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Discrimination « systématique » envers les Noirs à Ferguson, selon une enquête

Les policiers arrêtent un homme au cours d'une manifestation nocturne à Ferguson, le 20 août 2014.
Les policiers arrêtent un homme au cours d'une manifestation nocturne à Ferguson. Photo: Joshua Lott / Reuters

La police de Ferguson a violé « systématiquement » les droits constitutionnels de ses citoyens afro-américains, selon une enquête exhaustive du département de la Justice des États-Unis, qui a dévoilé les résultats préliminaires mardi.

Les enquêteurs ont découvert que les policiers de la banlieue de Saint Louis, au Missouri, ont fait usage de force excessive et ont effectué des contrôles routiers de façon démesurée à l'égard des Noirs pour des raisons injustifiées.

Le département de la Justice des États-Unis avait ouvert une enquête après la mort, en août dernier, du jeune Afro-américain Michael Brown, qui s’était fait abattre par un policier blanc. L’incident avait provoqué des soulèvements inédits à Ferguson durant plusieurs semaines.

Le policier Darren Wilson n'avait finalement pas été poursuivi.

Les enquêteurs, qui ont mené des centaines d’entrevues et parcouru des dizaines de milliers de documents de la police, ont tracé un portrait étoffé de la situation.

De 2012 à 2014 :

  • 85 % des automobilistes immobilisés aux contrôles routiers étaient noirs;
  • 93 % des arrestations ont été effectuées sur des Noirs;
  • 88 % des cas où il y a eu usage de la force étaient avec des suspects noirs;
  • 95 % des détenus qui sont restés plus de deux jours en prison étaient noirs.

À Ferguson, 67 % de la population est noire alors que ses policiers sont en grande majorité blancs. Les citoyens de la ville alléguaient que la police faisait régulièrement du profilage racial, créant le climat tendu qui a mené à la mort de Michael Brown.

La Ville de Ferguson devra maintenant s'entendre avec le département de la Justice pour imposer des réformes, sans quoi elle pourrait se faire poursuivre pour avoir porté atteinte à des droits garantis par la Constitution. Le maire de Ferguson a d'ailleurs annoncé qu'il était prêt à apporter des changements pour « mieux servir la communauté ».

Blague raciste sur Obama

Les enquêteurs ont aussi eu accès à des milliers de courriels échangés entre les policiers, où ils ont découvert les racines profondes de la discrimination envers les Noirs au sein du service de police de Ferguson. Dans un message datant de 2008, quelqu'un « blaguait » que le nouveau président Barack Obama n'allait pas rester longtemps en poste « parce qu'un Noir ne peut pas garder un emploi pendant quatre ans ». 

Le rapport complet de l'enquête pourrait être publié plus tard mercredi, selon une porte-parole du département.

Avec les informations de New York Times, Associated Press, et Reuters

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