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Pas de poursuites fédérales contre le policier qui avait tué un jeune Noir à Ferguson

Aucune accusation contre le policier de Ferguson : récit de Frédéric Nicoloff
Reuters

Le département américain de la Justice a annoncé mercredi avoir décidé de ne pas retenir d'accusation pour violation des droits civiques contre l'agent de police Darren Wilson, qui avait abattu un jeune noir désarmé en août dernier à Ferguson, dans le Missouri.

Le ministère estime en revanche que de profondes réformes sont nécessaires au sein de la police de Ferguson et du système judiciaire de la ville, taxés de préjugés raciaux systématiques.

Cette procédure contre Darren Wilson avait été intentée en fin d'année dernière après la décision d'un grand jury de ne pas poursuivre le policier pour la mort de Michael Brown, 18 ans.

Les circonstances de sa mort et les suites judiciaires de l'affaire ont provoqué de violentes émeutes dans la petite ville de la banlieue de St Louis et relancé le débat, cinquante ans après le mouvement des droits civiques, sur les discriminations raciales aux Etats-Unis.

Darren Wilson, qui a démissionné de la police, a toujours affirmé avoir agi en état de légitime défense.

Michael BrownMichael Brown Photo : PC / AP Photo/St. Louis Post Dispatch/Robert Cohen

Au-delà du cas particulier de l'ex-policier, le ministère de la Justice note avoir décelé « des pratiques structurellement illicites au sein du département de la police de Ferguson ».

Il souligne que les membres de la population noire de la ville sont plus souvent contrôlés et arrêtés que les autres communautés. Le rapport du département de la Justice fait également état de preuves directes de biais et stéréotypes raciaux et de plaisanteries racistes dans de multiples échanges électroniques entre policiers et fonctionnaires de la ville.

« Notre enquête, ainsi que le détaille notre rapport, a mis en évidence une communauté profondément divisée où une méfiance et une hostilité profondes caractérisaient souvent les relations entre la police et les habitants du secteur », a commenté l'Attorney General (ministre de la Justice) Eric Holder.

« Il est temps à présent que les responsables de Ferguson entreprennent sans délai une action globale et structurelle de nature à corriger cela », a-t-il poursuivi, appelant à « promouvoir la réconciliation, réduire et éradiquer les préjugés et rétablir la compréhension mutuelle ».

Eric Holder, qui laissera bientôt son poste à Loretta Lynch, a prévenu que le département de la Justice se réservait le droit, si nécessaire, d'imposer ces changements.

« Notre fils ne sera pas mort en vain »

Emanuel Cleaver, élu démocrate du Missouri à la Chambre des représentants, a jugé qu'aucun membre de la communauté afro-américaine ne serait surpris par ce rapport.

Il espère aussi que les conclusions du département de la Justice serviront de piqûre de rappel à de nombreuses municipalités du pays. « Il s'agit d'une information précieuse contre ceux qui préfèrent penser que toute accusation de discrimination équivaut simplement à jouer la carte raciale », a dit l'élu.

La municipalité de Ferguson n'a pas réagi dans l'immédiat mais une conférence de presse est programmée dans la journée.

Les parents de Michael Brown, Lesley McSpadden et Michael Brown Sr, ont déclaré pour leur part que la décision de ne pas poursuivre l'ex-agent Wilson les décevait, mais que l'appel à des changements structurels étaient un motif d'espoir.

« Nous espérons que cette action permettra de produire un véritable changement non seulement à Ferguson mais dans tout le pays », ont-ils réagi dans un communiqué. « Si les choses changent, notre fils ne sera pas mort en vain. »

Le président Barack Obama est attendu samedi à Selma, dans l'Alabama, pour le 50e anniversaire de la répression policière d'une manifestation du mouvement des droits civiques.

Le 7 mars 1965, des manifestants qui réclamaient la fin des restrictions au droit de vote des noirs avaient été violemment stoppés par les forces de l'ordre. La brutalité de leur intervention avait choqué les Etats-Unis et conduit le Congrès à voter l'été suivant le Voting Rights Act, la loi qui a mis fin aux restrictions opposées au vote des noirs.

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