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Projet de loi 20 : le Conseil du statut de la femme défend la majorité, affirme Barrette

La position du CSF sur le projet de loi 20 suscite la controverse : reportage de Catherine Kovacs
Radio-Canada

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, salue « l'extraordinaire pureté de la position défendue par le Conseil du statut de la femme » sur le projet de loi 20 qui porte sur la tâche des médecins. En fait, le ministre ne tarit pas d'éloges pour ladite position, faite par l'organisme en commission parlementaire. 

Dans le contexte actuel, le Conseil du statut de la femme vient choisir entre deux groupes de femmes. Il vient choisir l'intérêt du plus grand nombre contre l'intérêt du plus petit nombre, qui est choyé. Si ça n'est pas une position socialement responsable, je ne sais pas ce que c'est.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

Rappelons que la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF) a dû se défendre d'avoir signé « un chèque en blanc » au ministre de la Santé en appuyant le projet de loi 20 sur la tâche des médecins. Julie Miville-Dechêne s'étonne que des femmes médecins « considèrent qu'au nom du féminisme le Conseil devrait prendre leur parti, et non celui des patientes ».

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans Le Devoir, la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne, répond aux nombreuses femmes médecins qui lui reprochaient mercredi d'avoir fait « du tort aux femmes » en prenant position pour le projet de loi 20 en commission parlementaire. 

Julie Miville-Dechêne rappelle que le Québec est aux prises avec un problème « criant » d'accès aux soins de santé de première ligne.

Elle s'inquiète du fait que les femmes soient directement touchées par ce problème, que ce soit à titre de patientes, de proches aidantes ou de parents. « Pour les femmes âgées, vulnérables, en perte d'autonomie, c'est encore plus dramatique », ajoute-t-elle. 

Les experts indépendants que nous avons consultés [...] s'entendent sur le fait que les types de pratiques exercées par les omnipraticiens expliquent en bonne partie le manque d'accès.

Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

Réforme « réfléchie »

La présidente du Conseil du statut de la femme soutient dans sa lettre que le Conseil n'a pas abandonné les femmes médecins. 

Elle souligne notamment que le CSF s'est inquiété publiquement du fait que « le gouvernement pénalise davantage les femmes médecins que les hommes » et a demandé la levée des exigences envers les médecins lors des congés de maternité ou de maladie.

Elle ajoute que, dans son mémoire, le Conseil a mis l'accent sur « la disparité salariale entre les femmes médecins et leurs collègues masculins ».

Mme Miville-Dechêne conclut sa lettre en appelant le ministre Gaétan Barrette à élaborer une réforme « réfléchie ».

Des incitatifs plutôt que des pénalités

Pour sa part, une des membres du Conseil du statut de la femme déplore tout de même que le projet de loi mise sur des quotas et des pénalités pour les médecins, plutôt que sur des incitatifs.

« Si on m'impose un quota et des pénalités parce que je fais de la conciliation travail-famille, je n'appelle pas ça une mesure incitative. C'est plus une mesure de découragement », a indiqué Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, en entrevue à Radio-Canada.

Elle déplore que le CSF ait dû présenter un mémoire sur le sujet dans un délai très court, ce qui fait que ses membres n'auraient pas eu le temps d'en discuter entre eux. « On aurait peut-être pu discuter d'autres moyens pour vraiment favoriser l'accès à un médecin pour les personnes vulnérables. »

Elle nie toutefois que la prise de position du Conseil ait créé de la bisbille au sein de l'organisme, comme le rapportait ce matin le journal Le Soleil.

Réaction de la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec

Un appui qui dérange

L'appui du Conseil du statut de la femme provoque de vives réactions notamment auprès des femmes médecins.

Des médecins de famille ont signé une lettre dans Le Devoir dans laquelle ils reprochent au Conseil du statut de la femme sa position sur le projet de loi 20.

En entrevue à l'émission 24/60, la Dre Sylvie Dufresne a estimé que les patientes, surtout les plus vulnérables, seront perdantes avec le projet de loi du ministre Barrette.

L'entrevue d'Anne-Marie Dussault avec la Dre Sylvie Dufresne

Pour sa part, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a lui aussi dénoncé la prise de position du Conseil du statut de la femme et a donné raison aux omnipraticiennes ce matin au micro de Claude Bernatchez d'ICI Radio-Canada Québec.

Les médecins omnipraticiennes ont tout à fait raison d'être choquées de cette position-là. Ce n'est pas parce qu'elles sont médecins qu'elles ne peuvent pas aussi avoir le temps de s'occuper de leurs enfants, comme elles le désirent

Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

« Ce qui est surprenant et bouleversant, c'est que la position du Conseil du statut de la femme est appuyée sur le fait de dire qu'il prend le parti des patients qui sont souvent les plus démunis, qui sont souvent des femmes, alors que c'est justement ces gens-là qui risquent de perdre le plus dans le projet de loi 20. [...] Vous comprenez que dans une médecine à quotas, la médecine "McDo" du ministre Barrette, ce n'est pas avec une médecine comme ça où on va avoir le temps de passer le temps nécessaire avec ce type de patientes là », a affirmé le Dr Louis Godin.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux qualifie « d'archi corporatistes » ces prises de position en défaveur du projet de loi 20. « Quand on envoie des femmes médecins au combat lire la cassette de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), c'est assez corporatiste », raille-t-il.

Politique