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Tollé après la destruction du patrimoine de l'Irak par les djihadistes

Des djihadistes du groupe armé État islamique détruisent des artéfacts du musée de Mossoul, en Irak.
Des djihadistes du groupe armé État islamique détruisent des artéfacts du musée de Mossoul, en Irak. Photo: Radio-Canada

L'UNESCO et la France s'indignent à la suite de la diffusion d'une vidéo montrant la destruction de sculptures préislamiques, en Irak, par des djihadistes.

La vidéo montre des hommes détruisant, à coups de marteaux-piqueurs, des splendeurs archéologiques à Mossoul, deuxième ville d'Irak. Un énorme taureau ailé assyrien de la porte de Nergal fait partie des artéfacts détruits.

Plusieurs statues provenant du site de Hatra - inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO - et conservées au musée de Mossoul, de même que d'autres objets provenant d'autres sites archéologiques de la province de Ninive ont été détruits, selon l'UNESCO.

La ville de Mossoul est sous le contrôle de l'EI depuis juin 2014.

Le président français, François Hollande, a dénoncé une « barbarie », accusant les djihadistes du groupe armé État islamique de vouloir « détruire tout ce qui est humanité ». M. Hollande a rappelé que la France est l'un des principaux contributeurs militaires de la coalition internationale menée par les États-Unis contre l'EI. « Quand on veut anéantir le patrimoine, on veut anéantir tous ceux et toutes celles qui portent un message de culture », a encore observé M. Hollande.

Le premier ministre français, Manuel Valls, a pour sa part écrit sur son compte Twitter, « Les statues détruites méthodiquement à Mossoul : une part de l'esprit humain et de l'universel qui s'écroule », en dénonçant le « totalitarisme » de l'EI.

« En s'en prenant à des chefs-d'oeuvre inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, aux collections d'un très grand musée et aux trésors du patrimoine culturel mondial, c'est la culture, qui unit les hommes et ouvre les esprits, front de résistance et rempart contre l'obscurantisme, que ces terroristes ont voulu atteindre », a déclaré la ministre française de la Culture, Fleur Pellerin, dans un communiqué.

« Je condamne avec la plus grande fermeté ces attaques et en appelle à la mobilisation internationale pour protéger le patrimoine irakien, riche de sa diversité et de son histoire, trésor de notre humanité », y ajoute la ministre.

Des instances islamiques condamnent également la destruction des artéfacts. « Les antiquités et les statues du musée de Mossoul ne sont pas des idoles divines, mais les statues de rois, d'animaux, d'oiseaux », explique un professeur de sciences islamiques à l'Université libanaise, Radwan al-Sayyed. « Et quand bien même il s'agirait de statues de dieux, elles sont dans un musée, et le Coran conseille d'en tirer des leçons [...]. »

L'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, a elle aussi condamné les agissements de l'EI : « Ces antiquités se trouvent dans tous les pays conquis par les musulmans, et les compagnons [du prophète] n'ont pas ordonné leur destruction, ou autorisé ne serait-ce que de s'en approcher ».

Les djihadistes luttent contre « l'idolâtrie »

L'organisation de djihadistes appelle à la destruction de statues, tombeaux et représentations « favorisant l'idolâtrie ». « Fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles pour les peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu », a déclaré face à la caméra un djihadiste dans la vidéo.

« Cette attaque est bien plus qu'une tragédie culturelle, c'est également une question de sécurité, car elle alimente le sectarisme, l'extrémisme violent et le conflit en Irak », a dénoncé la responsable de l'UNESCO Irina Bokova, jeudi, juste après la diffusion de la vidéo de l'EI.

Les destructions perpétrées à Mossoul rappellent celle des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, en 2001 par les talibans.

Avec les informations de Agence France-Presse

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