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Royaume-Uni : comment attraper un terroriste en six étapes

Capture d'écran du site du GCHQ

Capture d'écran du site du GCHQ

Photo : Cassandra Vinograd

Radio-Canada

Le Government Communications Headquarters (GCHQ), l'agence de surveillance britannique, a publié sur son site Internet un guide expliquant comment « attraper un terroriste », au moment où le pays est engagé activement dans la lutte contre le groupe armé État islamique.

Ce petit guide, intitulé « Comment est-ce qu'un analyste attrape un terroriste », présente en six étapes un exemple fictif du travail des analystes du GCHQ lorsqu'ils doivent identifier un suspect.

Le scénario débute lorsqu'une source au sein du MI6 - le service de renseignement extérieur - rapporte avoir vu un individu au sein de l'EI (appelé le facilitateur) remettre à un inconnu une enveloppe contenant un texte en arabe et un message annonçant « un carnage à Londres ».

Cette source affirme que l'inconnu parle anglais et arabe, et qu'il possède un téléphone cellulaire ordinaire et une tablette électronique dernier cri.

Les analystes du GCHQ entament alors un travail fondé « sur des renseignements fragmentaires » utilisés pour « établir des théories et mener des recherches complexes en les confrontant aux données du GCHQ », pour tenter d'identifier l'inconnu.

Par exemple, les analystes tentent de retracer les appels que le facilitateur a effectués dans la période qui correspond à la rencontre, et examinent l'heure, la durée et les numéros des appels.

Ils croisent ensuite ces renseignements avec d'autres données – comme l'utilisation d'une tablette associée à un téléphone cellulaire – pour tenter de réduire le nombre de candidats correspondant à l'inconnu.

Par la suite, ils examinent l'activité en ligne des candidats possibles afin de voir si le comportement correspond à celui d'un « extrémiste » typique.

Lorsqu'un individu a été ciblé, l'information est transmise aux services policiers, qui font le suivi pour la surveillance.

Le service de surveillance dépend des métadonnées

Le GCHQ admet utiliser les métadonnées des appels courants des citoyens, mais prend le soin de spécifier qu'elle n'emploie que ces métadonnées (heure et durée de l'appel, numéro composé) et non le contenu : « Les métadonnées concernent seulement les renseignements sur les communications, dont l'information utilisée pour acheminer celles-ci. Le contenu, c'est-à-dire le message en tant que tel, n'est pas employé », peut-on lire.

Le GCHQ insiste aussi sur le fait que chaque demande d'information doit être justifiée et respecter les lois, à chaque étape du processus. Dans un courriel à l'Agence France-Presse, un porte-parole du GCHQ indique que ce guide « montre la culture de respect des lois qui dicte les actions du GCHQ ».

Le GCHQ est sous le feu des critiques depuis les révélations de l'ancien analyste américain de la NSA Edward Snowden sur l'étendue de ses actions en matière de surveillance de données téléphoniques.

En janvier, le quotidien britannique The Guardian a pour sa part accusé le GCHQ d'avoir espionné les courriels de journalistes de nombreux médias.

Mardi, le ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond, a déclaré qu'il comptait faire passer une nouvelle loi juste après les élections générales de mai, si les conservateurs sont toujours au pouvoir.

Cette loi « donnerait à nos agences, de façon claire et transparente, les pouvoirs dont elles ont besoin et permettrait de s'assurer que notre système de surveillance reste à jour par rapport aux changements technologiques tout en répondant aux préoccupations de nos citoyens », a-t-il dit.

De son côté, le premier ministre David Cameron a multiplié les appels au renforcement des méthodes de surveillance après les attentats djihadistes commis en janvier à Paris, qui ont fait 17 morts.

Avec les informations de Agence France-Presse

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