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Feu vert à Mine Arnaud

Marie-Christine Gagnon s'entretient avec le ministre Pierre Arcand

Le gouvernement Couillard autorise la réalisation du projet de Mine Arnaud, sur la Côte-Nord. Le ministre des Ressources naturelles et responsable de la région, Pierre Arcand, a confirmé l'émission d'un certificat d'autorisation pour le projet de mine d'apatite, lors d'une conférence de presse au pavillon Alouette du Cégep de Sept-Îles.

Le certificat comporte plusieurs conditions à respecter, a indiqué le ministre Arcand. Il affirme qu'il s'agit « d'une excellente nouvelle » pour l'économie régionale. Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier et le président de développement économique Sept-Îles, Luc Dion, étaient d'ailleurs présents lors de l'annonce.

Le projet que nous annonçons aujourd'hui est tout à fait le genre de projet que nous désirons voir se réaliser avec le Plan Nord. Des projets porteurs, des projets créateurs de richesse et d'emplois, qui vont profiter aux communautés locales, mais également à tout le Québec.

Pierre Arcand, ministre des Ressources naturelles et responsable de la Côte-Nord

La construction de la mine, qui doit créer des centaines d'emplois, doit débuter au printemps 2016 pour se terminer à la fin de l'année 2018. Le ministre Pierre Arcand assure que les citoyens seront informés et consultés pendant tout le processus de développement du projet.

Selon le gouvernement du Québec, le projet de 850 millions de dollars entraînera des retombées économiques d'une centaine de millions de dollars sur une trentaine d'années.

Le ministre du Développement durable et de l'Environnement, David Heurtel, a affirmé que le rapport d'analyse environnementale a confirmé que le projet est acceptable en terme de protection de l'environnement et de développement durable. « Mine Arnaud a travaillé activement pour répondre aux préoccupations de la population », a-t-il déclaré.

La très grande majorité des avis du BAPE ont été pris en considération pour l'autorisation du projet. Afin de se donner les meilleures garanties possible, 11 conditions spécifiques ont été ajoutées dans le décret.

David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
Le site du projet Mine Arnaud à Sept-ÎlesLe site du projet Mine Arnaud à Sept-Îles Photo : Radio-Canada

La compagnie Mine Arnaud a pris 17 engagements à la suite de la publication du rapport du BAPE. Et la compagnie, qui est issue d'un partenariat entre la firme norvégienne Yara international et Investissements Québec, devra respecter 11 exigences imposées par le gouvernement du Québec dans le décret environnemental qui donne le dernier feu vert au projet.

« Quand on soulève des questions liées à l'eau potable ou à la qualité de l'air, on ne peut pas prendre ça à la légère », a indiqué le ministre Heurtel. « Si aujourd'hui on est devant vous avec un décret qui autorise ce projet-là, c'est qu'on a les garanties nécessaires pour aller de l'avant et que la population peut être rassurée, que ce soit au niveau de l'eau potable, du bruit ou de la qualité de l'air », a-t-il ajouté.

Le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, a signalé qu'Investissement Québec, qui est actionnaire à 62 % du projet, réduira sa participation pour laisser place à un troisième partenaire dans le projet. La prochaine étape sera donc de trouver ce partenaire, soit un opérateur de mines.

M. Blanchette a aussi assuré que la mine embauchera de la main-d'oeuvre locale. Le directeur du projet de Mine Arnaud, François Biron a d'ailleurs affirmé que l'entreprise « travaillera au développement régional en diversifiant l'économie locale ».

Des manifestants attendaient la conférence de presse à Sept-ÎlesDes manifestants attendaient la conférence de presse à Sept-Îles Photo : Radio-Canada

Une centaine de travailleurs, des membres de Syndicat des Métallos, des entrepreneurs et des élus de la région se sont d'ailleurs réunis devant le pavillon Alouette pour la conférence de presse. Ils estiment que le projet de mine d'apatite apportera un nouveau souffle à l'économie de la région. Une poignée d'opposants étaient aussi présents afin de se faire entendre.

Une mine à ciel ouvert

La mine à ciel ouvert sera située à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Sept-Îles, dans le canton Arnaud. Il s'agit d'un vaste projet d'exploitation d'apatite, un minerai utilisé dans la fabrication d'engrais agricoles.

Mine Arnaud : création prévue d'emplois

  • 1000 emplois pendant la construction
  • 330 emplois directs
  • 450 emplois indirects

Selon nos informations, le promoteur n'aurait pas à confirmer la qualité de l'eau de la baie de Sept-Îles, ni à faire de suivi sur le lac des Rapides, qui est la source d'eau potable de la ville, située près de la future mine.

Le projet de mine ArnaudLe projet de mine Arnaud

Un projet controversé

Dès son annonce, le projet de Mine Arnaud a divisé la population de Sept-Îles. Le milieu des affaires et les syndicats estiment qu'il offrira une source de diversification économique et d'emploi, surtout dans un contexte où la chute du prix du fer touche la Côte-Nord.

Certains groupes de protection de l'environnement s'inquiètent toutefois des effets du projet sur la qualité de l'air et de l'eau, ainsi que sur la santé de la population.

En février 2014, un rapport très critique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) concluait que le projet était inacceptable tel que soumis devant l'organisme. Le promoteur a dû réaliser des études supplémentaires pour répondre aux questions soulevées par le BAPE.

Mais encore aujourd'hui, des citoyens estiment qu'il faudrait en faire davantage, notamment en fournissant un indice de qualité de l'air en continu afin de protéger la santé de la population.

« Le ministre Heurtel a fait référence à des gaz à effet de serre. Ça n'a absolument pas rapport. Le problème ici à Sept-îles, c'est un problème de particules fines. Il ne faut pas chercher à mêler les citoyens à travers tout ça. [...] Ce n'est pas parce qu'il y a respect des normes qu'il y a nécessairement respect de la santé de la population », a affirmé Louise Gagnon, du Regroupement pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles, en entrevue à 24|60.

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