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Une exposition d'art souterrain sous surveillance

L'exposition Art souterrain est présentée jusqu'au 15 mars à Montréal.
L'exposition Art souterrain est présentée jusqu'au 15 mars à Montréal. Photo: Julie Marceau
Radio-Canada

La 7e événement Art souterrain qui porte sur le thème « La sécurité, que reste-t-il de nos espaces de liberté? » suscite beaucoup de réactions, selon le commissaire principal de l'exposition Frédéric Loury. 

Un texte de Julie MarceauTwitterCourriel

« C'est la première fois que je sens une véritable volonté de la part des gens de s'exprimer. Au-delà du côté ludique, le résultat final préoccupe », explique-t-il. 

Outre les réactions du public, l'exposition a aussi provoqué de l'inquiétude chez les gestionnaires des édifices où les oeuvres sont exposées. L'une des créations a failli ne pas être présentée, alors que plusieurs ont dû être déplacées à la dernière minute.

Pour voir la vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Des fonctionnaires du Complexe Guy-Favreau ont demandé le retrait de l'oeuvre de l'artiste haïtien Stanley Février. Celle-ci comprend 26 pistolets peints en blancs pour illustrer les 26 victimes d'une tuerie. 

« On a une délégation de fonctionnaires des ministères de la Justice et de l'Immigration qui sont venus à notre rencontre de façon très officielle pour nous demander d'enlever l'œuvre, de les retirer immédiatement [les pistolets] ou de les couvrir d'un drap », explique M. Loury.

C'est très sensible. Il y avait un malaise général chez ces personnes

Fédéric Loury, commissaire principal d'Art souterrain

Pour voir la vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

« Ce qu'on illustre ici c'est que personne n'est à l'abri de la folie meurtrière d'un individu », dit-il. Après avoir expliqué la thématique aux fonctionnaires, ceux-ci ont finalement accepté de garder l'oeuvre telle quelle.

D'autres édifices ont aussi été frileux à l'idée d'accueillir l'exposition : « Je vous dirais que plus de 15 % des oeuvres ont dû être changées d'emplacement une semaine avant l'événement ».

Le commissaire explique que le thème de la sécurité a été choisi bien avant le débat sur le projet de loi C-51, les événements d'Ottawa, de Saint-Jean-sur-Richelieu ou de Charlie Hebdo

L'artiste new-yorkais Clément Valla récupère des photos de Google Earth illustrant les distorsions du système informatique.L'artiste New-yorkais Clément Valla récupère des photos de Google Earth illustrant les distorsions du système informatique. Photo : Julie Marceau

« À l'issue de beaucoup d'événements malheureux, autant dans les pays occidentaux que dans la péninsule arabique, les gouvernements mettent en place des règlements, des décrets, des procédures, ils investissent des centaines de millions, voire des milliards, pour nous protéger. On a donc aujourd'hui moins d'espaces de liberté ».

Il est très important de faire une distinction entre notre capacité à vouloir du confort et que ça se fasse au détriment de nos libertés

Frédéric Loury, commissaire principal d'Art souterrain

Dans le cadre de l'événement, les Montréalais peuvent découvrir 65 œuvres réparties dans un parcours souterrain de 6 kilomètres allant de la Place des Arts au Centre Eaton, en passant par le Complexe Guy-Favreau. En plus de visites guidées, des activités familiales et des performances artistiques sont offertes.

  • 65 artistes canadiens et internationaux
  • 100 000 visiteurs par jour en 2014
  • 6 kilomètres de circuit·
  • 12 édifices

Pour écouter le reportage audio de Julie Marceau, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Arts