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Des voix s'élèvent pour défendre un étudiant expulsé à Edmundston

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Des Fransaskois ont accepté de partager leurs réflexions à l'occasion de la fête des Mères.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'histoire d'un étudiant d'Edmundston qui est forcé de quitter son loyer en raison des soupçons « d'activité de drogue illégale » qui pèsent contre lui soulève plusieurs réactions au Nouveau-Brunswick.

Jimmy-Lee ThibaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jimmy-Lee Thibault

Photo : Étienne Dumont

Dans les médias sociaux, plusieurs appuient le jeune de 22 ans qui dit ni consommer, ni faire le trafic de drogue et qui a été forcé de quitter son appartement après avoir reçu un avertissement relatif à la sécurité des communautés de la part du ministère de la Sécurité publique provincial.

Depuis cinq ans, les autorités peuvent forcer l'éviction de gens soupçonnés d'activités criminelles sans passer par de longues procédures judiciaires.

Entre juin 2010 et décembre 2014, cette unité du ministère de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, qui agit en vertu de Loi visant à accroître la sécurité des communautés et des voisinages, a reçu 1200 dénonciations d'un peu partout au Nouveau-Brunswick.

En fait, il s'agit d'appels de citoyens qui restent anonymes. Les enquêteurs comme Mario Déry ont servi 270 avertissements à des personnes soupçonnées d'activités criminelles.

M. Déry, un ancien sergent de la Gendarmerie royale du Canada affirme qu'après avoir reçu une plainte valide sur une personne et une enquête proprement menée, il peut prendre de trois semaines à un mois avant de voir la personne déménager.

Jimmy-Lee ThibaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'appartement dont est expulsé Jimmy-Lee Thibault, rue Bellevue à Edmundston

Photo : Étienne Dumont/Radio-Canada

« On ne tient pas pour acquis tout ce que le monde nous dit. On fait notre enquête. Une enquête approfondie. Et lorsqu'on sert un avertissement, c'est parce que nous, les enquêteurs, on est convaincus qu'il y a des activités illégales qui se passent à cette location-là », affirme M. Déry.

De leur côté les forces de l'ordre apprécient ce système de dénonciation anonyme. Le chef adjoint d'une police municipale explique qu'une enquête en bonne et due forme peut prendre plusieurs mois et ne pas donner de résultats concrets. Alors qu'une simple plainte à l'Unité sur la sécurité des communautés peut mener à l'expulsion du suspect.

Une loi qui en mène large

La loi du Nouveau-Brunswick adoptée pour accroître la sécurité des citoyens peut mener à des dérapages, estime un professeur de droit.

Un étudiant d'Edmundston, Jimmy-Lee Thibault, dit avoir été expulsé de son logement parce que les autorités le soupçonnaient de faire des « activités de drogue illégales ». Il soutient qu'il ne vend pas de drogue et qu'il n'en consomme pas non plus.

Michel Drapeau, professeur de droit à l'Université d'Ottawa, s'est intéressé à la loi visant à accroître la sécurité des communautés et des voisinages. Selon lui, cette loi donne beaucoup de pouvoir aux dénonciateurs.

« On croit toujours, et la loi est faite de cette façon-là, que les gens agissent de bonne foi. Mais, même les gens qui agissent de bonne foi peuvent se tromper, et lorsqu'ils se trompent, ils peuvent créer un préjudice. La loi fait fi des droits d'autres personnes : la vie privée, de vivre à sa façon, d'être propriétaire et d'être autonome dans son logement. Une voisine qui n'aime pas le bruit ou parce que vous arrivez à une heure tardive peut s'en servir comme nuisance. C'est difficile de prouver qu'une personne agit de mauvaise foi », explique Michel Drapeau.

Au moins six provinces, dont le Nouveau-Brunswick, ont adopté de telles lois qui permettent d'évincer des trafiquants de drogues.

Jimmy-Lee Thibault n'a rien d'anormal, selon ses voisins

Peu de voisins de M. Thibault acceptent de faire des commentaires publics, mais ils disent tous que le jeune homme est un voisin normal et qu'ils n'ont jamais rien vu d'étrange à son sujet.

M. Thibault et la propriétaire de l'appartement disent qu'il n'y a aucune preuve d'activités illégales, seulement un soupçon. La propriétaire ajoute qu'elle s'est quand même sentie obligée, contre son gré, de mettre son locataire à la porte.

La propriétaire ajoute qu'elle veut s'informer davantage et voir quels sont ses recours pour, par exemple, porter la décision en appel parce qu'elle ne veut pas que son locataire soit évincé.

D'après le reportage de Michel Nogue et les informations d'Étienne Dumont

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