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Une clinique sans médecin en Ontario dirigée par des infirmières de Rouyn-Noranda

Le Centre de santé communautaire du Témiskaming, à Virginiatown, où deux infirmères de Rouyn-Noranda se rendent travailler chaque jour
Le Centre de santé communautaire du Témiskaming, à Virginiatown, où deux infirmères de Rouyn-Noranda se rendent travailler chaque jour

En Ontario, à peine à cinq kilomètres passé la frontière québécoise, deux infirmières praticiennes de Rouyn-Noranda dirigent une clinique sans médecin. Le modèle de clinique dirigée par des infirmières praticiennes, articulé autour des soins de santé primaires, est répandu en Ontario, mais presque inexistant au Québec. Notre journaliste Émilie Parent-Bouchard est allée rencontrer ces deux infirmières pour qui il n'est pas question de revenir pratiquer au Québec.

Avec les informations d’Émilie Parent-BouchardTwitterCourriel

Le Centre de santé communautaire de Témiskaming (CSCT) compte 460 patients. Cette clinique se trouve à Virginiatown, un village ontarien de 600 habitants. Manon Lacroix est une des deux infirmières résidant à Rouyn-Noranda qui y travaillent. Aucun médecin ne travaille au CSCT. L'équipe compte une réceptionniste et trois infirmières.

Manon Lacroix peut poser un diagnostic, fournir les soins adéquats, incluant de petites chirurgies, et même prescrire des médicaments. Elle pratique ici depuis 12 ans, en plus de former de futures infirmières praticiennes à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Pour elle, pas question de retourner travailler au Québec. « Ici, la clientèle, c'est 0 à 100 ans, toutes pathologies, on ne fait pas de différence. On a les suivis de grossesses, donc la femme enceinte va venir ici. On assiste aussi les gens dans leur mourir, donc on a dit : "Nous on les a suivis dans leur santé, on va les suivre aussi dans leur mourir". »

Kathy Breton et Manon LacroixKathy Breton et Manon Lacroix

Une fois par semaine, une rencontre en télémédecine est organisée avec la Dre Sandra Romain, en poste à Toronto. Les infirmières peuvent aussi diriger les patients vers un médecin au besoin. L'infirmière praticienne Kathy Breton apprécie l'autonomie de pratique que cela permet. « Faire un peu une équipe interdisciplinaire. Aller discuter d'un suivi avec le médecin ou l'infirmière praticienne, puis revenir et faire ce qu'on a à faire... Puis, on a gagné du temps », indique-t-elle.

Une efficacité qu'apprécient aussi les patients, comme André Gagnon, qui vient pour une brûlure à la main. « Ça fait deux semaines que je viens chaque jour. Elles la nettoient, changent le pansement. À part de ça, le service est excellent, pas de problème pour avoir des rendez-vous. C'est comme une grande famille ici. C'est ça que j'aime à propos de cette clinique-là », affirme-t-il.

Au Québec, une première clinique sans médecin, financée par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), a vu le jour à Québec en octobre dernier.

Écoutez l'entrevue complète avec les deux infirmières ici.

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique