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Cuba dénonce les sanctions américaines contre le Venezuela

À Caracas, un motocycliste passe devant un graffiti sur lequel on peut lire : « Gringo, respectez-nous ».

À Caracas, un motocycliste passe devant un graffiti sur lequel on peut lire : « Gringo, respectez-nous ».

Photo : Jorge Silva / Reuters

Radio-Canada

La décision du président Barack Obama de classer le Venezuela comme une menace pour la sécurité des États-Unis et d'imposer des sanctions à sept membres de l'administration Madur, accusés de violation des droits de l'homme, constitue un premier obstacle sur la route de sa réconciliation avec Cuba.

Dans un texte publié mardi par les médias locaux, le gouvernement castriste dénonce cette décision « agressive et arbitraire », prise selon lui en représailles aux mesures adoptées par le Venezuela « en défense de sa souveraineté face à l'ingérence d'autorités gouvernementales et du Congrès américain ».

La Havane y renouvelle « son soutien inconditionnel, ainsi que celui de [son] peuple, à la Révolution bolivarienne, au gouvernement légitime du président Nicolas Maduro et au peuple frère et héroïque du Venezuela ».

Personne n'a le droit d'intervenir dans les affaires internes d'un État souverain ni à déclarer, sans aucun fondement, qu'il est une menace à sa sécurité nationale.

extrait d'un texte signé par le gouvernement cubain

Le gouvernement cubain affirme en outre que « la gravité de cette décision exécutive a mis en état d'alerte les gouvernements d'Amérique latine et des Caraïbes. Les présidents de la Bolivie et de l'Équateur, Evo Morales et Rafael Correa, ont effectivement apporté leur soutien à Caracas.

Les États-Unis tentent toujours de normaliser leurs relations avec Cuba, en vertu d'une entente annoncée en décembre dernier. Les négociations entre les deux pays ont commencé en janvier.

À Caracas, un homme est assis devant un graffiti représentant les États-Unis, et sur lequel on peut lire les mots « Impérialisme » et « Traître ».

À Caracas, un homme est assis devant un graffiti représentant les États-Unis, et sur lequel on peut lire les mots « Impérialisme » et « Traître ».

Photo : Jorge Silva / Reuters

Maduro dénonce une « agression impérialiste »

Dans un discours de deux heures retransmis lundi soir par la radio et la télévision, le président vénézuélien a dénoncé une « agression impérialiste » qui constitue, selon lui, « le coup le plus agressif, injuste et néfaste jamais donné contre le Venezuela ».

Nicolas Maduro a aussi annoncé son intention de demander mardi des pouvoirs spéciaux à l'Assemblée nationale pour la deuxième fois depuis le début de son mandat, entamé en 2013.

Vous n'avez pas le droit de nous agresser et de déclarer que le Venezuela est une menace pour le peuple des États-Unis; la menace pour le peuple américain, c'est vous.

Nicolas Maduro, président du Venezuela

« Le président Barack Obama [...] a décidé de se charger personnellement de renverser mon gouvernement et d'intervenir au Venezuela pour en prendre le contrôle », a encore dit Nicolas Maduro dans ce discours prononcé sur un ton incendiaire.

Il a par ailleurs félicité les sept hauts fonctionnaires sanctionnés, qu'il a qualifiés de « héros », et a nommé le chef des services de renseignement Gustavo Gonzalez au poste de ministre de l'Intérieur.

La ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a pour sa part annoncé le rappel du chargé d'affaires à Washington, Maximilien Rodriguez, pour consultations.

Les autorités vénézuéliennes accusent de longue date les diplomates américains en poste à Caracas de chercher à fomenter des troubles pour le compte de l'opposition libérale, voire un coup d'État.

Dans un courrier publié par la presse locale, l'ex-président Fidel Castro a félicité Nicolas Maduro pour ce « discours courageux et brillant face aux plans brutaux » du gouvernement américain. « Tes mots entreront dans l'histoire comme une preuve que l'humanité peut et doit connaître la vérité », ajoute-t-il. 

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez, il y a 15 ans, le Venezuela est devenu le principal soutien politique et économique de Cuba.

Une première étape vers un régime de sanctions

Le décret classant le Venezuela comme une menace pour la sécurité des États-Unis constitue vraisemblablement une première étape vers l'instauration d'un régime de sanctions. La même mesure a été prise contre la Syrie et l'Iran, ont précisé lundi des responsables américains.

Parmi les sept hauts fonctionnaires visés par les sanctions américaines figurent le chef des services de renseignement, Gustavo Gonzalez, le directeur de la police nationale, Manuel Perez, et un ancien commandant de la Garde nationale, Justo Noguero, qui dirige aujourd'hui la compagnie minière publique CVG.

Trois officiers de l'armée et un procureur sont aussi visés.

« Les responsables vénézuéliens, actuels ou anciens, qui violent les droits des citoyens vénézuéliens et sont impliqués dans des actes de corruption publique n'ont pas leur place ici, et nous avons désormais les outils pour bloquer leurs avoirs et leur utilisation des systèmes financiers américains », a écrit Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche, dans un communiqué.

« Nous sommes très préoccupés par les efforts du gouvernement vénézuélien visant à intimider toujours davantage les opposants politiques. Les problèmes du Venezuela ne pourront être résolus en criminalisant l'opposition », ajoutait-il.

La Maison-Blanche a aussi appelé Caracas à libérer tous les prisonniers politiques, notamment les « dizaines d'étudiants » arrêtés lors de manifestations antigouvernementales.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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