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Le Texas, source du boom pétrolier

Puits de pétrole au Texas

Radio-Canada

L'augmentation spectaculaire de la production de pétrole aux États-Unis est une des causes de la chute tout aussi remarquable du prix du baril de pétrole. La surproduction américaine, qui a fait chuter les prix à la pompe, menace maintenant le boom au Texas.

Un texte de Christian LatreilleTwitterCourriel

Le sud-ouest de l'État serait assis sur des réserves d'environ 50 milliards de barils de pétrole. « Mais personne ne savait comment extraire cet or noir », affirme Wes Perry, l'ex-maire de Midland, la capitale du pétrole aux États-Unis.

Ce sont les nouvelles technologies comme celle du fractionnement hydraulique et du forage horizontal qui ont permis au Texas et aux États-Unis de tripler leur production, passant de 3 millions à près de 10 millions de barils par jour.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Les Américains sont devenus les troisièmes producteurs de pétrole au monde derrière la Russie et l'Arabie saoudite en utilisant ces technologies controversées en raison de leur impact sur l'environnement. « Ce boom a été complètement fou », selon le milliardaire et propriétaire d'Endeavour Energy, Autry Stephens, qui possède 5000 puits de pétrole dans plusieurs États.

« Les dernières techniques permettent d'extraire jusqu'à 1000 barils par jour de pétrole de schiste », dit-il. C'est 10 fois plus qu'un puits vertical conventionnel.

Des puits dans sa cour 

À Midland, des pompes à pétrole, il y en a partout : sur le bord des routes, près des commerces et même dans la cour arrière des résidences. L'ex-maire Wes Perry a deux puits sur son terrain, derrière sa maison. Un jour, un producteur a décidé de creuser à 300 m de chez lui.

Le règlement de la Ville permet de forer au beau milieu d'un quartier résidentiel. Ce nouvel Eldorado a fait grincer des dents plusieurs propriétaires. D'autant plus que le producteur est le seul à empocher les revenus. Le propriétaire du terrain où se trouve le puits ne touche pas un cent.

« Au début, j'étais sous le choc, dit l'ancien maire de Midland, mais on s'habitue. Ces pompes sont finalement de bons voisins », ironise-t-il. Ce dernier a tenté tant bien que mal d'acheter les puits à Autry Stephens, mais le milliardaire a refusé son offre.

Au Texas, c'est premier arrivé, premier servi. Tout le pétrole qui se trouve dans le sous-sol appartient à celui qui l'a découvert. C'est la loi du plus fort et du plus riche qui domine la prospection pétrolière là-bas.

Un boom temporaire

Midland vit un nouvel Eldorado depuis quelques années. La population a augmenté de 5 % par année depuis 2010. Les restaurants, les maisons, les concessionnaires automobiles ont poussé comme des champignons.

Les salaires ont aussi explosé. Garrett Price, un jeune homme de 26 ans, gagnait 160 000 $ par année en travaillant dans l'industrie pétrolière. Randy Jones, 51 ans, qui travaille aux puits de forage depuis 30 ans, touche un salaire de 1000 $ par jour. Mais ce boom tire à sa fin.

Les producteurs comme le milliardaire Autry Stevens ont été forcés de mettre à pied plusieurs employés. Le jeune Garrett Price a perdu son emploi, il y a un mois, après s'être payé une Corvette comptant, un camion et une maison neuve.

Photos : Radio-Canada/Marcel Calfat. Pour voir ces témoignages sur votre appareil mobile, cliquez ici

Si les nouvelles technologies ont permis de découvrir des sources inespérées de pétrole, en revanche, elles coûtent très cher. Pour que le fractionnement hydraulique soit rentable, le pétrole doit se vendre à au moins 65 $ le baril. C'est donc toute l'industrie pétrolière qui retient son souffle aux États-Unis, avec le baril qui se détaille à environ 50 $. On croyait que le dernier boom permettrait aux Américains de réaliser l'objectif de l'autosuffisance énergétique.

Les États-Unis importent toujours plus de 20 % de leur pétrole, selon les chiffres de l'Agence américaine d'information énergétique. Mais le rêve de ne plus dépendre du pétrole des autres n'a jamais été autant à portée de main, si bien sûr le prix du baril remonte un jour.

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