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Traiter l'alzheimer avec des ultrasons

À gauche, le cerveau d'une personne de 70 ans atteinte de l'alzheimer. À droite, le cerveau d'une personne de 70 ans qui ne présente aucune trace de la maladie.

À gauche, le cerveau d'une personne de 70 ans atteinte de l'alzheimer. À droite, le cerveau d'une personne de 70 ans qui ne présente aucune trace de la maladie.

Photo : Université de Washington

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des souris de laboratoire ont retrouvé la mémoire après des traitements aux ultrasons qui ont permis d'éliminer une partie des plaques de protéines responsables de la maladie d'Alzheimer.

Le Dr Jürgen Götz et ses collègues de l'Institut du cerveau de l'Université de Queensland, en Australie, pensent que leurs travaux ouvrent la voie à un nouveau traitement des malades atteints de cette dégénérescence cérébrale pour le moment incurable.

Le recours aux ultrasons

Les ultrasons sont aussi utilisés pour faire des échographies ou pour briser des calculs rénaux (pierres aux reins), par exemple. Dans le cas présent, ils stimulent certaines cellules du système immunitaire dans le cerveau pour qu'elles ingèrent les plaques de protéines bêta-amyloïdes, apparemment responsables de la maladie.

À ce jour, le traitement de l'alzheimer et de nombreuses autres affections cérébrales reste difficile, en raison surtout d'une barrière naturelle formée par une couche étanche de cellules qui protègent le cerveau contre les infections, mais qui bloquent aussi les médicaments.

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont utilisé des ultrasons et injecté des microbulles dans le sang pour pénétrer cette barrière. Celles-ci vibrent sous l'effet des ondes sonores à haute énergie, ce qui permet d'ouvrir brièvement la barrière protectrice du cerveau.

Cette brèche permet d'accroître le nombre de cellules du système immunitaire pouvant atteindre les tissus cérébraux et, le cas échéant, d'acheminer des médicaments.

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Les travaux

Cette technique innovatrice a été utilisée pendant plusieurs semaines sur des souris atteintes d'alzheimer. Résultat: les plaques d'amyloïdes ont disparu chez 75 % des rongeurs, sans endommager leur tissu cérébral.

En comparaison avec le groupe témoin, les souris traitées avec un balayage d'ultrasons ont aussi fait preuve d'une meilleure mémoire dans trois tests, dont ceux du labyrinthe et de reconnaissance d'un nouvel objet.

De l'espoir

Cette méthode non effractive en est encore à un stade préliminaire, mais elle pourrait offrir un jour une stratégie de traitement de l'alzheimer et d'autres maladies neurodégénératives impliquant une accumulation anormale de protéines dans le cerveau, estime le Dr Götz.

Les auteurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Science Translational Medicine, espèrent tester leur technique sur des moutons chez qui on aura induit l'équivalent de la maladie d'Alzheimer.

L'emploi d'ultrasons et de microbulles n'avait jusqu'alors été testé que chez des singes.

Si les résultats obtenus sur les souris peuvent être reproduits chez l'homme, « cette technique révolutionnera peut-être les traitements touchant le cerveau humain », affirme Kullervo Hynynen, un biophysicien de l'Institut de recherche Sunnybrook de Toronto, qui est le premier à avoir avancé l'idée de cette méthode impliquant des ultrasons.

Contre le cancer

Ce mois-ci, le neurochirurgien Todd Mainprize, de l'Université de Toronto, recourra aux ultrasons pour pratiquer une brèche temporaire dans la protection cérébrale d'un malade, afin d'acheminer vers une tumeur une dose de médicaments faisant partie d'une chimiothérapie. Il s'agira d'un des premiers essais cliniques de la technique.

Avec les informations de Agence France-Presse

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