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Accaparement des terres: des agriculteurs du Bas-Saint-Laurent vont se faire entendre à la commission 

Le reportage de Patrick Bergeron
Radio-Canada

Québec se penchera à partir de lundi sur le phénomène d'accaparement des terres agricoles. Péril majeur pour les uns, marginal pour les autres, pendant deux jours, la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles entendra 17 intervenants, dont quelques-uns du Bas-Saint-Laurent. Retour sur un phénomène qui inquiète de plus en plus les agriculteurs de la région.

En octobre dernier, plus d'une centaine d'agriculteurs du Kamouraska se sont réunis dans une salle communautaire. Inquiets ils s'informaient sur le groupe d'investisseurs Pangéa qui, selon les rumeurs, tente d'acquérir certaines de leurs terres

« Ce sont des fonds d'investissement qui ont des poches beaucoup plus profondes que la relève agricole », faisait valoir le président de la Fédération de la relève agricole du Québec, Pascal Hudon

Près de 5 mois plus tard, Pangéa a effectivement acheté différents lots dans la région. Les dernières acquisitions ont été faites à Saint-André et à Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

Le directeur général de la société d'exploitation agricole, Pangea, Serge FortinLe directeur général de la société d'exploitation agricole, Pangea, Serge Fortin Photo : Denis Babin/Radio-Canada

Malgré les nombreuses critiques, les dirigeants du fonds maintiennent qu'ils veulent aider à la revitalisation et à la croissance de l'agriculture.

« Nous ce qu'on veut c'est de mettre cette relève-là en place d'être capable de bâtir des entreprises d'envergure pour que les gens puissent en vivre de l'agriculture en région », confiait à Radio-Canada il y a quelques mois, le directeur général de Pangéa, Serge Fortin.

Mais, pour les producteurs agricoles bas-laurentiens, la présence de Pangéa dans la région reste inquiétante. Les transactions nuisent à la relève agricole et ont pour effet de gonfler le prix des terres.

L'UPA au front

L'UPA Bas-Saint-Laurent déposera d'ailleurs un mémoire à la commission.

Tout comme son syndical national, Gilbert Marquis souhaite que Québec limite l'acquisition de terres agricoles à 100 hectares par année, par vendeur pendant trois ans.

« On sait que ça s'en vient de plus en plus ce phénomène-là. Et nous les producteurs on en est conscient de ça, mais je pense que de l'autre côté notre gouvernement l'est moins », estime le président de l'UPA du Bas-Saint-Laurent.

Mais cette proposition ne fait pas l'affaire de tous. Le Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA) tient un tout autre discours.

« Malheureusement, on a amplifié ce problème-là depuis des années. Ce que le CEA veut exprimer, c'est de conserver la liberté de transiger des terres agricoles au niveau des producteurs parce que c'est fondamental si on veut développer l'agriculture du Québec, si on veut permettre à notre relève de s'installer en agriculture », plaide son président, Jacques Cartier.

Et, signe que le phénomène prend de l'ampleur, au moins un autre groupe d'investisseurs auraient fait l'acquisition de terres agricoles dans la région de la Mitis dernièrement.

D'après les informations recueillies par Patrick Bergeron

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