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La Chine, grande gagnante de la crise pétrolière

La raffinerie de Sinopec, à Ningbo

La raffinerie de Sinopec, à Ningbo, est l'une des plus importantes en Chine. L'entreprise d'État importe chaque année 200 millions de tonnes de pétrole.

Photo : Yvan Côté

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Premier importateur de pétrole dans le monde, la Chine profite du recul des cours du pétrole, ce qui devrait alimenter sa croissance économique, qui affiche un peu moins de vigueur depuis quelques mois.

Un texte d'Yvan CôtéTwitterCourriel, correspondant à Pékin

La chute abrupte du prix du pétrole tombe à point nommé pour Boaxin, une entreprise chinoise de Tianji qui se spécialise dans la fabrication de produits à base de plastique. Depuis des mois, les exportations de pièces de voiture et de bouteilles conçues dans la petite usine située à 150 kilomètres de Pékin tournaient au ralenti. Le propriétaire, Wang Baoqing, ne savait plus trop quelle direction prendre pour relancer sa compagnie.

« La pression était devenue énorme, explique Wang, calculatrice à la main. Le prix de la matière première était astronomique, les salaires des employés augmentaient et le ralentissement économique en Europe et en Amérique nous limitait dans nos ventes. »

Puis est arrivée la crise dans l'industrie pétrolière. Une bénédiction pour Wang, qui économise dorénavant des milliers de dollars en coûts de production. En fait, avec la baisse du brut, le prix de revient de la plupart de ses pièces a diminué de 20 % en quelques mois, indique-t-il avec le sourire.

Bouteilles en forme d'oursonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Baoxin produit entre autres des bouteilles en forme d'ourson destinée au marché canadien et américain. L'an dernier, elle en a exporté 400 000 de ces bouteilles vers le Canada.

Photo : Yvan Côté

Une différence cruciale pour les entreprises chinoises, qui ont du mal à soutenir la hausse habituelle de leurs exportations depuis un an. La croissance économique du pays devrait être de moins de 7 % cette année, selon les prévisions du gouvernement communiste. Ce qui en fera la plus basse croissance jamais enregistrée par la Chine depuis les années  80.

La chute du prix du baril devrait toutefois donner un second souffle à l'économie du pays, selon la banque Merill Lynch. Ses analystes évaluent que chaque baisse du prix du pétrole de 10 % sur les marchés internationaux fera croître de 0,15 point de pourcentage l'économie de la Chine. Pékin serait, de l'avis de plusieurs, le grand gagnant des bouleversements des derniers mois.

Économies de milliards de dollars

En plus d'épargner des milliards en coûts de production, la Chine profite du faible prix du pétrole sur les marchés internationaux pour augmenter ses réserves stratégiques. En fait, Pékin veut les doubler en un an. C'est pourquoi les ports et les raffineries tournent à fond, comme à Ningbo, sur la côte est chinoise.

Le pays importe en ce moment plus de 7 millions de barils de pétrole par jour, ce qui en fait le plus important importateur de brut sur la planète. L'effondrement des prix sur les marchés internationaux devrait faire économiser à la Chine 70 milliards de dollars américains cette année, selon la banque Merill Lynch.

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Et les avantages ne s'arrêtent pas là. Le géant asiatique veut aussi profiter de cette occasion pour s'attaquer à la pollution de l'air, l'un des principaux problèmes environnementaux du pays.

En raison de son insatiable soif énergétique, la Chine brûle aujourd'hui 52 % de tout le charbon consommé sur la planète.

« Autrefois, lorsque Pékin voulait effectuer des réformes pour se débarrasser du charbon, le prix du gaz naturel ne cessait de grimper, explique Han Xiaoping, un expert en énergie. Cette fois-ci, les astres sont alignés pour que le gouvernement effectue la transition. »

1er importateur de pétrole depuis 2013

  • Près de 60 % de sa consommation, soit 282 millions de tonnes pour 220 milliards de dollars américains
  • Le recul de 10 % du prix du baril augmente sa croissance économique de 0,15 %.

Mais les bas prix de l'or noir n'arriveront pas à régler tous les problèmes en Chine. Personne ne sait combien de temps dureront les aubaines.

Dans ce contexte, Wang a choisi avec son ingénieur de réinvestir l'argent qu'il économise pour diversifier sa gamme de produits. Il veut doubler son chiffre d'affaires d'ici cinq ans. La crise dans l'industrie pétrolière pourrait devenir son plus grand allié pour qu'il atteigne son but.

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