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Fusion des commissions scolaires : l'avenir des écoles de village incertain

L'école primaire de Notre-Dame-de-Pontmain, qui compte une soixantaine d'élèves.
L'école primaire de Notre-Dame-de-Pontmain, qui compte une soixantaine d'élèves. Photo: Francis Labbé
Radio-Canada

La refonte des commissions scolaires, que devrait déposer d'ici peu le nouveau ministre de l'Éducation, François Blais, garde bien des parents sur le qui-vive. Dans le nord des Laurentides, on craint pour la survie à long terme des petites écoles, qui sont souvent peu remplies.

Un texte de Francis LabbéTwitterCourriel

Dans sa refonte, le gouvernement propose de regrouper les commissions scolaires Pierre-Neuveu (Mont-Laurier), des Laurentides (Sainte-Agathe-Saint-Sauveur) et de la Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme). Ce qui créerait une vaste commission scolaire étendue sur près de 250 kilomètres.

Le regroupement des commissions scolaires Pierre-Neveu, des Laurentides et de la Rivière-du-Nord créerait la cinquième plus importante commission scolaire du Québec en ce qui a trait au nombre d'élèves.Le regroupement des commissions scolaires Pierre-Neveu, des Laurentides et de la Rivière-du-Nord créerait la cinquième plus importante commission scolaire du Québec en ce qui a trait au nombre d'élèves. Photo : Radio-Canada

La nouvelle commission scolaire comprendrait 36 000 élèves, ce qui en ferait la cinquième en importance du Québec. « Nous, avec nos 3500 élèves, à la Commission scolaire Pierre-Neveu, si le centre de décision est à Saint-Jérôme, nous ne ferons pas le poids », s'inquiète JoanieThibault, mère de famille de Notre-Dame-de-Pontmain, au sud-ouest de Mont-Laurier.

« Quand il y aura la fusion, est-ce que nous serons représentés au conseil des commissaires? Si oui, comment ça va fonctionner? Est-ce que les gens d'ici vont devoir se taper deux heures de route aller-retour pour assister aux rencontres, deux fois par mois? », se demande Joanie Thibault, qui est aussi mère de quatre enfants, dont trois d'âge scolaire.

La mairesse de la municipalité de Notre-Dame-de-Pontmain, Lyz Beaulieu, s'inquiète elle aussi des conséquences à long terme de cette fusion sur l'avenir des écoles dans les petites localités des Hautes-Laurentides.

Lyz Beaulieu, mairesse de Notre-Dame-de-Pontmain et préfète de la MRC d'Antoine-Labelle.Lyz Beaulieu, mairesse de Notre-Dame-de-Pontmain et préfète de la MRC d'Antoine-Labelle. Photo : Francis Labbé

« Nous ce qui nous fait peur, c'est de perdre la collaboration que nous avons entre les milieux de l'éducation, de la santé et du monde municipal », explique Mme Beaulieu. « Si les décisions sont prises à Saint-Jérôme, nous craignions qu'ils n'aient pas la connaissance de notre réalité. »

« À long terme, j'ai peur pour nos petites écoles, qui sont si importantes dans nos communautés », confie Lyz Beaulieu, qui est aussi préfète de la MRC d'Antoine-Labelle.

Ces gens-là ne nous connaissent pas alors que nous, ici, les gens du monde municipal, de la santé et de l'éducation se connaissent et travaillent ensemble.

Lyz Beaulieu, mairesse de Notre-Dame-de-Pontmain

Rivière-du-Nord se veut rassurante

Jean-Pierre Joubert, président, Commission scolaire de la Rivière-du-NordJean-Pierre Joubert, président, Commission scolaire de la Rivière-du-Nord Photo : Courtoisie

La Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN), dont le centre administratif est à Saint-Jérôme, tient à rassurer les communautés du nord des Laurentides. « Si la Commission scolaire Pierre-Neveu, avec peu de moyens, a réussi à maintenir ces écoles ouvertes, nous, avec nos moyens, serons en mesure de le faire aussi », explique le président de la CSRDN, Jean-Pierre Joubert.

À la Commission scolaire Pierre-Neveu, il y a aussi des inquiétudes. Mais le conseil des commissaires a choisi son camp. « Nous préférons fusionner à trois avec Rivière-du-Nord et des Laurentides, que de ne fusionner qu'avec des Laurentides, par exemple », affirme le président, Normand Bélanger.

« En nous joignant à Rivière-du-Nord, nous aurons une meilleure offre de service en matière de formation professionnelle, par exemple, et nous risquons de conserver une partie de notre centre administratif en raison de l'éloignement », estime Normand Bélanger.

Quelques semaines avant de remettre sa démission, l'ex-ministre Yves Bolduc avait tenu à se faire rassurant, lui aussi, pour les écoles des petites collectivités. « Avec la décentralisation des décisions, ce sont les écoles qui vont en bénéficier », avait-il affirmé.

Société