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Yves Bolduc, quand le soleil brillait

Yves Bolduc

Yves Bolduc

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - C'était à la fin de l'été 2008. Un après-midi de vacances parfait. Je roulais en direction de Montréal et j'ai décidé de m'arrêter à l'Étape pour la traditionnelle pause. Il faisait chaud. Le soleil brillait pour tous les heureux vacanciers : campeurs, motocyclistes et petites familles. Alors que je me dirigeais rapidement vers le petit coin, une voix m'a interpellé.

Un texte de Roger LemayTwitterCourriel

« Monsieur Lemay, je vous suis depuis quelques kilomètres, vous ne rouliez pas un peu vite? »

D'abord inquiet d'avoir affaire à un patrouilleur, j'ai identifié en une seconde cette voix que je connaissais bien à titre de journaliste. Une personnalité que j'avais interrogée à plusieurs reprises. Je me suis retourné rapidement et j'ai vu Yves Bolduc avec, accroché au visage, son petit sourire mi-timide, mi-taquin, satisfait de l'effet provoqué par sa blague.

Le soleil de cette journée brillait aussi pour Yves Bolduc, étoile montante des libéraux, recruté par Philippe Couillard lui-même, qui le lorgnait depuis longtemps pour qu'il devienne son dauphin et son successeur à la tête du ministère de la Santé sous le gouvernement Charest.

Pas étonnant de voir aujourd'hui le premier ministre aussi défait que son ministre démissionnaire. Yves Bolduc venait d'être nommé ministre de la Santé. Un saut en politique qui en avait surpris plus d'un. Pas à cause de ses compétences. À cause de sa personnalité. Un bon gestionnaire des soins de santé ne fait pas automatiquement un bon politicien.

- Ah! Monsieur Bolduc, alors elle vous plaît votre nouvelle job?

J'ai été surpris de sa réponse. Non seulement elle lui plaisait, mais elle était, selon ses dires, « facile »!

-Tu sais, on a cinq ou six dossiers majeurs. On n'a qu'à les apprendre par cœur et hop, le tour est joué.

Le tour est joué? Ah oui? C'est si simple que ça?

L'avenir le contredira.

À l'époque, bien avant la politique, quand Yves Bolduc posait un diagnostic, aucun patient ne pouvait contester son jugement. Lorsqu'il effectuait une réforme dans un hôpital, dans Charlevoix ou en Abitibi, en y appliquant les méthodes Lean ou Toyota, quelques directeurs pouvaient bien argumenter, mais se ralliaient inévitablement à ses décisions, parce qu'Yves Bolduc était crédible. Or, la politique est un tout autre univers.

L'ex-ministre Bolduc l'a peut-être compris un peu tard. Le manque de livres dans les écoles n'a peut-être jamais provoqué la mort d'un élève, mais c'est le genre de déclaration qui a provoqué politiquement la sienne.

Roger Lemay est chef d'antenne du Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean

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