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Un chef algonquin dénonce le projet immobilier Zibi

Gilbert Whiteduck, chef de la communauté de Kitigan Zibi

Radio-Canada

Contrairement à ce qu'a laissé entendre un responsable de l'entreprise Windmill, le chef sortant de la communauté autochtone de Kitigan Zibi, Gilbert Whiteduck, dit ne pas avoir été invité au lancement officiel du projet immobilier Zibi, qui a eu lieu mardi midi.

L'un des fondateurs du groupe Windmill, Jeff Westeinde, a pourtant affirmé que les dirigeants autochtones avaient été invités.

« On a invité les Algonquins », a-t-il dit. « Mais Kitigan Zibi, maintenant, a une élection et choisit un nouveau chef. Puis, les Algonquins de l'Ontario, on les a invités, mais ils ne pouvaient pas. »

Or, selon le chef Whiteduck, c'est tout simplement faux. Il affirme que ni lui, ni le chef de la communauté de Pikwàkanagàn, Kirby Whiteduck, n'ont été invités au lancement.

Gilber Whiteduck a récemment annoncé qu'il quittera bientôt ses fonctions. Il reste toutefois chef de la communauté de Kitigan Zibi jusqu'au 3 avril.

Consultation ne veut pas dire approbation

Disant parler en son propre nom, M. Whiteduck affirme qu'il est contre tout développement immobilier sur les îles Albert et Chaudière, puisqu'elles sont des lieux sacrés pour le peuple algonquin. Des cérémonies traditionnelles y ont notamment eu lieu dans le passé.

« J'ai écouté les aînés. J'ai rencontré les gens de Windmill à plusieurs reprises », dit-il. « Ma conclusion maintenant, peut-être qu'on ne peut pas l'arrêter [mais] il ne devrait pas y avoir de développement sur ces îles-là. »

C'est trop important pour la nation algonquine. C'est un lieu vraiment sacré.

Gilbert Whiteduck

Il reconnaît que Windmill a fait certains efforts pour se rapprocher des Algonquins. Mais il lance du même souffle que « ça ne veut pas dire qu'on a donné notre approbation ».

La voix des Algonquins, des Anishinaabe est importante aussi dans tout ça. [...] On n'est pas un peu invisibles.

Gilbert Whiteduck, chef de Kitigan Zibi

M. Whiteduck se dit d'avis que les bâtiments construits jadis sur les îles par les entreprises papetières sont choses du passé et qu'il est maintenant temps de nettoyer le site.

Il préconise la création d'un parc public, plutôt que le projet immobilier proposé par les entreprises Windmill et Dream.

« On peut imaginer au milieu d'Ottawa et de Gatineau un parc merveilleux dans lequel les gens pourraient aller près des chutes et les écouter », suggère-t-il. « [Mais le] plus important [est] que ça demeure sous la responsabilité des Anishinaabe. »

« Zibi », un nom utilisé sans autorisation

Le chef algonquin se dit également surpris du choix du nom du projet immobilier. Gilbert Whiteduck déplore que les promoteurs n'aient pas reçu, selon lui, les autorisations nécessaires pour utiliser le mot « zibi », qui signifie « rivière » en algonquin.

« Ils ont été chercher le nom qui nous appartient », lance-t-il. « Ils n'ont aucun droit de prendre ce nom-là sans l'approbation de nos aînés, en particulier, de la communauté de Kitigan Zibi et de la communauté de Pikwàkanagàn, l'autre communauté algonquine en Ontario. »

M. Whiteduck dit être en pourparlers avec d'autres chefs autochtones pour décider des prochaines démarches à entreprendre.

Les explications de Windmill 

L'un des dirigeants de la compagnie Windmill, Jeff Westeinde, reconnaît qu'il n'a pas invité le chef sortant de la communauté algonquine de Kitigan Zibi, Gilbert Whiteduck, pour le lancement du projet, mardi. Il indique qu'il a invité un membre du conseil de bande de Kitigan Zibi.

Toutefois, M. Westeinde estime qu'il y a eu un peu de confusion dans les communications avec la communauté algonquine au Québec. Il précise également que les communautés algonquines de la région ont été informées du choix possible du nom « Zibi » pour le projet, il y a plus d'un mois déjà.

C'est pas complet encore. La communauté algonquine est la même que la nôtre. Il y a beaucoup de différents points de vue. On travaille avec des gens qui veulent travailler avec nous. Mais ça prend du temps, c'est compliqué quelques fois.

Jeff Westeinde, dirigeant de la compagnie Windmill

Quoi qu'il en soit, le dirigeant de Windmill assure que l'entreprise veut continuer de bâtir des relations avec les Algonquins.

Avec les informations de Pascal Charlebois et Geneviève Garon

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