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Des lacs saskatchewanais ralentissent le réchauffement climatique

Les lacs du sud de la Saskatchewan restent gelés environ un mois de moins à cause du réchauffement climatique.

Les lacs du sud de la Saskatchewan restent gelés environ un mois de moins à cause du réchauffement climatique.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des lacs d'eau dure en Saskatchewan absorbent de plus en plus de dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère à mesure que la planète se réchauffe, affirment des chercheurs de l'Université de Regina dans un article publié dans la revue Nature. Les scientifiques croient que ce phénomène pourrait ralentir légèrement le réchauffement climatique.

L'étude démontre aussi que l'augmentation de l'absorption de CO2 contrebalance environ le tiers des émissions provenant des activités agricoles dans les Prairies.

La découverte de la biologiste Kerri Finlay et de ses collègues de l'Université de Regina et de l'Université du Minnesota découle de données recueillies dans le cadre d'une recherche sur le zooplancton qui les laissaient perplexes. « Cela n'avait aucun sens », explique Kerri Finlay.

La biologiste a mis de côté l'étude du zooplancton et elle s'est plutôt penchée sur la quantité de CO2 dans des lacs du sud de la Saskatchewan.

26 lacs à l'étude

Les chercheurs ont analysé les changements importants dans les conditions climatiques, la couche de glace qui recouvre les lacs, ainsi que la composition chimique de 26 lacs du sud de la province, des lacs d'eau dure. Tous les lacs analysés avaient une couche de glace plus mince à cause du réchauffement climatique, ce qui a entraîné une baisse de l'acidité de leur eau et une augmentation de leur capacité de capturer le CO2 dans l'atmosphère.

La biologiste Kerri Finlay de l'Université de ReginaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La biologiste Kerri Finlay de l'Université de Regina

Photo : ICI Radio-Canada

« Le fait que tous les lacs d'un secteur d'une superficie de 250 000 km carrés ont réagi de la même manière en même temps suggère que ce modèle a une portée mondiale », explique la chercheuse.

La découverte va à l'encontre des attentes des scientifiques qui croyaient que le réchauffement climatique allait augmenter la quantité de CO2 émise par les lacs, puisque la chaleur accélère la décomposition de matière organique. Ce postulat de base s'applique aux lacs boréaux, mais pas aux lacs d'eau dure.

L'eau des lacs boréaux étant plus acide, ceux-ci émettent de plus en plus de CO2 puisque les matières organiques se décomposent à la chaleur. Par contre, les lacs d'eau dure, comme ceux du sud de la province, sont plus alcalins. Ils absorbent donc plus de CO2.

Les auteurs de l'étude croient que le phénomène observé en Saskatchewan pourrait légèrement ralentir le réchauffement climatique à l'échelle mondiale. L'écosystème étudié dans le cadre de la recherche est similaire à 15 millions de kilomètres carrés de superficie ailleurs dans le monde.

C'est une découverte importante, selon le professeur en sciences de la terre à l'Université McGill, Alfonso Mucci. « Il faut bien comprendre l'amplitude du problème et quels sont les différentes possibilités pour y remédier. Si l'on veut activer la prise en charge du dioxyde de carbone dans ces lacs, cela pourrait être un des remèdes au problème, mais cela ne sera pas le seul, ça c'est sûr. »

Pour Kerri Finlay, cette publication a une importance majeure. Elle ne s'attendait jamais à ce que son travail se retrouve dans la revue Nature.

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