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Canada Alpin avait enquêté sur l'entraîneur Bertrand Charest en 1998

L'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest est accusé d'agressions sexuelles.

L'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest est accusé d'agressions sexuelles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dès 1998, l'entraîneur de ski Bertrand Charest avait fait l'objet d'une enquête de la part de son employeur de l'époque, Canada Alpin. L'organisation sportive ajoute avoir été en contact avec la GRC, qui refuse de commenter.

C'est ce que l'organisation  a révélé, vendredi, confirmant que Bertrand Charest avait été à son emploi de 1996 à 1998 à titre d'entraîneur de l'équipe de développement féminine d'Alpine Canada Alpin (ACA).

Rappelons que mercredi au palais de justice de Saint-Jérôme, 47 chefs d'accusation ont été déposés contre l'entraîneur. Les faits allégués qui lui sont reprochés se sont déroulés dans les années 1990. Bertrand Charest est accusé de contact sexuel et d'agression sexuelle alors qu'il était en situation d'autorité à l'endroit de jeunes athlètes, alors âgées de 12 à 18 ans. Les événements seraient survenus à Mont-Tremblant et à l'étranger, notamment en France, en Autriche, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.

En date de mercredi, huit femmes avaient porté plainte et une neuvième s'est manifestée jeudi, mais aucune accusation supplémentaire n'a été portée contre M. Charest jusqu'ici. L'ex-entraîneur connaîtra son enquête sous caution lundi prochain, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Canada Alpin a spécifié par voie de communiqué qu'en février 1998, elle avait été avisée par une source que M. Charest avait « possiblement eu un contact inapproprié avec une membre de l'équipe ».

« Immédiatement après avoir pris connaissance de cette information, la direction de l'entraînement d'ACA a ouvert une enquête sur la plainte », est-il écrit dans le communiqué.

Canada Alpin ajoute qu'à « la suite de l'enquête initiale, M. Charest a rapidement été avisé qu'il était suspendu de ses fonctions d'entraîneur et informé qu'il ne devait plus avoir de contact avec les athlètes pendant que l'enquête se déroulait. Quelques jours plus tard, alors que l'enquête était toujours en cours, M. Charest a démissionné du poste qu'il occupait ». Il appert que sa carrière d'entraîneur au sein de Canada Alpin s'était abruptement terminée lors des Championnats du monde juniors de ski alpin qui se déroulaient en France, en 1998.

Canada Alpin révèle aussi qu'en 1998, elle avait été en contact avec la GRC et l'organisation affirme avoir « pleinement collaboré avec la GRC dans le cadre de l'enquête menée par cette dernière sur la plainte ».

Canada Alpin affirme ne pas être au courant des résultats de l'enquête de la GRC.

La GRC refuse pour sa part de confirmer qu'une enquête a bel et bien eu lieu, précisant que seules sont confirmées celles ayant donné lieu à des accusations. 

L'aide nécessaire a-t-elle été apportée?

L'organisation sportive, qui est basée à Calgary, soutient qu'elle avait fourni des services professionnels aux athlètes concernées, incluant des conseils professionnels.

Mais, de l'avis de Dominick Gauthier, ex-entraîneur de l'équipe canadienne de ski acrobatique, Alpin Canada n'a « peut-être pas agi assez fortement lorsque les rumeurs ont été assez fortes pour mettre l'entraîneur à la porte dans le milieu de la saison ».

Dans une entrevue accordée à l'émission Sous la loupe, sur les ondes d'ICI RDI, M. Gauthier estime que l'organisation sportive aurait dû tout mettre en oeuvre pour « au moins mettre fin à sa carrière d'entraîneur » et s'assurer qu'il ne revoie plus les jeunes filles présumément victimes de méfaits. 

Dominick Gauthier affirme en outre que Canada Alpin aurait dû « ouvrir la porte à ces jeunes filles-là » et les accompagner dans l'éventualité où elles auraient souhaité porter plainte. « Il y a sûrement de ce côté-là du travail qui a été très mal fait », dit l'ex-entraîneur.

M. Gauthier reconnaît être tombé amoureux d'une athlète dont il était l'entraîneur, Jennifer Heil : « Dans notre cas, ça c'est bien passé et elle n'avait pas 14 ans », dit-il.

Dominick Gauthier explique que le pouvoir d'un entraîneur sur de jeunes personnes motivées et « obsédées par leur rêve olympique » peut avoir des effets dévastateurs si les desseins de l'entraîneur ne sont pas nobles. « Il faut vraiment être prudent, je crois que les associations de sport doivent redoubler de prudence lorsqu'elles engagent un entraîneur, affirme Dominick Gauthier. Également, on doit informer les jeunes athlètes de sorte que, s'il y a des doutes, elles sachent qui contacter. Car il peut être difficile pour les athlètes de le dire à leurs parents. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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