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Baisse du pétrole et pertes d'emplois en Alberta

Camions à Nisku, en Alberta

Radio-Canada

Les effets de la chute des prix du pétrole se font de plus en plus sentir. Pour l'instant, ce sont surtout de petites entreprises de forage et de services qui font les frais du contexte économique. Comme chaque fois que l'Alberta connaît un ralentissement, le débat autour de la diversification économique de la province refait surface.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Ce sont près des trois quarts des employés d'Emmanuel L'Ecuyer qui ont quitté son usine de Nisku, à une trentaine de kilomètres au sud d'Edmonton. C'est que, depuis quelques mois, les choses ont bien changé dans son établissement, qui fournit entre autres des entreprises de forage et de pipeline. Les sons et la lumière des activités de soudure sont beaucoup moins présents.

La chute marquée des prix du pétrole et la forte hausse des salaires dans plusieurs secteurs liés à l'énergie ont fait mauvais ménage, selon Emmanuel L'Ecuyer. « Si ça coûte entre 50 $ et 68 $ du baril pour produire parce que les salaires sont trop hauts, aussitôt que le pétrole descend, tout tombe par terre. Les salaires sont excessivement élevés au niveau des gars de métiers, ça n'a plus de bon sang », explique l'entrepreneur.

Comté de Leduc (qui englobe Nisku) en chiffres

  • Population en 2011 : 13 524
  • Taux de chômage en 2011 : 2,2 %

Emmanuel L'Ecuyer n'est pas le seul propriétaire d'entreprise albertain à avoir dû procéder à des mises à pied au cours des dernières semaines et des derniers mois. Dans la zone industrielle de Nisku, beaucoup d'usines affichent habituellement à l'extérieur de leurs locaux des offres d'emplois. Ces jours-ci, plusieurs d'entre elles indiquent qu'elles ne sont pas à la recherche d'employés. Des compagnies autrefois gourmandes qui commencent à perdre l'appétit.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Mises à pied dans le secteur du forage

Il n'y a pas que le secteur industriel albertain qui souffre du contexte économique, l'industrie du forage aussi. En janvier, l'Association canadienne des entreprises de forage pétrolier estimait que la perte de valeur du pétrole menaçait 23 000 emplois directs et indirects.

Ce mois-ci, l'entreprise spécialisée dans le forage Trinidad Drilling annonçait diminuer de moitié ses dépenses en immobilisations, en plus de se défaire du cinquième de sa main d'oeuvre.

Pour chaque site de forage

  • 20 emplois directs
  • 115 emplois indirects

Source : Association canadienne des entreprises de forage pétrolier

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Diversification de l'économie

En Alberta, un emploi sur 16 est directement lié au secteur de l'énergie. Quand le prix de la ressource s'effondre, les discussions refont surface sur le besoin de diversification économique. Le PDG du Conseil de développement économique de l'Alberta, Marc Tremblay, croit que certaines leçons du passé n'ont pas été retenues, que ce soit par le gouvernement, par certaines entreprises ou par certains particuliers.

« J'ai comme l'impression que si j'avais à parier qu'on va se retrouver dans le même bateau après que les prix remontent, ils vont redescendre éventuellement et certains vont se faire prendre les culottes baissées, comme on dit », lance-t-il.

Marc Tremblay offre ce conseil aux Albertains qui voudraient éviter le pire quand le prix du pétrole perd de la valeur : « planifions un ralentissement, mettons de l'argent de côté. Peut-être si on est un entrepreneur, essayons de trouver un nouveau produit ou un nouveau service dans une industrie qui n'est pas liée au secteur énergétique. Ce n'est pas facile, parce que le secteur énergétique est tellement partout en Alberta ».

La diversification, c'est justement le pari qu'a pris l'entrepreneur Emmanuel L'Ecuyer, qui a vécu d'autres ralentissements économiques par le passé. Même s'il a perdu des employés, il est convaincu que son entreprise, qui a maintenant aussi des clients dans le domaine de la purification d'eau, survivra. « Diversifier, c'est difficile à faire, mais tu ne peux pas mettre tes cartes dans le même paquet », explique l'entrepreneur.

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Économie