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 « L’enthousiasme » pour la réforme chez les cadres « est là », soutient Barrette

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

Photo : La Presse canadienne / PC/Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en est convaincu : il y a de « l'enthousiasme » dans les rangs des cadres du réseau de la santé du Québec pour sa vaste réforme administrative mise en branle par le projet de loi 10. Mais le son de cloche du côté de l'association des gestionnaires est tout autre.

« C'est vrai qu'il y a environ 6000 personnes mises en ballotage. Mais seulement 1300 [d'entre elles] vont se retrouver dans une nouvelle position si elles le désirent. Et il y a quelque chose dans le réseau pour elles parce qu'il y a 8000 personnes par année qui prennent leur retraite », a déclaré le ministre Barrette mercredi lors d'un impromptu de presse en marge du Conseil des ministres.

Si tout va comme l'entend Gaétan Barrette, ce jeu de chaises musicales prendra fin le 1er avril : « Tout le monde sera en poste », assure-t-il.

Rappelons qu'au terme de cette restructuration, la gestion du réseau sera confiée aux centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), de nouvelles créations gouvernementales pour lesquelles il faut nommer des PDG et des PDG adjoints.

La mise en candidature pour ces postes s'est achevée la semaine passée, a expliqué le ministre, qui ajoute qu'il y a beaucoup de candidats intéressés. Le ministre affirme que, d'ici deux semaines, ces administrateurs auront été nommés. 

Les entrevues devant mener à la nomination des membres des conseils d'administration des CISSS s'amorceront la semaine prochaine. 

Une ambiance empreinte d'incertitude

Certes, il y a un climat d'incertitude dans le réseau en raison de ces changements majeurs, mais le ministre Barrette estime que l'enthousiasme prédomine, à en juger par la quantité de candidatures qu'il a reçues.

Croyez-moi, l'enthousiasme est là. Évidemment, ceux qui se sentent visés par la restructuration sont moins enthousiastes.

Gaétan Barrette

Quant on lui demande si cette ambiance crée du stress chez les cadres, le ministre Barrette rétorque qu'il ne peut pas « gérer les émotions de tout le monde ».

« Les gens sur le terrain, dans le réseau de la santé, regardent en avant et voient ça très positivement », assure-t-il.

Ce chambardement structurel est tout entier contenu dans le projet de loi 10, que le gouvernement de Philippe Couillard a fait adopter sous le bâillon au début du mois.

Parmi les voix qui se sont élevées contre cette restructuration, il y a eu celles des syndicats et des médecins, qui reprochent au ministre Barrette de concentrer trop de pouvoirs entre ses mains et de centraliser à outrance la prise de décisions dans le réseau.

Un son de cloche différent

Yves Bolduc, PDG par intérim de l'Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux (AGESSS), a visité huit régions du Québec en l'espace d'une semaine.

Du Saguenay à la Gaspésie, il n'a pas vu d'enthousiasme parmi ses membres : « C'est tout le contraire, affirme-t-il, les gens sont anxieux, inconfortables et inquiets. Le ministre doit comprendre que ces gens-là ne savent pas où ils vont se retrouver ».

Environ 40 % des membres de l'AGESSS sont frappés par la réforme administrative du réseau de la santé. « S'il y a de l'enthousiasme, ce doit être alentour du ministre », ironise M. Bolduc.

Il ajoute que les membres de l'Association posent tous la même question : « Comment se fait-il que le ministère et le ministre ne s'assoient pas avec nous pour tenter de minimiser les impacts et sécuriser tout le monde? »

Quant au fait qu'au 1er avril, selon le ministre, tous seront en poste, M. Bolduc estime que ce sera peut-être le cas pour les directeurs généraux et leurs adjoints, mais pas pour les cadres intermédiaires. Par décret, explique M. Bolduc, le ministre doit consulter les diverses associations pour l'ensemble du processus de dotation, ce qui est loin d'être chose faite. 

S'il y a une chose qui sera faite au 1er avril, ce sera la fragilisation du réseau de la santé et des services sociaux, selon Yves Bolduc, qui croit qu'une fois la réforme complétée, les gestionnaires verront une augmentation de leur charge de travail.

Jusqu'ici, je suis surpris que les gens tiennent le coup parce qu'ils sont dévoués, mais nous avons des craintes à cet effet pour l'avenir.

Yves Bolduc, PDG par intérim de l'AGESSS

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