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Le Centre d’aide 24/7 devra redéfinir son mandat pour survivre

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Quelques dizaines de personnes ont assisté à la rencontre du C. A. de l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, au cours de laquelle se jouait l’avenir du Centre d’aide 24/7, le 19 février 2015.

Quelques dizaines de personnes ont assisté à la rencontre du C. A. de l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais, au cours de laquelle se jouait l’avenir du Centre d’aide 24/7, le 19 février 2015.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les responsables du Centre d'aide 24/7 devront redéfinir le mandat de leur organisme s'ils veulent assurer sa survie, affirme une responsable de l'Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de l'Outaouais.

Le conseil d'administration de l'ASSS a décidé, jeudi soir, de ne pas renouveler le financement de 1,2 million de dollars qu'il accordait au Centre d'aide 24/7. C'est qu'une partie des services offerts par l'organisme, dont sa ligne d'aide, seront transférés, d'ici le 1er avril, au service téléphonique Info-Social, qui est géré par les autorités publiques.

Selon la directrice de l'organisation des services de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, Judith Daoust, cette transition a été rendue obligatoire par de nouvelles orientations ministérielles annoncées en 2013.

« [Les gestionnaires du Centre d'aide 24/7] ne peuvent pas offrir le service », explique-t-elle. « Les orientations ministérielles disent que ce service-là, dorénavant, doit être offert par un [centre de santé et de services sociaux]. »

Mme Daoust souligne que les établissements de santé de l'Outaouais ont une certaine expérience en la matière, puisque le service Info-Social existe déjà dans les secteurs ruraux.

Les activités du Centre 24/7 étaient davantage centralisées vers l'urbain, mais toute la panoplie de services existait dans le rural et c'était efficace. Donc, on en est à réorganiser le modèle en urbain.

Judith Daoust, directrice de l'organisation des services de l’ASSSO

Le Centre d'aide 24/7 offre notamment de l'hébergement à court terme, une équipe mobile d'urgence et un service d'aide téléphonique aux personnes en détresse psychologique.

Il faut améliorer les services, dit l'Agence

Par ailleurs, Mme Daoust dit avoir « bon espoir » que l'implantation du service Info-Social permettra de rehausser la qualité des services offerts à la population et d'améliorer le taux de réponse.

Dans son rapport annuel 2013-2014, le Centre 24/7 reconnaissait être incapable de répondre à 70 % des appels reçus par sa ligne de prévention du suicide. Or, selon Mme Daoust, l'organisme demandait 5,6 millions de dollars pour corriger le tir.

« On a sursauté et on se dit qu'on est capable de répondre avec 1,2 million de dollars », lance-t-elle. « Ce n'est pas une décision financière. C'est d'assurer et de rehausser la qualité des services à notre population. »

Elle souligne que le service Info-Social emploiera environ 11 travailleurs sociaux, reconnus par un ordre professionnel.

L'Agence tend la main au Centre d'aide

L'abolition du financement du Centre d'aide 24/7 par l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais ne signe pas son arrêt de mort pour autant, selon Mme Daoust.

Elle affirme qu'il revient aux gestionnaires de l'organisme de décider quels types de services ils comptent dorénavant offrir et qu'ils ont été mis au courant des nouvelles orientations ministérielles dès le début.

L'ASSS tend d'ailleurs la main au Centre d'aide 24/7 et lui propose de continuer de s'occuper de deux volets : l'hébergement de courte durée des personnes en détresse psychologique et la prévention du suicide.

L'organisme pourrait d'ailleurs bénéficier d'une enveloppe annuelle de 200 000 à 220 000 $ pour maintenir quatre lits d'urgence. L'Agence attend une réponse du Centre d'aide 24/7 d'ici le 5 mars.

L'avenir du Centre est incertain, dit sa direction

Il est toutefois incertain que les responsables du Centre d'aide 24/7 accepteront cette offre.

En entrevue à l'émission Bernier et cie, vendredi matin, sa directrice générale, Nathalie Girard, a affirmé que les fonds qui lui sont offerts pour maintenir des lits d'urgence, soit environ 50 000 $ par lit par année, ne sont pas suffisants pour payer les salaires des intervenants.

Mme Girard a également dit nager dans l'incertitude quant aux conséquences concrètes de la perte de sa subvention de 1,2 million de dollars, tout en clamant du même souffle que les responsables de l'ASSS lui transmettent des informations contradictoires.

Écoutez [nous avons] des rebondissements et plein de surprises.

Nathalie Girard, directrice générale du Centre d'aide

« Je ne comprends plus rien », lance-t-elle. « Ça reste toujours flou. »

Une décision dénoncée

Le coordonnateur du groupe de défense des droits en santé Action Santé Outaouais, Jean-Charles Pichereau, craint pour sa part que la décision de l'ASSS de l'Outaouais n'accule le Centre d'aide 24/7 à la fermeture.

Il interpelle d'ailleurs le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, afin que celui-ci intervienne.

M. Pichereau s'inquiète également pour l'avenir des organismes communautaires de la région, en raison des compressions imposées par Québec.

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