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Raïf Badawi : l'Arabie saoudite rejette les critiques internationales

Le blogueur Raïf Badawi

Le blogueur Raïf Badawi

Photo : Amnesty International Canada

Radio-Canada

L'Arabie saoudite dénonce pour la première fois les nombreuses critiques internationales suscitées par la flagellation du blogueur saoudien Raïf Badawi.

Dans un communiqué transmis samedi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a vivement dénoncé « la campagne médiatique » autour de cette affaire.

« Le royaume n'accepte aucune forme d'ingérence dans ses affaires internes et rejette [...] l'atteinte à l'indépendance de sa justice », écrit-il.

Selon le ministère, le royaume n'accepte pas « d'être critiqué au nom des droits de l'homme, car sa propre Constitution, fondée sur la charia (loi islamique), garantit à l'homme ses droits ».

Un signe d'agacement du régime, croit Amnistie internationale

« On sent très bien qu'ils sont agacés et qu'ils ne savent plus trop quoi faire avec Raïf Badawi », a déclaré Mireille Elchacar, coordonnatrice d'Aministie internationale en Estrie, alors que la femme et les trois enfants du blogueur se sont réfugiés à Sherbrooke.

« Je ne pense pas que l'Arabie saoudite va régler le cas de Raïf Badawi sur la place publique, il faudra que ça se fasse peut-être avec les autorités canadiennes. Là où on a le droit et le devoir d'agir, c'est quand les États ne respectent pas les droits fondamentaux de leurs populations et c'est clairement le cas ici. Pour nous, il y a clairement un signe que nous avons commencé à entamer un dialogue sur ces questions », a-t-elle ajouté.

Condamné pour insulte à l'islam

Raïf Badawi, 31 ans, est emprisonné depuis 2012. Il a été condamné en novembre à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet pour insulte à l'islam.

Sur son site web (Liberal Saudi Network), le blogueur avait demandé la fin de l'influence religieuse en Arabie saoudite. Le pays est régi par le wahhabisme, une stricte version de l'islam, qui donne notamment au clergé le contrôle du système de justice.

Raïf Badawi a subi 50 premiers coups de fouet le 9 janvier. Les séances suivantes ont été repoussées, d'abord pour des raisons de santé, puis pour des raisons non précisées. 

Son cas a soulevé l'indignation à travers le monde. L'ONU a notamment dénoncé la sentence, qu'elle qualifie de « cruelle et inhumaine ».

Raïf Badawi s'est vu accorder le prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse en 2014. Sa famille est réfugiée à Sherbrooke.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International