes à régler dans le réseau de la santé, soulignant notamment que « l'accès rapide à un médecin demeure pour plusieurs patients un véritable casse-tête et se trouver un médecin de famille constitue souvent un tour de force ».

Mais de l'avis de la CSN, c'est le premier ministre Couillard qui a lui-même initié un certain nombre de problèmes quant à l'accès aux soins de première ligne, avec sa réforme entreprise en 2003 alors qu'il était ministre de la Santé du Québec.

La réforme de Philippe Couillard avait négligé le développement des services de soins à domicile et des services de première ligne, ce qui a mené aux problèmes que nous connaissons aujourd'hui, dénonce en substance la CSN.

Le projet de loi 20 n'est pas la solution, dit la CSN

« Nous estimons que le projet de loi 20 offre une vision étroite de l'accès aux services de santé, explique la CSN qui estime que d'autres mesures doivent être prises telles que :

  • la révision du mode de rémunération des médecins;
  • l'organisation de l'information médicale et son informatisation pour soutenir les communications;
  • la garantie d'un financement additionnel permettant notamment de bonifier les services aux personnes aînées et aux personnes vulnérables aux prises avec des maladies chroniques.

La révision du mode de rémunération des médecins

La CSN critique aussi le fait que le projet de loi 20 maintienne la rémunération à l'acte pour les médecins. Or, ce mode de rémunération n'incite pas les médecins à prendre en charge des cas lourds comme les malades chroniques ou les personnes atteintes de maladies graves. 

Et, poursuit la CSN dans son mémoire, le mode de rémunération à l'acte coûte cher, plus cher que ne coûterait un système dans lequel les médecins sont salariés, comme c'est le cas dans d'autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). 

Au Québec, la rémunération totale des médecins s'établit à 6,5 milliards en 2013-2014 pour l'ensemble des médecins (11 053 spécialistes, 9830 omnipraticiens et 3155 résidents).

Alors que ce poste budgétaire pèse de plus en plus lourd dans nos dépenses publiques de santé, l'heure est venue d'explorer et surtout d'exploiter le potentiel incitatif des divers modes de rémunération disponibles.

La CSN

Reste à voir quelle sera la réponse qu'offrira le ministre Barrette aux propositions syndicales.

Politique