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Jayko Akeeagok

Jayko Akeeagok

Photo : Olivier Arbour-Masse

Radio-Canada

PRINCE GEORGE – Le soleil ne s'était pas levé sur Grise Fiord depuis octobre quand Jayko Akeeagok a quitté sa terre natale il y a deux semaines. Grâce au badminton, ce jeune athlète du Nunavut souhaite apporter un peu de lumière à sa communauté, la plus septentrionale du Canada.

Un texte d’Olivier Arbour-MasseTwitterCourriel

Grise Fiord, c'est 130 habitants. C'est le nord du Nord. Le 76e parallèle. En inuktitut, on l'appelle Aujuittuq, le lieu qui ne dégèle jamais.

Le gouvernement du Canada y a installé huit familles en 1953 pour asseoir sa souveraineté sur l'Arctique.

Jayko, lui, y est né. Son quotidien, c'est une température annuelle moyenne de -16,5 degrés Celsius, une noirceur totale pendant près de quatre mois et un soleil qui ne se couche pas l'été.

Pour lui, les 7 degrés et le soleil brillant de Prince George, c'est l'été. Et les Jeux du Canada, une aventure encore plus extraordinaire que pour le reste des quelque 2400 athlètes.

« C'est très différent. Il y a probablement plus de voitures dans ce stationnement que de personnes dans ma communauté », lance Jayko à l'extérieur du centre de curling où l'équipe du Nunavut affronte celle des Territoires du Nord-Ouest.

Un dépaysement social et sportif. « Le niveau de compétition est vraiment élevé », dit-il.

Médaillé d'or en trois mois

Jayko a abouti à Prince George un peu par hasard. En 2011, son école, la seule de Grise Fiord, a décidé de participer aux Jeux territoriaux du Nunavut. « Je me suis mis au badminton trois semaines avant le tournoi et j'ai gagné l'or », raconte l'athlète de 18 ans.

Cette médaille d'or a changé sa vie et la dynamique de sa communauté. Les plus jeunes ont emboîté le pas. « Ils sont au moins six » à s'être mis au badminton depuis, rapporte Jayko.

« Le badminton, comme tout sport, toute activité, c'est très important pour les petites communautés isolées, fait valoir Gary Wong, membre de la mission du Nunavut. Pas seulement parce que ça occupe les jeunes, mais aussi parce que ça contribue à leur bien-être physique et mental. »

En Jayko, Gary Wong a trouvé un filon par lequel dynamiser Grise Fiord. Il le forme à devenir entraîneur.

« Pour que le sport s'installe de façon durable, ce doivent être les gens de la communauté qui maintiennent la tradition et transmettent les connaissances », explique M. Wong, également membre du conseil d'administration de l'Association de badminton du Nunavut.

Jayko, qui travaille déjà au gymnase de l'école, ignore quelle sera son occupation principale une fois sa dernière année du secondaire terminée, mais il s'enthousiasme à l'idée d'enseigner son sport.

« J'aimerais que d'autres personnes de ma communauté expérimentent les Jeux du Canada. »

Ambassadeur malgré lui

Sur le plan sportif, Jayko n'obtient pas le succès espéré depuis le début des Jeux. Il a perdu en simple et en double lundi, mais compte se reprendre à la compétition par équipe jeudi.

Sa réussite : faire parler de sa communauté. En tant que premier jeune de Grise Fiord à participer à la compétition nationale, il assume son rôle d'ambassadeur malgré une timidité évidente.

« C'est ma troisième entrevue depuis le début des Jeux. J'en ai une quatrième cet après-midi. »

Apprécie-t-il l'exercice médiatique? « Je le fais pour ma communauté. » Grise Fiord lui en est grandement reconnaissante.

« C'est énorme pour ces petites communautés, explique Gary Wong. Ils vont sûrement lui organiser une fête pour lui démontrer leur fierté de le voir les représenter devant le reste du pays. »

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