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La Turquie détiendrait un agent à la solde du Canada

Les trois jeunes filles britanniques qui auraient joint les rangs de l'État islamique (EI)

Radio-Canada

Les autorités turques ont annoncé jeudi avoir arrêté une personne qui aurait aidé trois adolescentes britanniques à rejoindre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie, en février dernier.

Selon ce que des sources de sécurité européennes ont confié à l'agence de presse Reuters, la personne arrêtée a un lien avec le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Le quotidien turc Daily Sabah rapporte de son côté, citant des sources très proches du gouvernement turc, qu'il s'agit d'« un espion travaillant pour le Canada ».

CBC dispose pour sa part de renseignements selon lesquels ce supposé espion ne serait pas un citoyen canadien ni un employé du SCRS. Il arrive cependant que le SCRS fasse affaire avec des pigistes d'origine étrangère.

Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Steven Blaney, s'est montré avare de commentaires lorsqu'il a été questionné sur cette histoire à la Chambre des communes jeudi. M. Blaney a dit : « Effectivement, je suis au courant de ces histoires, maintenant [...] je n'ai pas l'habitude de commenter les activités en matière de sécurité nationale. »

Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, Mevlut CavusogluAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, Mevlut Cavusoglu

Photo : AP/Petros Karadjias

Le suspect arrêté par la Turquie aurait aidé les trois jeunes filles britanniques à se joindre au groupe armé État islamique, en dépit du fait qu'il « travaillait pour le service de renseignement d'un pays de la coalition », a expliqué le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Ce dernier n'a pas nommé le pays en question, mais il a précisé qu'il ne s'agissait ni des États-Unis ni d'un membre de l'Union européenne.

Le Canada fait partie de la coalition internationale menée par les États-Unis pour lutter contre l'EI, aux côtés du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique, des Pays-Bas, du Danemark, de l'Arabie saoudite, du Bahreïn, de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, du Qatar, de la Turquie, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Pas un agent, croit un expert

Pour Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale, il est possible que l'individu soit un informateur, mais il ne croit pas que ce soit un agent du SCRS. « J'étais un agent du SCRS. Je n'aurais pas eu la capacité, ou l'autorisation devrais-je dire, de faire ce type de travail pour le Canada », a-t-il déclaré en entrevue à 24/60.

Selon lui, il est du domaine du possible que des agents aient des contacts avec des passeurs sur le terrain dans des pays étrangers. « C'est la même chose que d'avoir des informateurs de très haut calibre dans le crime organisé », explique-t-il.

Or il précise que la loi interdit aux agents de diriger leurs sources en leur demandant de commettre des actes criminels. « Cela dit, on n'a pas affaire à des enfants de chœur. Donc, une fois qu'ils nous ont quittés, ils peuvent très bien retourner dans leur milieu et faire des activités terroristes ou criminelles », relate l'ex-agent.

Anne-Marie Dussault parle de cette affaire avec notre journaliste Manon Globensky et avec l'expert en sécurité nationale Michel Juneau-Katsuya.

Par ailleurs, ces informateurs pourraient, selon Michel Juneau-Katsuya, mener de telles activités criminelles pour garder la confiance du groupe sur lequel les services de renseignements tentent d'obtenir des données. D'autre part, il est possible qu'un informateur essaie de dissimuler le fait qu'il mène de telles activités.

Finalement, l'expert estime que, s'il s'avérait que la personne était véritablement un informateur du SCRS, ça ne devrait pas nuire aux relations du Canada avec ses collaborateurs étrangers. Selon lui, le pays aurait dans un tel cas une discussion franche avec ses alliés.

Un départ qui a causé des tensions

Les trois jeunes Britanniques, âgées de 15 et de 16 ans, étaient parties de Londres sur un vol à destination d'Istanbul. Une enquête menée par Ankara a par la suite révélé qu'elles avaient pris un bus qui les avait conduites jusqu'à Sanliurfa, une ville située non loin de la frontière syrienne.

Le suspect qui les aurait aidées dans leur périple est détenu depuis une semaine par les autorités turques selon des sources gouvernementales qui ont refusé d'être identifiées.

Le départ de ces trois jeunes filles et leur passage probable au sein de l'EI ont causé des tensions entre le Royaume-Uni et la Turquie. Celle-ci a accusé la Grande-Bretagne de ne pas l'avoir informée suffisamment tôt du périple des trois adolescentes, ce qui a fait en sorte qu'Ankara n'a pu les empêcher de franchir la frontière syrienne.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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