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Le surdoué connaît aussi l'échec scolaire

Un bureau d'élève
Radio-Canada

Avoir une intelligence hors du commun ne signifie pas pour autant tout réussir, et haut la main. Certains jeunes rencontrent de grandes difficultés à l'école, et les programmes scolaires qui leur sont réservés sont rares.

Un texte d'Akli Ait-AbdallahTwitterCourriel à Désautels le dimanche

Pour Bob, c'est comme ça tous les jours : réveil tranquille, petit déjeuner sans trop se presser, et puis début des cours en pyjama, sur la table du salon, avec maman. Quand Bob a commencé à faire de la résistance contre l'école il y a deux ans, Véronique a quitté son emploi d'économiste pour celui d'enseignante à domicile.

Il me disait tous les jours qu'il s'ennuyait à l'école, qu'on n'y apprenait rien. Il avait aussi des problèmes de socialisation avec les enfants de sa classe.

Véronique, maman et enseignante de Bob

Bob a 9 ans, et un quotient intellectuel qui fait de lui un enfant à haut potentiel, en d'autres mots un surdoué, un de ces petits génies dont on croit trop souvent qu'ils vont traverser l'école et la vie avec la foulée des grands champions. Bob est passionné de calculs mathématiques, de science, de fiction et de science-fiction.

Ma grand-mère m'a abonné à Sciences et vie junior. Ils ont des trucs vraiment bien, par exemple la traque à la matière noire, ou comment mesurer le QI d'un extra-terrestre.

Bob, 9 ans

Pour entendre Bob parler de ses lectures sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Ce matin, Bob s'est plongé dans son étude d'impact budgétaire avec plein de paramètres de couleur pour illustrer la fluctuation du coût des médicaments.

Pour écouter Bob expliquer pourquoi il n'aime pas l'école sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

« Pour les enfants à haut potentiel qui sont de bons élèves, il existe des solutions », constate Véronique, la mère de Bob, qui est aussi membre de Haut potentiel Québec, une association fondée en 2012 par des parents d'enfants doués, lesquels représenteraient de 1 % à 5 % de la population, selon les études. « Mais pour ceux qui ont des difficultés, pourtant typiques de la douance, c'est compliqué », ajoute-t-elle.

Pour écouter Véronique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

À Montréal, il n'existe qu'une seule école primaire exclusivement réservée aux « élèves doués et talentueux », l'école publique Fernand-Seguin, dont l'orientation scientifique provoque chaque année une ruée de candidats. Pour gagner son sésame, et espérer faire partie des 300 élus, il faut d'abord se soumettre à des tests administrés par des psychologues. 

Ailleurs, l'offre est plutôt mince. Il « reste les écoles alternatives, ou encore les écoles privées, pour ceux qui en ont les moyens », précise Vicky Laniel, présidente de Douance Plus, un organisme qui prodigue ressources et conseils en la matière.

Écoutez le reportage d'Akli Ait-Abdallah à Désautels le dimanche.

En septembre dernier, l'école Paul-Gérin-Lajoie-d'Outremont, à Montréal, a inauguré une classe de 1re secondaire « spéciale douance ». Comme à Fernand-Seguin, les élèves sont triés sur le volet. Rythme accéléré pour passer en revue le programme du ministère, mais aussi plus de projets, plus de conférences, plus de sorties, des partenariats avec les universités et l'Office national du film.

Unique au Québec, l'expérience relève de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), qui s'est d'ailleurs dotée d'une politique en vigueur dans toutes les classes de son territoire.

Pour en apprendre davantage sur la politique de la CSMB et écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Selon Sébastien Tardif, directeur adjoint aux ressources éducatives à la CSMB, cette politique commence à porter ses fruits et sauve tous les jours de nombreux élèves doués de la tentation du décrochage. Rien de paradoxal, disent les parents comme les spécialistes. Les « bolés » sont des enfants comme les autres. Il faut s'en occuper.

Est-ce que le Québec devrait se doter d'une politique pour mieux répondre aux besoins des enfants doués? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous.

Société