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Qui dit essence moins chère, dit plus grosses voitures

Concessionnaire GM

Concessionnaire GM

Photo : Rebecca Cook / Reuters

Radio-Canada

L'une des conséquences les plus évidentes de la chute du prix du pétrole, c'est le prix du carburant à la pompe. Maintenant que le prix du brut a chuté sous les 50 $, des consommateurs semblent profiter de cette accalmie pour s'acheter de plus gros véhicules, au désespoir des écologistes.

Un texte de Frédéric ArnouldTwitterCourriel

Avant la crise financière de 2008, un baril de pétrole à 140$ et l'essence à la pompe à 1,40$ le litre semblaient être la meilleure chose pour l'environnement, forçant les consommateurs à réduire leur dépendance aux hydrocarbures.

En 15 ans, les Canadiens ont acheté entre 60 000 et 70 000 véhicules hybrides ou électriques. Mais pendant la même période, 26 millions de véhicules à essence ont été vendus.

Selon David Kent, vice-président des ventes chez Dueck GM à Vancouver, les clients achètent plus gros depuis l'automne, parce qu'ils peuvent maintenant se le permettre.

L’emprise du pétrole

Consulter le dossier complet

Le président de Desrosiers Automotive Consultants, l'un des experts du secteur automobile au Canada, Dennis Desrosiers, constate que les consommateurs ont parfois tendance à penser à court terme. Les prix de l'essence sont bas, ils achètent plus gros.

Résultat : les camions légers, les véhicules utilitaires sport (VUS) et les véhicules multisegments représentent 60 % des ventes de nouveaux véhicules au Canada.

Au détriment des efforts écologiques

Au diable la culpabilité, certains acheteurs cherchent le luxe et la performance, deux choses qu'ils peuvent maintenant se permettre plus facilement. Rien pour plaire aux environnementalistes.

Selon Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, « ça rend les énergies renouvelables moins compétitives face à l'essence qui est bon marché. Les gens ont tendance à s'acheter davantage de véhicules qui consomment plus comparativement à des petits véhicules ».

Mais comment convaincre les automobilistes de ne pas succomber au bas prix de l'essence? Greenpeace pense qu'il faut en profiter pour imposer une taxe sur le carbone, qui devrait toucher la plupart des carburants, et des émissions de carbone, partout au Canada.

Une taxe sur le carbone?

Greenpeace rappelle qu'une quarantaine de gouvernements, dont la Colombie-Britannique, ont instauré ce type de taxe. Entre 2008 et 2013, la consommation des carburants fossiles a baissé de 16 % dans la province, alors qu'ailleurs au Canada, elle a augmenté de 3 %.

Taxes ajoutées au prix de l'essence à Vancouver

Taxe fédérale : 10 ¢
Taxe provinciale : 15 ¢ (incluant la taxe sur le carbone de 6,67 ¢)
Taxe de financement du transport pour la région de Vancouver : 17 ¢

Total : 42 ¢, auxquels s'ajoutent 7,5 % de TPS

Mais cette taxe n'a pas changé fondamentalement les comportements des automobilistes, puisque l'essence est toujours la reine sur nos routes. Et ce qui n'aide pas la cause des écologistes qui voudraient voir plus de solutions de rechange moins polluantes (par exemple, plus de voitures électriques), c'est l'efficacité énergétique des véhicules à essence qui ne cesse d'augmenter. Il n'est pas rare de voir des véhicules utilitaires sport qui consomment seulement 7 litres aux 100 kilomètres sur routes et 10 litres en ville.

Le président de l'Association des concessionnaires de nouvelles voitures de la Colombie-Britannique, Blair Qualey, constate qu'entre 2007 et 2014, l'efficacité énergétique des véhicules les plus populaires a grimpé de près de 20 %. Résultat, dit-il, les véhicules électriques et les hybrides ne sont plus les seules options pour contribuer à la réduction de la pollution atmosphérique.

La taxe sur le carbone

Cette taxe a été instaurée en Colombie-Britannique le 1er juillet 2008 et s'applique à la plupart des carburants et des émissions de carbone. Dès son entrée en vigueur, cette taxe représentait 10 $ par chaque tonne de dioxyde de carbone produite. Le taux a augmenté de 5 $ par an et a atteint, depuis 2012, le coût de 30 $ la tonne.

Pour l'essence, par exemple, cela veut dire une taxe additionnelle de 6,67 ¢. Selon la loi, c'est une taxe à revenu neutre qui implique donc une réduction de taxes et d'impôts en conséquence pour les contribuables.

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