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Changements imminents à la politique d’accès à l’information en Alberta

La Commissaire à la protection de la vie privée d’Alberta, Jill Clayton
La Commissaire à la protection de la vie privée d’Alberta, Jill Clayton Photo: CBC
Radio-Canada

Le gouvernement albertain envisage très sérieusement de modifier sa politique en matière de demande d'accès à l'information. Radio-Canada/CBC a appris que tous les documents réclamés en vertu de la Loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée seraient dorénavant publiés en ligne tous les vendredis.

Un texte de Florence ReinsonTwitterCourriel

Les opposants à cette décision soulignent que cela affaiblira la responsabilité du gouvernement.

Dans un premier temps, le bureau du premier ministre Jim Prentice affirmait que rien n'était encore décidé. Ensuite, le ministre de Services Alberta, Stephen Khan, mentionnait que des modifications étaient en cours, mais que la nouvelle politique en matière de demande d'accès à l'information n'avait pas encore été finalisée.

Cependant, des courriels internes au gouvernement que Radio-Canada/CBC a obtenus indiquent que les changements majeurs relativement aux demandes d'accès à l'information sont en cours et pourraient même être mis à l'essai vendredi.

La commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Alberta, Jill Clayton n'a pas été consultée sur ces modifications. « Je suis inquiète au sujet des conséquences d'un tel programme sur ceux qui ont recours aux demandes d'accès à l'information, comme les médias et les membres de l'opposition », explique-t-elle.

L'opposition n'est pas surprise que la décision n'ait pas fait l'objet de consultation. « Le premier ministre pense que ce n'est pas important de consulter les gens », affirme la chef intérimaire du Parti Wildrose, Heather Forsyth. « C'est un message très effrayant et en toute franchise, les Albertains devraient s'inquiéter », ajoute Mme Forsyth.

Moins de demandes d'accès à l'information

Du côté de l'Association canadienne des journalistes, on estime que les journalistes auront plus de difficulté à convaincre leur rédacteur en chef d'investir du temps, de l'argent et des ressources dans une demande d'accès à l'information dont le résultat sera disponible au même moment pour tout le monde.

Si ces changements surviennent, les médias n'auront plus d'avantages compétitifs à se lancer dans une telle démarche, estime le président de l'Association canadienne des journalistes, Hugo Rodrigues. Il s'agit d'une façon de contrôler l'information qui est rendue publique, selon lui. « Si l'intérêt du gouvernement était vraiment d'être plus transparent et de mettre une quantité plus grande d'information dans le domaine public, cette information serait déjà publique », souligne-t-il.

Il craint au contraire qu'il y ait une réduction draconienne du nombre de demandes d'accès à l'information et donc qu'il y ait moins d'information rendue publique. « Ces changements s'ils viennent à passer vont changer les situations et les caractéristiques du journalisme d'enquête qui est fait dans la province de l'Alberta », prédit M. Rodrigues.

Toutefois, il croit que les journalistes s'adapteront et trouveront des manières de dénicher l'information qui est d'intérêt public.

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