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Le député conservateur Larry Miller s'excuse pour ses propos sur les femmes et le niqab

Larry Miller a soutenu que les femmes qui ne voulaient pas dévoiler leur visage au moment de joindre le Canada auraient dû rester « là d'où elles venaient ».
Larry Miller a soutenu que les femmes qui ne voulaient pas dévoiler leur visage au moment de joindre le Canada auraient dû rester « là d'où elles venaient ». Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
La Presse canadienne

Un député conservateur fédéral a présenté ses excuses, mardi, pour avoir affirmé que les femmes qui voulaient prêter le serment de citoyenneté canadienne en portant un niqab auraient dû rester dans leur pays.

Larry Miller a soutenu, sur les ondes d'une station de radio d'Owen Sound, que les femmes qui ne voulaient pas dévoiler leur visage au moment de joindre le Canada auraient finalement dû rester « là d'où elles venaient ».

Le député ontarien commentait alors la cause d'une Torontoise qui conteste devant les tribunaux l'interdiction de porter le niqab en prêtant le serment de citoyenneté canadienne. Le niqab est le voile qui couvre tout le visage de la femme sauf les yeux.

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La Cour fédérale a invalidé cette interdiction, mais le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait appel de la décision.

M. Miller a soutenu lundi que la plupart des Canadiens étaient d'accord avec cette interdiction, et qu'il en avait assez de ces gens qui débarquent au Canada et qui veulent ensuite chambarder les choses.

Le député a indiqué mardi qu'il était toujours d'accord avec l'interdiction de porter le niqab lors de la cérémonie de serment d'allégeance, mais il s'est excusé pour le reste de ses remarques.


Réactions de Thomas Mulcair

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, estime que la question du port du niqab ne relève pas des politiciens, mais bien de la Charte des droits et libertés et de l'interprétation qu'en font les tribunaux.

Interrogé sur sa propre position quant au port du niqab lors des cérémonies d'assermentation des nouveaux citoyens et pour les employées de la fonction publique fédérale, M. Mulcair a simplement répété, mardi à Montréal, que la Charte garantit la liberté de religion et que c'est aux tribunaux d'interpréter les balises et d'établir les limites.

Le chef de l'opposition aux Communes a noté que le gouvernement Harper lui-même a reconnu qu'une employée de la fonction publique pouvait porter le niqab dans l'exercice de ses fonctions. À l'opposé, il a indiqué qu'un employeur pouvait l'interdire, mais que cette décision pouvait être contestée et que ce serait alors à un juge de décider.

Quant aux propos de son député montréalais Alexandre Boulerice, qui affirmait la semaine dernière que les employés de l'État ne devraient pas être autorisés à couvrir leur visage, M. Mulcair les a qualifiés d'opinion personnelle.

Il a ajouté que M. Boulerice avait soulevé ce qui est un grand débat dans la société, car la question soulève un malaise et l'inconfort chez certains citoyens. Or, selon lui, la meilleure épreuve à laquelle la Charte peut être soumise est justement de voir si, même dans les cas de malaise et d'inconfort, la liberté de religion des autres est respectée.

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