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La chronique circulation, du Vol-au-vent au Hérisson

Roger Laroche devant le Vol-au-Vent.
Roger Laroche devant le Vol-au-Vent.
Radio-Canada

Avion, cellulaire, Internet : depuis 30 ans, les chroniqueurs circulation affrontent la congestion routière avec une technologie de plus en plus sophistiquée. Mais face à eux, les bouchons croissent sans cesse, alimentés par un parc automobile en augmentation. Petite histoire d'une évolution en trois temps.

Une chronique de Pasquale Harrison-Julien, du Grand MontréalTwitterCourriel

Les années 80 : la circulation à bord d'un avion

Saviez-vous que la chronique circulation à la Première chaîne de Radio-Canada est née dans le sillon d'un conflit de travail à Montréal? Début 1980. Roger Laroche est alors journaliste aux faits divers à la radio de Radio-Canada. Une grève éclate alors à la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (aujourd'hui la Société de transport de Montréal, STM).

C'est la folie sur les routes. Le journaliste est réaffecté à la circulation, une chronique alors donnée occasionnellement à un pigiste qui écoute les ondes radio de la police. Radio-Canada nolise un avion Cessna, baptisé le « Vol-au-vent », qui décolle matin et soir de l'aéroport de Saint-Hubert.

Il y avait cette perception que nous étions en hélicoptère. Or un hélico avait un taux horaire six fois plus cher qu'un avion. C'était plus économique.

Roger Laroche

L'entraide entre collègues est cruciale, car si l'on voit très bien du haut des airs, beaucoup de changements peuvent survenir le temps de compléter une boucle. Les pilotes des différentes stations de Montréal échangent les infos par voies radio.

La réponse du public à cette nouvelle chronique est telle qu'on décide de la garder après le conflit de travail. La fierté de Roger Laroche? Après cette expérience, la chronique circulation se hisse sur un pied d'égalité avec les informations météorologiques.

Le Vol-au-vent scrutera la circulation dans les airs pendant 11 ans.

De nos archives : en 1980, prendre une heure pour traverser au pont Mercier était une nouvelle en soi. Regardez la vidéo.

Pour regarder cette vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici.


Les années 90 : le téléphone cellulaire

Au début des années 90, l'arrivée du téléphone cellulaire change la donne et ramène Roger Laroche sur terre. Des téléphones qui ressemblent au départ à du matériel de guerre.

La chronique a changé dans sa façon de détecter les événements. Dans les airs, c'était de visu. Sur la terre, nos sources étaient elles-mêmes capables de nous contacter.

Roger Laroche
La première génération de téléphone cellulaire MotorolaLa première génération de téléphone cellulaire Motorola

Le nouveau moyen de transport de Roger Laroche devient alors une voiture équipée de trois téléphones. L'un sert à être en contact avec les services de police, un autre avec Transport Québec et un troisième va ouvrir une porte jusque-là inconnue : une ligne est mise à la disposition du public pour appeler le chroniqueur à la circulation.

Encore aujourd'hui, cette communauté joue un rôle important pour Yves Desautels, celui qui occupe le siège de chroniqueur depuis 1998.

Il y a un noyau de fidèles, qui appellent soir et matin. Peut-être 25, 30 ou 40 personnes. Ils donnent de bonnes informations uniques.

Yves Desautels

Matin et soir, il arpente le Grand Montréal, à bord du « Hérisson », sobriquet donné au véhicule dans les années 90 en raison des nombreuses antennes installées sur le toit. La voiture a depuis changé, et les antennes ont disparu.

Le XXIe siècle : avec Internet, la multiplication des outils

Aujourd'hui, les téléphones sont toujours nombreux dans le « Hérisson ». Ce qui a changé depuis les 15 dernières années ne saute pas immédiatement aux yeux.

On compte en plus des modules de communication avec Transport Québec et les services de police. Et si une info devait échapper à Yves Desautels, sa collègue et copilote Ève Christian peut consulter le compte Twitter de Transport Québec pour lui donner un coup de main.

Et depuis quelques semaines, leur voix est radicalement différente en ondes. La raison : l'ajout d'une console qui leur permet de faire leurs chroniques avec un son haute définition.

Pour regarder la vidéo à l'intérieur du « Hérisson », cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Et l'avenir?

Yves Desautels craint justement que cette hypersophistication des outils technologiques ne mette en péril l'avenir de la chronique circulation.

Avant, on était les seuls, mais maintenant il y a beaucoup d'autres techniques pour avoir de l'info sur la circulation. Mais je pense que les fidèles de la radio vont quand même toujours se fier à nous.

Yves Desautels

Pour Roger Laroche, le problème se trouve ailleurs. Les bouchons de circulation de plus en plus importants viennent mettre en péril l'objectif de la chronique circulation : offrir des options de contournement pour aider l'automobiliste.

Le phénomène de l'étalement urbain, le nombre de voitures a augmenté, le réseau routier s'est détérioré; on se retrouve dans un cul-de-sac. On a beau faire le meilleur bulletin d'information, la réalité sur le terrain, c'est que ça passe, ou ça ne passe pas.

Roger Laroche, premier chroniqueur circulation à Radio-Canada

L'impression de l'ancien habitué des routes est juste : le nombre de voitures en circulation ne cesse d'augmenter, comme le montre le graphique ci-dessous.

Pour voir le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

De nos archives

En 1995, la compagnie Renault lance son système de navigation Carminat qui promet à l'automobiliste d'éviter les bouchons grâce à un logiciel qui s'insère... comme un cd-rom!



Pour voir notre reportage de 1995 sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Aujourd'hui, est-ce que le GPS a réglé vos problèmes de circulation?

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