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Meurtre de Boris Nemtsov : enquête, torture et intimidation

Anzor Gubashev, accusé dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Noris Nemtsov.

Anzor Gubashev, accusé dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Noris Nemtsov.

Photo : Reuters / Tatyana Makeyeva

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Parlement européen réclame une « enquête internationale indépendante » sur l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov, estimant que l'indépendance du pouvoir judiciaire n'est « pas respectée » en Russie. Pendant ce temps, à Moscou, l'enquête sur ce meurtre ne manque pas de rebondissements.

Un texte de Raymond Saint-PierreCourriel

Un membre du Conseil consultatif sur les droits de l'homme, Andrei Babouchkine, a révélé hier que trois des accusés du meurtre de Boris Nemtsov avaient été torturés, et que le principal suspect est revenu sur ses aveux. À la suite de cette entrevue accordée à Radio-Canada, M. Babouchkine a reçu l'ordre de se taire.

L'affaire semblait pourtant réglée la fin de semaine dernière : cinq accusés étaient en prison, et le principal suspect, Zaour Dadaiev, avait avoué avoir assassiné Boris Nemtsov, selon la juge chargée de l'affaire. Une enquête rapide et bien ficelée.

C'était avant que le membre de la Commission des droits de l'homme auprès du Kremlin, Andrei Babouchkine, visite les accusés en prison.

« Il est important que l'enquête sur l'assassinat se déroule dans le respect, la transparence et l'honnêteté, mais ce que nous concluons, c'est que Dadaiev a avoué sous la pression », a raconté M. Babouchkine mercredi soir, au cours d'une entrevue avec le correspondant de Radio-Canada à Moscou.

En fait, Andrei Babouchkine parle carrément de torture pour trois des cinq accusés, gardés deux jours avec un sac sur la tête, privés de nourriture, sommés de reconnaître leur culpabilité, sans avocat.

« On ne veut pas de torture en Russie, on demande une enquête là-dessus. »

— Une citation de  Andrei Babouchkine
Un membre du Conseil consultatif sur les droits de l'homme, Andrei Babouchkine
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Un membre du Conseil consultatif sur les droits de l'homme, Andrei Babouchkine

Photo : Radio-Canada

Au cours des heures qui ont suivi cette entrevue, tard dans la nuit, des membres du comité d'enquête sur l'assassinat de Nemtsov ont rendu visite à M. Babouchkine, l'enjoignant à ne plus se mêler de cette enquête tant qu'elle ne serait pas terminée. Ils lui ont dit qu'il était maintenant considéré comme témoin dans cette affaire, donc qu'il ne pourrait plus rencontrer les accusés.

Enfin, on l'a sommé de ne plus parler aux journalistes... tout cela bien poliment, insiste-t-il.

Trouver les commanditaires

Ilya Yashine est coprésident du mouvement Solidarnost. L'autre président était Boris Nemtsov. Pour M. Yashine, que les accusés soient coupables ou non, il faut trouver ceux qui ont commandité l'assassinat, et il doute que ce soit possible.

« On ne pense pas qu'on va retrouver ceux qui ont tiré les ficelles; ils sont sûrement très haut placés dans la structure de l'État, avance M. Yashine. En vérité, ils sont inatteignables dans notre pays. »

Lui aussi demande plus de transparence dans cette enquête qui soulève de plus en plus de questions.

Le comité d'enquête gouvernemental sur la mort de Nemtsov, lui, considère toujours que les accusés qu'il détient sont bel et bien derrière le meurtre de Boris Nemtsov.

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