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Obama veut que l'Iran suspende ses activités nucléaires pendant 10 ans

Barack Obama, lors d'une entrevue exclusive avec l'agence Reuters, le 2 mars 2015.

Barack Obama, lors d'une entrevue exclusive avec l'agence Reuters.

Photo : Reuters/Kevin Lamarque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Iran devra s'engager à geler ses activités nucléaires pendant au moins dix ans pour qu'un accord définitif soit conclu sur son programme nucléaire, a indiqué le président des États-Unis, Barack Obama, dans une entrevue lundi.

« Si, véritablement, l'Iran accepte de geler son programme là où il en est pendant au moins 10 ans [...], si nous obtenons cela, ainsi que des moyens de le vérifier, aucune autre mesure que nous pourrions prendre ne nous donnera mieux la garantie qu'ils n'ont pas l'arme nucléaire », a-t-il dit dans une entrevue accordée à l'agence Reuters.

Le président répondait ainsi en quelque sorte au premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui se trouve à Washington. M. Nétanyahou s'adressera d'ailleurs aux élus du Congrès à ce sujet demain, un discours qui sème la controverse avant même d'avoir été prononcé.

Les États-Unis et Israël sont à couteaux tirés au sujet du nucléaire iranien. Le groupe des 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran tentent de signer un accord politique complet et définitif, mais l'État hébreu est contre ces négociations et craint pour sa sécurité.

Le président américain reconnaît qu'il existe un désaccord avec M. Nétanyahou sur les façons d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Mais selon lui, un accord pourrait être bénéfique, tant pour les États-Unis que pour Israël.

« Si les Iraniens acceptent [les conditions pouvant mener à un accord], ce sera nettement plus efficace, pour contrôler leur programme nucléaire, que n'importe quelle opération militaire que nous pourrions entreprendre, n'importe quelle opération militaire qu'Israël pourrait lancer, et beaucoup plus efficace que ne pourront l'être les sanctions », a-t-il déclaré.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors de son discours devant les délégués de l'AIPAC, lundi matin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, lors de son discours devant les délégués de l'AIPAC, lundi matin.

Photo : Getty Images / Getty Images/Mark Wilson

Un « danger » à éviter, selon Nétanyahou

De son côté, Benyamin Nétanyahou a profité de son passage devant le plus puissant lobby pro-israélien aux États-Unis pour réitérer que le monde ne doit pas permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, mais assure que l'alliance entre Israël et Washington « résistera » à leur différend sur la façon d'aborder le dossier.

M. Nétanyahou a tenu ses propos lors d'un discours prononcé devant les 16 000 délégués du plus important groupe de pression pro-israélien des États-Unis, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), réunis à Washington.

« Vous êtes là pour dire au monde entier que l'annonce de la fin de la relation avec les États-Unis est non seulement prématurée, mais fausse », a lancé M. Nétanyahou.

En tant que premier ministre d'Israël, j'ai l'obligation morale de hausser la voix face à ces dangers alors qu'il est encore temps de les éviter.

Une citation de :Benyamin Nétanyahou, premier ministre d'Israël

Le chef du gouvernement israélien a pris la parole après l'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Samantha Power, qui a profité de son discours pour assurer que « l'engagement de l'Amérique envers la sécurité d'Israël ne cessera jamais ».

Comprendre la crise nucléaire iranienne

Une allocution qui dérange

La visite du premier ministre israélien culminera demain avec un discours devant le Congrès donné à l'invitation du président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner.

Cette allocution a d'ores et déjà été vertement dénoncée par l'administration Obama. Elle a été prévue sans l'accord de la Maison-Blanche. Ni le président ni aucun membre du gouvernement ne rencontreront d'ailleurs M. Nétanyahou au cours de sa visite en sol américain. Le président israélien a assuré lundi que ce discours ne visait pas à être « irrespectueux » envers le président Barack Obama.

Officiellement, la Maison-Blanche affirme que la tradition veut que le président ne rencontre pas un dirigeant étranger lorsqu'il est impliqué dans une campagne électorale, comme c'est le cas pour M. Nétanyahou.

En entrevue avec Reuters, Barack Obama a d'ailleurs affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une question personnelle et qu'il allait rencontrer le président israélien après les élections législatives du 17 mars, si ce dernier les remportait.

John Baird se joint au débat

L'ancien ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a ajouté son grain de sel au débat sur l'Iran, lundi.

Lors de la conférence à laquelle participait M. Nétanyahou, John Baird s'est montré sceptique envers l'Iran et a dit ne pas croire à ce qu'il a qualifié de « travail de relations publiques » de la part du nouveau président iranien, Hassan Rohani.

« La dernière chose dont nous avons besoin est d'une nouvelle course à l'armement nucléaire au Moyen-Orient, a déclaré M. Baird. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir en tant que société civilisée pour arrêter cela. »

Pour consulter ce graphique depuis votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et La Presse canadienne

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