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Gogama : la hausse du transport de pétrole par train en partie responsable des accidents, croient des experts

Travaux de réparation des rails près de Gogama

Travaux de réparation des rails près de Gogama

Photo : Yvon Thériault

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les catastrophes comme celles de Gogama, dans le nord de l'Ontario, pourraient bien se reproduire si le transport de pétrole brut par train continue d'augmenter aussi rapidement au Canada, estiment des experts.

Un texte de Valérie OuelletTwitterCourriel

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ont maintenant un « accès complet » au site du déraillement. L'incendie qui y faisait rage depuis samedi a été maîtrisé hier soir. « Nous examinons les wagons-citernes, le rail et les infrastructures, indique le BST. Nous faisons la collecte de toutes les informations disponibles, nous prenons des photos et nous obtenons des échantillons. » 

Selon l'ancien directeur de la sécurité ferroviaire pour le BST, Ian Naish, la forte demande en pétrole brut est en partie responsable de l'augmentation des déraillements au pays en 2014.

À son avis, l'accident de Gogama est une conséquence de la hausse du transport de marchandises dangereuses au pays.

Il y a plus de matières dangereuses transportées par train au pays et plus de trains impliqués dans des déraillements. De plus, le nombre d'accidents impliquant précisément des trains transportant des matières dangereuses est aussi à la hausse.

Une citation de :L'ancien directeur de la sécurité ferroviaire pour le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), Ian Naish

L'expert en sécurité ferroviaire affirme qu'il y aura toujours des déraillements, mais que « la question reste à savoir si les wagons peuvent encaisser les dommages et contenir les fuites, ou s'il y aura des déversements et des incendies. »

Nous ne savons pas encore quelle proportion des wagons qui ont déraillé en 2014 respectait les nouvelles normes de résistance aux chocs mises en place par Ottawa après la tragédie de Lac-Mégantic.

Hausse record du transport de combustible par train

Entre 2009 et 2014, le transport de pétrole brut et de mazout par voie ferroviaire a triplé au Canada, passant d'un peu plus de 5 millions de tonnes à 15,4 millions de tonnes, selon des données transmises par Statistiques Canada.

97 % de la production de pétrole brut au Canada est exportée aux États-Unis, par pipeline ou par chemin de fer, et traverse les Prairies et le nord de l'Ontario.

Cliquez ici pour voir notre graphique (Nouvelle fenêtre).

Une solution pratique, mais risquée

Durant cette même période, le nombre de déraillements de trains transportant des marchandises dangereuses au pays a aussi augmenté, particulièrement en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario.

Le taux total des accidents par miles parcourus calculé par le BST a également augmenté de 4 % entre 2013 et 2014.

Cliquez ici pour voir notre graphique (Nouvelle fenêtre).

Selon Nathan Lemphers, étudiant au doctorat en politiques énergétiques à l'Université de Toronto, la solution du transport par train est attirante parce qu'elle offre un réseau étendu et la possibilité d'acheminer le pétrole au plus offrant facilement. Par contre, les explosions et les déraillements sont toujours des risques.

Les compagnies veulent un nouveau pipeline parce que la structure souterraine actuelle ne répond plus aux besoins, la demande est trop grande. En attendant, il faut envoyer le surplus en train, ce qui est beaucoup plus risqué et plus coûteux aussi.

Une citation de :Nathan Lemphers, étudiant au doctorat en politiques énergétiques à l'Université de Toronto

Transports Canada rapporte que le nombre de wagons remplis de pétrole circulant sur les chemins de fer au Canada est passé de 340 en 2010 à plus de 53 000 en 2012.

Les convois sont de plus en plus longs, avec des équipages réduits, un fait d'ailleurs remarqué par plusieurs résidents de Gogama.

Impossible d'éviter les déraillements

Cette opinion est partagée par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), qui a ajouté que le transport de liquides inflammables par rail figure sur sa liste de surveillance depuis plusieurs années en raison de l'augmentation du transport de pétrole brut et de la vulnérabilité des wagons de transport.

Selon un rapport présenté au BST en janvier 2014, certains pétroles peuvent présenter des taux de vaporisation plus élevés à température et pression ambiantes, ce qui « peut mener à une élévation plus importante que prévu de la pression des gaz dans les wagons-citernes et augmenter le risque en cas d'accident. »

L'enquêteuse principale du BST, Nathalie Lepage, admet qu'il est impossible d'éviter tout déraillement. Il est par contre possible de mieux sécuriser les wagons pour qu'il n'y ait pas d'incendie ou d'explosion lorsqu'un accident ferroviaire survient.

Nous avons déjà averti Transport Canada que les nouvelles normes ne suffisaient pas, il fallait plus de protection. Nous voulons des boucliers protecteurs complets, une amélioration des raccords et de l'acier des wagons encore plus épais.

Une citation de :L'enquêteuse principale ferroviaire au BST, Nathalie Lepage

Selon elle, ces mesures auraient pu mieux protéger les wagons et peut-être éviter le déversement et l'incendie qui sont les conséquences du déraillement de Gogama.

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